• Tianjin, Chine

    Slide1

  • Articles récents

  • Teresa Teng Dèng Lìjūn 邓丽君

    vlcsnap-5530404

    Le regret de ma vie est de ne pas l’avoir rassurée en 1992 devant l’église de Saint Germain des Près.
    N’avais-je pas compris que sa voix chaleureuse et douce allait porter l’âme de la Chine encore pour de longues décennies ?
    Brutalement, ce jour là, son visage se glace d’effroi.
    Elle reprend sa respiration, baisse légèrement la tête, les yeux fuyant.
    Glisse une larme sur sa joue.
    Une autre encore.
    Elle pose délicatement sa main au visage, cherche à réprimer une soudaine tristesse.
    Ma belle endormie, je l’aime toujours, sa voix, sa beauté, ce goût à la vie.

  • Slide1

  • Liú Yáng (刘洋)

    Liú Yáng (刘洋)

    « Une femme tel un rêve
    Un rêve perché loin dans le ciel, désormais à notre portée sous les couleurs d’une femme d’exception. »
    Tels étaient les mots du Xinyang Daily, le jour du lancement de Shenzhou 9, lancé le 16 juin 2012.
    A l'âge de 33 ans, originaire de Línzhōu (林州) dans le Henan, Liú Yáng est devenue la première spationaute chinoise (háng tiān yuán 航天员).
    « N’est ce pas la meilleure promesse d’avenir que de laisser une de nos femmes contempler depuis le ciel, l’œil plongeant, le regard avide de beauté, la Chine éternelle ? » souffle un internaute.
    Liú Yáng occupe le grade de commandant dans l'Armée populaire de libération (Zhōngguó Rénmín Jiěfàng Jūn) et membre du Parti communiste Chinois (Zhōngguó Gòngchǎndǎng).
    « Ma Terre, celle de centaines de millions de chinoises. Je porterai leur espoir, leur parole, leur rêve loin dans le ciel, toute honorée que je suis de voler dans l’escape en leur nom. »

  • Lin Huiyin

    Lin Huiyin

    Un ami m’a dit : si tu veux connaitre la force romantique d’un couple chinois, plonge toi dans la vie de Lin Huiyin et de Xu Zhimo.
    Couple illégitime, s’aimant dans l’ombre, se chahutant.
    Xu Zhimo admirait par trop celle qui deviendra la toute première architecte de chine.
    Dans sa quête d’amour, il s’abîme, l’abîme aussi.
    Le temps enfin de se dire Adieu et ils meurent tous deux comme enlacés vers le même destin.

  • Sòng Qìnglíng, Madame Sun Yat-sen 宋庆龄

    IMAG1248334115066644

    Sòng Qìnglíng, Madame Sun Yat-sen, deuxième épouse du Père de la Chine moderne offrait une beauté sage telle que je les aime.
    A la mort de ce dernier, a-t-elle conçu une affection particulière pour Israel Epstein et Edgar Snow, deux fervents soutien de la révolution chinoise ?
    Dieu seul le sait mais si d’aventure j’avais été dans les parages, je lui aurais dit : « L'amour de la patrie est notre Loi. (Amor patriæ nostra lex).
    Mère de la Chine moderne (guomu), elle a accompagné le peuple de Chine dans ses heures sombres et de gloire.
    Deux semaines avant sa mort, elle devient la Présidente honoraire de la République populaire de Chine.

  • Yang Likun

    Yang Likun

    Danseuse et chanteuse, en son temps, on la surnommait la Judy Garland chinoise.
    Membre de l’ethnie Yi, elle est la neuvième d’une fratrie de onze enfants, ce qui lui vaut le surnom de "Xiaojiuer".
    Elle a joué dans de deux célèbres comédies musicales avant d’être totalement détruite par la révolution culturelle.
    Laminée à tel point qu’elle ne reviendra plus jamais sur scène.
    Pour ces deux raisons, je l’adore plus que tout – son talent comme son courage – et je me rends souvent sur sa tombe à Shanghai.

  • Lin Chi-ling 林志玲

    lin_chilin03

    Lorsque je l’ai rencontrée la première fois, son visage était sévère, comme intraitable.
    Jonglant avec les contrats publicitaires, Chiling Lin n’avait alors aucune inclination à offrir au tout venant un sourire fut-il pâle.
    Dans son sillage, son agent publicitaire m’avertissait.
    « Au prix coutant de plusieurs dizaines de milliers de dollars, chaque seconde valant son or, vous serez vite ruiné. »
    Longtemps après, je l’ai croisée.
    Elle venait d’être exclue d’une superproduction.
    La larme à l’œil, elle m’aperçut dans un coin d’ombre.
    Cherchant à chasser ce désordre, elle laissa filer un sourire sincère sur son visage cependant défait.
    Je lui ai alors dit :
    - Lacrimis struit insidias cum femina plorat (Lorsque la femme pleure, elle tend un piège avec ses larmes, Dionysius Cato)
    - Non ! a-t-elle répondu, je pleure avec mon cœurs, je souris avec mon cœur.

  • Yang Liping 杨丽萍

    Yang Liping

    Quelle drôle d’aventure, la vie !
    La première fois, j’allais à reculons voir sa chorégraphie "Dynamic Yunnan". Tout grognon, soupirant d’ennui.
    Divine surprise ! Rarement ai je été autant bousculé dans ma vie !
    Le rideau tombant, j’applaudissais à tout rompre l’épopée des 26 tribus du Yunnan.
    Le lendemain, reprenant mes quartiers dans la même salle de spectacle, je l’applaudissais plus encore
    Ce soir là, je me faufilais dans les coulisses.
    Je la retrouvais méditant devant un the Jasmin.
    - Puis je vous connaitre ? Demandais-je dans un sursaut.
    - Serait ce trop tôt ou trop tard ? Je n’ai plus l’âge à me faire fêter mais j’ai l’âge de comprendre.
    Je lui ai dit tout ce que je savais sur les entrailles du Yunnan, un bataillon de mots.
    - Le brouillard est parfois intense à Xishuangbanna, l’on ne voit pas l’on devine seulement.

  • Li Bingbing 李雪

    Li Bingbing (48)

    - Toute jeune, me dit-elle, je n’avais pas la moindre intention de devenir actrice. Je souhaitais alors apprendre aux jeunes enfants la lecture, le savoir.
    Cependant, en 1993, une proche lui suggére de faire un tour au très renommée Shanghai Drama Institute in 1993.
    - J’y suis allé en un coup de vent. Ce jour là, un vent trop fort peut être, j’y suis restée le temps d’une saison.
    Dès 1999, dans le film Zhang Yuan's Seventeen Years (1999), elle noue avec la célébrité. La voilà propulsée au rang des meilleures actrices lors du 12th Beijing College Film Festival.
    Viennent les propositions Hollywoodiennes : Resident Evil, Transformers.
    - Je ne me laisse pas emporter par ce furieux coup de vent, je reste moi même, heureuse dans ma tête, le regard rivé vers des enfants à qui je lis des poèmes.

  • Zhang Jingchu (張靜初)

    1-10102Q61226

    Lorsque je la rencontre, je lui demande pourquoi diable avoir changé ton prénom ?
    - Jing, ceint en or, n’est ce pas le plus merveilleux des prénoms ?
    - Jingchu, c’est le mien dorénavant, ceint en or, en argent, en bronze.
    Diplômée de la fabuleuse Central Academy of Drama de Beijing, (Zhōngyāng Xìjù Xuéyuàn), Jingchu enchaine les rôles.
    Inquiète, l’âme en peine, luttant contre l’homme, belle toujours.
    Bientôt elle est portée aux nu par Time magazine, belle Asia's Heroes de notre temps.
    Je l’interroge encore :
    - Est ce de trop tout cela lorsqu’on s’ébat encore avec la jeunesse ?
    Se dresse un sourire sur son visage.
    - Je me souviens de mon premier cours de diction
    Agnosco veteris vestigia flammæ, je reconnais la trace de mes premiers feux. Virgile, l’Énéide,
    De mes feux mal éteints j'ai reconnu la trace. Racine, Andromaque.

  • Faye Wong 王菲

    faye3

    D’abord, une inquiétude.
    Elle fait la une de Time Magazine.
    Aurait-elle la grosse tête, enflée à jamais ?
    Agréable objet à l’usage des médias occidentaux à la recherche d’une icône chinoise bon teint, plutôt jolie, prêtant sa voix sensuelle à de belles chansons.
    Je la croise, l’interroge.
    Elle retient ses larmes.
    Une chanson file entre ses lèvres.
    Elle raconte la naissance de sa fille.
    - Comme le temps avance inexorablement, je ne verrai plus la lumière dans 50 ans mais ma fille sera toujours de ce monde, portant la mémoire de sa maman.
    Je la taquine alors.
    - La présence sur Terre le temps d’une vie, est-ce bien utile ? N’avons nous pas mieux à faire en restant dans l’au-delà ? Que d’infortune pour une musique connue, celle d’une mort annoncée ?
    Elle porte alors son regard sur une affiche qui domine son appartement.
    Des enfants à l’air hagard, le visage en sang, sous les décombres d’une maison.
    Le souvenir de l’effrayant tremblement de terre du Sichuan (2008).
    - J’ai chanté pour eux. Lorsque j’ai vu sur leur visage glisser un sourire, je me suis dis que mon existence avait un sens.

  • Fan Bingbing 范冰冰

    20094159165283560

    Fraiche et généreuse, telle est Fan Bingbing alias Jin Suo, allant et venant élégamment, dans le film Taiwanais Princess Pearl (1997).
    Certains se demandaient alors comment cette toute jeune femme, âgée seulement de 17 ans, se muerait dans le monde âpre et violent du cinéma.
    L’ayant approché à cette époque, je l'interroge sur ses rêves.
    Elle en rit, se laissant aller à une réponse audacieuse.
    - Comme le temps venant mais toujours au delà de mes espérances.
    Voilà qu’elle devient dans la décennie suivante l’égérie de marques commerciales de renommée, au million de yuan la prestation.
    Elle crée en 2007 son propre studio, le Fan Bingbing Studio (范冰冰 工作室 , Pinyin : fàn bīng bīng gōngzuòshì) et multiplie les productions.
    Je la vois encore dans les films Shaolin et Buddha Mountain.
    Au delà de mes espérances, disait elle.
    Je la retrouve alors autour d’un dangereux élixir, un mélange hasardeux de vodka et de tequila.
    Alors que je souhaite la questionner sur l’air du temps comme du plaisir de vivre, elle m’interrompt.
    - Je n’ai toujours pas atteint mes espérances.
    - Fan Ye (son surnom), lui dis-je, on vous accable de nombreux talents mais celui qui l’emporte, c’est votre incroyable détermination.
    - Bravo, Madame ! conclus-je en Français.

  • Zhāng Zǐyí 章子怡

    FOREIGN PRESS AWARDS

    Malgré sa renommée sulfureuse, c’est une femme ravissante.
    Trop sur les devants de la scène, elle est honnie par une partie de la Chine.
    A son encontre mille soupçons.
    Comme elle me l’a déclaré, d’une voix bien chaloupée : “Je suis phénoménalement ambitieuse”.
    Comment pourrait on lui reprocher de vouloir porter si haut, si loin, son si beau visage ?
    A mon avis, elle sera pleinement heureuse lorsqu’elle donnera à sa vie un élan romantique.
    Un français aimable et élégant, fin connaisseur des usages et des Lettres chinoises, pourrait volontiers y répondre et répandre chez elle l’idée du bonheur.
    Avec en partage ce slogan : Omnia vincit amor
    (L'amour triomphe de tout).

  • Wei Wei 韦唯

    00142247507407eab11610

    Il est toujours dangereux de se frotter avec une icône nationale, une Madame aux mille chansons dont le si beau Today is Your Birthday utilisé comme thème de la fête nationale chinoise.
    Lorsque je la rencontre à Hohhot, en Mongolie intérieure, ville de sa naissance, je cherche mes mots, la voix légèrement tremblante.
    Elle me rassure par un sourire puis elle m’interroge :
    - Ai je le droit de dire la vérité ?
    J’acquiesce favorablement.
    - Je suis heureuse d’être chinoise comme je suis fière de mon pays, de mon peuple, de mes ancêtres et de tous ceux qui me succéderont sur une Terre que j’aime tant.

  • Zhang Zilin 张梓琳

    Zhang Zilin

    Certains s’amusent à taquiner ce qu’ils nomment peu élégamment Madame l’échalas.
    C’est vrai que du haut de sa grande taille (1,82m), augmentée par des escarpins à la courbe vertigineuse, Zilin domine le monde, souvent des nabots qui la mitraillent de photos.
    Miss World 1987, elle pourrait en tirer quelque arrogance.
    - Nullement, seule m’importe l’idée de bonheur ! s’exclame-t-elle avec vigueur.
    Je l’interroge alors.
    - Le bonheur étant si rare, comment s’y prendre pour le retenir à soi, le répandre ensuite ?
    Elle sourit avec un tel ravissement, une telle assurance, le regard chaleureux, que son idée du bonheur se propage naturellement dans les âmes.

  • Jane Zhang

    Jane Zhang

    Lorsque je l’ai vue chanter pour la première fois Huà Xīn (畫心; Painted Heart) musique tirée du film Painted Skin (畫皮), j’ai été saisi par le timbre de sa voix s’en allant sans hésitation vers de belles hauteurs.
    Lorsque je l’ai revue envelopper sur des notes longues la fresque musicale de Kitaro “Impressions Of The West Lake », je l’ai admirée, applaudissant à tout rompre, lançant sans compter des « Bravo ! ».
    Tout comme je me laissais alors surprendre par son regard où se mêlent tristesse et mélancolie.
    Sans doute Jane portera-t-elle longtemps sur son visage la douleur du divorce chahuté de ses parents alors qu’elle avait tout juste 13 ans.
    Peut être est-ce cette souffrance la raison d’une force inébranlable qui lui a fait gravir tous les échelons : première place dans la compétition la plus courue en Chine devant plus de 400 millions de téléspectateurs (super girl), devenant l’invitée vedette du Oprah Winfrey" talk show, côtoyant même les Pink floyd.
    Dieu sait où les vents l’emporteront !

  • Pan Hong

    Pan Hong

    Toute la force de cette femme repose sur un effroyable souvenir qui la tient jusqu’à ce jour.
    Le suicide de son père, honni, écrasé, laminé par de lamentables gardes rouge durant la révolution culturelle.
    Du coup, chez elle, l’essentiel, c’est de vivre par dessus tout, droit dans ses bottes.
    Merveilleuse actrice, je l’ai rencontrée plusieurs fois en sa qualité de vice présidente de l’association du Cinéma Chinois.
    Chaque fois, elle ouvre le bal sur ce bon mot :
    « Tant qu'il y a de vie, il y a de l'espoir (Dum vita est, spes est). »

  • NE PAS DIABOLISER LA CHINE !

    Là, gisant sous nos pieds, le venin se répand.
    Tout doucement s’insinue dans l’opinion l’idée que la Chine est un pays hostile, la charge s’invitant bientôt dans les campagnes électorales.
    Que lui reproche-t-on exactement ?
    De laminer nos industries dont certaines sont moribondes depuis longtemps ?
    De détruire l’emploi ?
    De laisser exsangue nos économies ?
    De porter atteinte à notre modèle social ?
    Par delà le factum, levons le voile sur une hypocrisie.
    D’aucuns pays ne souhaiteraient pas connaitre le développement économique de la Chine ?
    Que ces thuriféraires fassent preuve de cohérence !
    Si d’aventure ils envisagent une mondialisation à géométrie variable, qu’ils dénoncent alors toutes les déclarations onusiennes favorables au développement et ainsi de la marche inexorable du monde !
    Comment reprocher à une nation naguère famélique de s’en sortir ?
    Cette civilisation par cinq fois millénaire prend une revanche sur l’histoire.
    Elle s’y accomplit avec une volonté dont beaucoup de pays gagnerait à s’inspirer.
    Certes le pays n’a pas choisi le modèle démocratique mais quiconque le connaît mesure la détermination des pouvoirs publics à augmenter le niveau de vie de sa population. Assumant les tâches régaliennes, l’Etat donne le rythme, rectifie les débordements tout en laissant libre cours à l’initiative privé.
    Cet engagement rappelle celui de l’Etat Français au lendemain de la guerre ou au début des années 60.
    Tout doit être fait pour améliorer le menu quotidien et abolir l’apostrophe trop souvent entendue sur les bords du Chang Jiang : « qu’as-tu mangé ce matin ? »
    Francois de la Chevalerie, 2007

  • Dong Siyang

    D-Siyang

    Dong Siyang est jeune, la plus jeune du lot.
    La plus belle aussi, comme elle se réclame.
    A 21 ans, elle est déjà Présidente Directeur général d’une société de média établie à Hongkong.
    Surnommée la beauty CEO, elle se laisse tellement surprendre par une gloire acquise si tôt qu’elle écrit à 23 ans propre biographie "21-year-old woman president".
    - Je me trouvais vieille, me confie-t-elle, il fallait que je fasse le point en retraçant ma vie
    Bien qu’elle s’ajoute des titres usurpés, le livre est un best seller.
    De Shenzhen à Dalian, des jeunes femmes chinoises se l’arrachent, certaines bien plus âgées que Dong Siyang.
    Toutes rêvent de gloire et de passion.
    Ou du besoin naturel d’être aimé par un homme ou par ses pairs.

  • POLLUTION DE L’AIR EN CHINE (TIANJIN)

    A 120 Km de Beijing, Tianjin, 11 millions d'habitants, est une ville en plein développement. Autour des anciennes concessions occidentales et du fleuve Hai, les grattes ciels pullulent. Dans les faubourgs, les zones de développement industrielles s'étendent de toutes parts, depuis des ateliers de production à de prestigieuses usines comme la future ligne d'assemblage d'Airbus. Le tableau serait enthousiasmant si une contrariété de taille ne venait le tempérer, l'air de Tianjin est empoisonné ! Ne se comptent plus les polluants avérés qui interagissent en entre eux ou s'agglomèrent à d'autres paramètres (UV solaire, ozone, humidité de l'air, acides, etc.). Comme partout en Chine, les raisons de la pollution de l'air sont établies : explosion du trafic automobile, croissance de l'activité industrielle, utilisation soutenue du charbon, dégagement incontrôlé et… bienveillance des autorités. Découpé en 17 districts sur une étendue de 11 920 Km², Tianjin offre une variété inégalée de composites volatiles que tout visiteur serait bien avisé de connaître. Dans les districts portuaires et périphérique de Tanggu et Dagang, les relevés concernant le monoxyde de carbone s'accordent sur des chiffres approchant 250 mg/m3 d'air alors que la norme recommandée par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est de 20 mg/m3. La présence d'incinérateurs, de chaudières industrielles et de fours d'affinage justifie ce record. Dans ces quartiers, l'air est également balayé par des rejets de dioxyde de soufre à hauteur de 600 mg/m3 alors que le niveau de référence est de 20 mg/m3. Dans le district de Hangu, le seuil d'alerte au dioxyde d'azote (NO2) est souvent dépassé (400 µg/m3 en moyenne horaire). En centre ville, dans le quartier de Heiping district, les concentrations en fine particules sont de l'ordre de 150 /300 µg/m3 alors que les normes européennes fixent le seuil d'alerte à 20µg /m3. Aux gaz d'échappement des véhicules s'ajoute la circulation du vent. Venant du bassin du Bohai, brassant déjà toutes sortes de composites, il tourne en rond sur Tianjin, favorisant l'agrégation des particules chimiques. Vous avez alors l'impression de vous trouver au coeur d'une raffinerie. Vos mains sont noires, encombrées de manière permanente par un agglomérat de poussière visqueuse. Aux portes des universités de Tianjin et Nankai, la pollution est tellement prégnante qu'elle envahit les habitations. Pour pallier à cette situation, des surodorants destinés à masquer l'odeur sont régulièrement déversés dans les rues. Si cette pratique apporte un mieux, il n'est pas sûr que l'accouplement entre émanations chimiques et molécules de désinfection soit correctement maîtrisé sur le plan sanitaire. Résultat, à Tianjin, les pathologies liées à la pollution de l'air ne cessent de croître. Dans les hôpitaux, les patients asthmatiques se bousculent avec des augmentations annuelles de 15 %. Cependant aucun chiffre n'existe sur les décès prématurés attribuables à la pollution atmosphérique. Toutefois selon la délégation à la santé de la ville, le nombre de morts de cancer a augmenté de 18% en 2006, de 16 % en 2007. Malgré cela, les autorités sont hésitantes sur la marche à suivre. D'un côté, elles encouragent les acteurs industriels à faire des efforts, de l'autre, aucune fermeture de sites polluants n'a été envisagée dont certains se trouvent pourtant au coeur de la ville. Pas davantage de restrictions n'a été apportée à la circulation automobile. Dans tous les cas, le système surveillance de la pollution atmosphérique de Tianjin mériterait une refonte totale, notamment, avec un accès plus libre à l'information, des relevés plus réguliers et des systèmes d'alerte. François de la Chevalerie
  • François de la Chevalerie (Junma)

    Mi appellido Chino es Junma (Bonito caballo). Por lo presente, asumo el cargo de director de dos empresas : CHINA MESSENGERS, la cual se dedica al manejo de proyecto de montajes industriales en el ámbito del sector ambiental y las energías renovables y PANEUROCHINA, la cual desarrolla técnicas de valorización para los sedimentos, sanos o contaminados (barro de mar) y su explotación con el fin de fabricar materiales de construcción. Las dos compañías están ubicadas en Tianjin. . Dentro de mis actividades, ambiciono favorecer el desarrollo de nuevas tecnologías o procesos tecnológicos (estudios, validez técnica, unidad piloto, definición de las normas, etc.) en los países emergentes.
  • LES CHINOIS ET LE RACISME EN FRANCE

    Comme les autres asiatiques, les chinois répugnent à descendre dans l’arène. Discrets, profil bas, ils font rarement entendre leurs voix. De surcroît, ils protestent peu contre les discours ambiants hostiles à la Chine. Quand ils s’affirment, ils agissent doucement, à mots comptés. Ils rapportent alors leur opinion sans chercher nécessairement à réajuster celle de l’autre. Nullement n’ont-ils à souhait d’en découdre. Nullement s’emportent-ils gratuitement. Aucun mot en trop, de mot inutile.
    Depuis plusieurs années, à Paris, le chinois est la cible désignée des voleurs dont beaucoup opèrent avec une rare violence. Supposé nanti en argent liquide, il serait un morceau de choix. Le chinois, l’argent. Donc une race et son prétendu attribut.
    L’année dernière, les chinois s’étaient émus de cette situation, exigeant plus sécurité. Une année s’est écoulée sans progrès, culminant avec la mise en coma de l’un des leurs.
    Déçus par l’absence de réponse des pouvoirs publics, ils ont repris le chemin de la rue en se drapant de l’étendard français et en scandant les principes de la République. Ils s’y sont prêtés courageusement en prenant le risque de s’attirer les foudres de l’Ambassade de Chine. Fort active, celle-ci ne goute guère aux manifestations publiques de ses membres. Qu’importe ! Les chinois de Paris ont fait confiance à la liberté de s’exprimer qu’ils ont acquise en France. Sans déraper. Nullement n’ont-il placé ce rendez vous sous l’angle d’une confrontation communautaire alors que leurs agresseurs n’en font pas mystère. Nullement n’ont-ils blâmé la France.
    Pourtant, lors de ce défilé, ils étaient bien seuls. Entre eux presque uniquement. De-ci delà, des amis, quelques conjoints. Peu de solidarité comme si cette cause ne pouvait suggérer l’émotion.
    Aucune association anti raciste, aucune figure politique ne s’était jointe. Le peu d’enthousiasme à les soutenir ne suggère-t-il pas l’existence de discours ambivalents ?
    D’associations antiracistes justifiant ainsi leur existence mais indisponible dès lors que le fait rapporté pourrait gêner aux entournures une autre communauté, celle-là plus turbulente sur la place publique. Est-il possible de tolérer pour les uns ce que l’on envisage pas pour les autres ?
    De politiciens se donnant bonne conscience, tantôt se voilant la face, tantôt agissant, comme pour mieux s’exonérer de l’obligation de s’investir réellement sur le sujet, indistinctement de la race, loin des convenances.
    De politiciens encore qui sous prétexte de lutte contre la mondialisation accable la Chine de tous les maux alors que ce pays fut-il important participe comme d’autres à la relève de l’Occident : l’Inde, le Brésil, le Vietnam, les pays du golfe, l’Afrique du Sud et beaucoup d’autres. Bien plus que la moitié de l’humanité ! Quel est donc cet étrange dessein consistant à faire du chinois l’unique bouc émissaire ? Ceux là mêmes qui s’y emploient, n’ont-il pas en mémoire d’affreux souvenirs ? Ceux là mêmes ne sont-ils pas devenus les meilleurs alliés de voyous racistes qui sévissent, le plus souvent impunis ?
    D’un politicien enfin qui s’étourdissant dans des formules vante un axe black blanc beur contre les chinois.
    De ce drôle d’artifice à géométrie variable, il se pourrait bien que l’anti-racisme souffre d’un manque d’harmonie en France.
    François de la Chevalerie (Tianjin) et Jing-Chao Zhao-Emonet (Paris)
    Juillet 2011

  • Tags

  • Instagram

    Suivez-nous

  • Méta

  • Auteur

    ITgium

  • jùn mǎ 俊 马

    Grande muraille

    Résidant à Tianjin (天津) et à Qingyuan (清远 ), Province du Guǎngdōng (广东), je suis un entrepreneur (qǐ yè jiā 企业家) passionné par l’environnement, notamment, le recyclage des sédiments et la gestion des risques sanitaires.
    Au delà de mes activités professionnelles, je suis tombé amoureux (ài shàng 爱爱上) de la Chine dont j'aime parcourir les villes et les campagnes à la recherche du moindre secret, d’un bel éclat, m’en allant à l'aventure (mào xiǎn 冒险).
    Mon nom chinois est jùn mǎ (俊 马).
    Légère coquetterie dans le choix des mots, en Français : élégant ou gracieux cheval.

    François de la Chevalerie

  • Sòng Měilíng 宋美齡 Madame Tchang Kaï-chek

    Soong Mayling

    Dans les années 40 et 50, le rêve de tout homme était de rencontrer de Madame Tchang Kaï-chek, femme d’une élégance sublime et au charisme époustouflant.
    Elle disposait aussi d’un charisme époustouflant bientôt remarqué par Gary Grant qui disait d’elle :”Toutes les plus belles stars d’Hollywood ne valent pas le regard de Madame”.
    Dans les 40, elle parcourt les Etats Unis, prône l’intervention américaine aux côtés du Zhōngguó Guómíndǎng. Hollywood l’admire, la célèbre comme une Reine mais Roosevelt puis Truman boude la belle Dame.
    Dotée d’une forte intelligence, Sòng Měilíng occupe inlassablement mon esprit comme le révélateur de la grandeur du peuple de Chine.

  • Catégories

  • Femmes chinoises

    Slide1 copy

  • Eileen Cheng 张爱玲

    Eileen Cheng 张爱玲

    Eileen is highly regarded as one the most famous Chinese writer, inspiring generations of readers. Her name enlightens the most inner thoughts of a woman.
    Let me start with “Love in a Fallen City” (倾城之恋) written by Eileen.
    Getting drawn into the quagmire of the Second World War, running through the streets, fleeing the bombs in Hong Kong, even worse the conservatism of a tiresome bourgeois life of Shanghai, an unlikely couple in on the way. She, a divorcee.
    Him, an outstanding womanizer.
    This story might seem pretty straightforward but what makes the difference in the total uncertainty of their situation, their future. Their emerging sharing life brings no hope, no future.
    It is only a matter of time before everything caves in. But not, despite all, love traces his way, exacerbated, unbreakable, reinforcing both.

  • Zhou Xuan 周璇

    Zhou Xuan

    Jolie Jade, son nom, offre une silhouette gracieuse, un charmant profil.
    Je l’ai revue au moins dix fois dans le film Les Anges du boulevard (馬路天使, malu tianshi) avec toujours une même question : comment le destin a-t-il donné vie à une femme aussi sublime ?
    Jamais Jolie Jade ne reçut de réponse, ses parents biologiques lui furent toujours inconnus.
    Je l’aimerais toujours, chantonnant à l’infini, Ye Shanghai.
    Morte trop jeune, s’en allant doucement vers l’autre monde.

  • Wang Danfeng

    Wang Danfeng

    Si j’étais né dans les années 20, je serais alors tombé éperdument amoureux de Wang Danfeng, célèbre actrice à la diction remarquable et au charme saisissant.
    Elle me fait souvent penser à Gene Tierney, un peu froide en apparence mais au tempérament chaleureux, ne s'en laissant pas compter.

  • Jin Xing 金星

    jinxing

    Issue de la minorité coréenne, Jing Xing cultive les particularismes les plus audacieux.
    Valeur mâle, valeur femelle, Jin Xing est passé de l’un à l’autre, d’un coupe d’aile.
    Sans trop d’éclat, devenant l’une des meilleures danseuses et chorégraphes de Chine.
    Colonel de l’armée populaire (Zhōngguó Rénmín Jiěfàngjūn), elle vit à Shanghai dont elle me dit :
    - Shanghai une ville complètement femelle. La ville des femmes alors que Pékin est la ville des hommes.
    Elle ajoute dans un murmure :
    - Ma vie est fantasque, une belle vie d’entre les vies de ce monde !

  • Sumo à Tianjin

    Tianjin

    Mon équipe de Sumo, le Tanggu Sumo Team, des combattants indomptables mais au cœur généreux, gagnant par deux fois (2010 et 2011) au tournoi des Clubs Sumo de Tianjin.

  • Tián Yuán 田原 (1985)

    121_200909162054579kli

    C’était un soir de décembre, la température avoisinait mois dix degrés,
    Un ami m’avait invité à la célébration de ses vingt ans de vie d’artiste.
    Dans des pièces enfumées, pétries d’odeurs d’alcool de riz, il m’a aussitôt indiqué la bonne porte.
    - Viens par là que je te présente, Tián Yuán, je ne sais comment la présenter mais ce qui est sûr, c’est qu’elle est dotée de tous les talents. Elle fut la Reine du Trihop chinois mais elle est encore actrice, scénariste.
    Visage discret aux lignes parfaites, une voix douce, Tián Yuán me raconte si bien, si honnêtement, si précisément, son roman, Zebra Woods que je la serre dans mes bras.
    Elle s’en étonne à peine, me demande si j’ai vu son premier film, Butterfly.
    Je suis honteux, très honteux, les bras pendants
    Elle s’éloigne alors.
    Le lendemain même, je visionne Butterfly pour lequel elle a reçu un prix.
    Elle n’avait alors que 19 ans.
    Une adresse exceptionnelle pour celle qui entend bientôt réaliser son premier film, cousu d’or celui là.

  • Peng Liyuan 彭丽媛

    5600133-peng-liyuan-11-297x342

    Depuis toujours, j’aime intensément cette merveilleuse chanson « Sur les plaines de l'espoir » où bat le cœur de la chine ancestrale, les souffrances et joies d’un grand peuple.
    Humble spectateur du gala annuel de la CCTV à l’occasion du nouvel an chinois, j’ai été transporté par une voix merveilleuse.
    Le corps tremblant, terriblement ému, je regardais cette belle femme qui avait si bien entonné l’air que j’aime tant.
    Laissant glisser un sourire sur son visage, elle remercia ensuite le public de sa voix douce.
    Et tous ceux qui comme moi, depuis Tianjin ou les provinces les plus reculées de la Chine, avaient gouté avec plaisir au spectacle.
    - Merci Madame, murmurais-je alors.
    Madame, la première de Dame de Chine.

  • Mián Mián 棉棉

    16580

    Dure a été la lecture des Bonbons chinois où Mián Mián raconte l’univers glauque de la drogue et du besoin frénétique du sexe de la jeunesse underground de Pékin.
    Je suis parfois aveugle, loin de penser que la jeunesse chinoise puisse être à ce point sur la dérive, voguant vers la déchéance.
    La raideur des romans Mián Mián détonne dans univers littéraire chinois plutôt lisse, glissant doucement.
    D’ailleurs, la plupart sont censurés.
    Du coup, je l’ai interrogée.
    « Mes romans me permettent de survivre dans un monde de brutes, dans cette Chine dont on parle de la puissance restaurée mais qui n’est qu’un amalgame d’intérêts individuels, une machine où l’homme compte à peine.
    Alors dans ces conditions, comment survivre ?
    Se perdre dans la drogue et le sexe ?
    Ou se perdre dans l’écriture. »

  • Zhou Weihui 周衛慧

    auth_wei_hui

    Comme j’avais beaucoup aimé son roman, Shanghai Baby (上海宝贝), je suis allé à sa rencontre pour la féliciter.
    Je voulais le dire a quel point j’appréciais le personnages de Coco lequel à travers son comportement et sa famille illustre parfaitement les contradictions de la chine contemporaine.
    Mélange de sexe, de drogue au risque d’un monde interlope.
    “ Vous savez, m’a t-elle dit, j’ai eu beaucoup d’ennui avec ce livre. Beaucoup d’exemplaires sont partis en fumée. Mais, comme il est toujours possible de renaitre de ses cendres, j’ai récidivé et je récidiverai toujours et inlassablement.
    Telle une pluie ne s’interrompant jamais. »
    Le soir même, j’ai poursuivis la lecture Wo de Shan (我的禅) plus doux tout de même que le précédent.

  • Shu qi 舒淇

    Shu_Qi_0147

    Pour accéder à la notoriété, un choix douloureux s’impose à toute jeune ambitieuse, originaire de Taiwan, sans nom, sans relation.
    Quelque temps durant, il faut prêter son corps, se mettre dans l’ambiance.
    Aussitôt dans les rangs, Shu Qi fait merveille dans « Love is not a Game, But a Joke ».
    Plus tard, je la retrouve dans « Millennium Mambo » et « Three Time »s où elle excelle.
    Un dimanche matin, je la rejoins sur l’Avenue of Stars (星光大道) dans le quartier de Tsim Sha Tsui à Hong Kong.
    Sortant d’un festival de cinéma dédié aux stars hollywoodiens des années trente, avant que je ne l’interroge, elle s’exclame :
    - Made it, Ma ! Top of the world !
    Je suis laissé sans réponse, médusé.
    - James Cagney, White Heat !

  • Gong Li 巩俐

    star_starcn_168728_2

    Sa renommée est un sacré piège car on la figure distante, accompagnée d’une ruée d’agents, de la morgue au visage, trainant autoritairement sa gracieuse silhouette dans les Palais Romains.
    Nullement, Gong Li est une femme qui adore la simplicité et l’inattendu.
    La voilà en scooter à Paris arrimée à un inconnu, un sans grade, rencontré au hasard d’une marche sur la grande muraille, cette fois pris au piège d’un délicieux rêve, l’amour.
    Quelle merveilleuse aventure que celle de rompre les amarres et de regarder sur la butte Montmartre le lever du Soleil cette fois bien et tendrement accompagné !

  • Coco Lee 李玟

    CoCo lee 5

    Sa belle silhouette évoluant sur de nombreuses scènes, sa vie est une suite presque ininterrompue de disques accumulant prix et honneurs.
    La voix jonglant aussi élégamment entre le mandarin et l’anglais, cette hongkongaise de naissance ayant vécu très tôt aux Etats Unis incarne parfaitement le soft power chinois, ce moyen pour la chine d’étendre délicatement, sans coup férir son influence sur le monde.
    Cependant, au milieu de sa remarquable réussite, Coco a le cœur généreux, la larme à l’œil, laissant filer document sa voix pour soutenir les malades du SRAS ou du Sida, pansant la misère.

  • Sabino Cagigos – Sà bīn 萨宾

    CHT

    It is clear that Sabino Cagigos once called in chinese 萨宾 (Sà bīn) embodies the vitality of the today culture.
    Since long, thanks to his Catalan origin, Sabino has a fascination with labyrinths that cover his family background, his philosophical approach, mainly the troublesome western culture.
    The labyrinths represent the conflict between the artist and the world, narrated through a lifetime experience.
    After some vacillation, the route through the labyrinths is finally marked out.
    I found a symbolic similarity between them and the intelligence, the one of Sabino, the one of everyone, even the unskilled one.
    However, for the undogmatic Sabino, experiment remains open, a field of investigation always put into question.
    Nothing is set in stone.
    Everything is short-lived.
    And at the, the men dies.
    So the earth.
    So everything.
    So the Chinese women, Sabino Cagigos, their painter.

  • Zhou Xun 周迅

    zhou xun

    J’ai adoré, mille fois adoré, le film Dai Sijie 巴尔扎克与小裁缝 Balzac et la Petite Tailleuse Chinoise.
    Pourtant, je ne comprenais rien au dialecte abscons que l’on parle dans le Sichuan.
    Cependant, je m’accrochais à la parfaite diction de Zhou Xun.
    Je l’ai aussitôt aimée comme on aime le soleil, la vie.
    Tel un pèlerin, sur son chemin de grâce, je suis alors allé à sa rencontre
    Elle venait de terminer lǐ mǐ de cāi xiǎng, The Equation of Love and Death (李米的猜想).
    - Vous semblez sortir tout droit d’un rêve !
    D’une main fragile, elle a dessiné un cercle.
    Apres l’avoir traversé en son milieu, sa main s’est dirigée vers le ciel.
    Elle m’a alors dit d’une voix douce légèrement chahutée par l’émotion.
    - Vous voyez d’où je viens, vous voyez où je vais !

  • Maggie-Cheung 張曼玉

    Maggie-Cheung

    Miss Hongkong en 1983, tout le monde déjà chérissait son regard, la beauté de ses traits, cette douce légèreté.
    Voilà qu’elle accomplit son destin dans l’un des plus beaux film chinois, Huāyàng niánhuá (in the mood for love) incarnant Madame Chan, tellement esseulée qu’elle s’éprend d’un autre solitaire.
    Nait alors l’un des plus beaux couples du cinéma.
    Silence, nous devons faire silence devant tant de sincérité, de discrétion.

  • Michelle Yeoh

    michelle-yeoh-36412

    Malaisienne, Michelle Yeoh est une chinoise de l’extérieur, libre dans sa tête, dans ses opinions.
    En raison d’un accident vertébral, frustrée de ne pas pouvoir entamer une carrière de ballerine, Michèle supplante toutes ses pairs en devenant Miss Malaisie en 1983.
    Sa beauté fait mouche auprès d’un millionnaire hongkongais avec lequel elle se marie et qui la mènera au premier rang du box office chinois.
    Sportive, elle assure elle même des scènes d’acrobatie, des sauts périlleux dans l’inconnu, parfois vers l’amour.
    Elle interprète la moins connue des sœurs Soong, Ai-ling Madame Kung, plus riche que les deux autres réunis, en posant un regard circonspect sur une chine par trop troublée.
    A 50 ans elle devient la Lady, Aung San Suu Kyi.
    Corps frêle, elle bataille contre les généraux, vouant à la vie un amour par dessus tout.

  • Paris en Chine

    Paris en Chine

    Le groupe Guangsha, premier promoteur privé de Chine, construit dans la banlieue de Hangzhou la résidence de Tiandu Cheng, littéralement, « la ville du ciel », qui est une copie des principaux éléments architecturaux de Paris avec un quartier haussmannien érigé au milieu de nulle part, à l'entrée duquel s'élève une reproduction de la tour Eiffel de 108 m de haut. Guangsha prévoit d'accueillir 100 000 personnes dans ce district. La fin des travaux est prévue pour 2015.

  • NE PAS AVOIR PEUR DE LA CHINE !

    Délocalisation ; pratiques commerciales ; croissance boulimique, vol technologique, dumping, extrême capitalisme, tout y passe, l’on ne sait où donner de la tête.
    Pointés du doigt, fauteurs de troubles, la faute aux chinois ! Tout est prétexte à nourrir le slogan, déjà mondial !
    A Paris, leur frénésie de rachat de baux commerciaux suggère l’hostilité. Dans les universités américaines, l’on stigmatise des promotions comptant jusqu'à 40 % des leurs.
    Au Mexique, « los malditos chinos » sont tenus pour responsables de la fermeture des maquiladoras.
    Au Maghreb ou à Madagascar, l’écroulement de la filière textile suscite la colère.
    A Dakar, l’on s’émeut de voir l’artisanat ancestral fabriqué à Canton. Les politiques s’en mêlent.
    L’augmentation du prix des matières premières et l’invasion des produits chinois abreuvent la démagogie.
    Dans la mêlée, des universitaires japonais lâchent l’incidente : le Japon a bien fait de mater la Chine dans les années trente ! De mal en pis, la chasse est sonnée.
    En Indonésie, plus d’une fois ! Partout les raccourcis s’imposent.
    Telle usine fermée !
    Telle magasin liquidé !
    Tel emploi perdu !
    Eux, toujours eux !...
    De deux choses l’une, soit le phénomène s’emballe et alors la confrontation est à craindre ; soit l’intelligence prend le dessus.
    Comment reprocher à un pays autrefois famélique sa soif de croissance et l’enrichissement de sa population ?
    Comment contester l’affirmation de sa nouvelle puissance ? Fière de son passé, la Chine l’est de son présent, de son avenir. Mieux vaut donc composer sans complaisance mais avec détermination.
    Même si la France est une puissance moyenne, elle peut jouer un rôle ne serait-ce qu’en raison de son image favorable dans l’empire du milieu.
    L’on aime la France et l’idée que les français seraient romantiques.
    Donc amicaux.
    Et l’amitié, c’est le nerf de toute énergie en Chine.
    Du côté des autorités, l’on observe que les modèles d’administration des deux pays présentent des similitudes : l’Etat s’engage, donne le rythme tout en laissant libre cours à l’entreprenariat privé.
    Ne doit-on pas s’appuyer sur cette appréciation pour hisser la France en première ligne dans le dialogue Occident Chine en y associant pas seulement les entreprises du CAC 40 mais l’homme de la rue, chaque français ?
    Mais seule une politique volontariste peut y conduire. Partout en France, doivent surgir des têtes de pont rassemblant français et chinois.
    De même, un effort sans précédent doit être mené en faveur de l’apprentissage du mandarin.
    Dans nos écoles, il doit être enseigné à l’égal de l’allemand ou de l’espagnol. Parallèlement, le français doit être promu en Chine.
    De surcroît, il faut encourager l’installation de français en Chine. S’en compte 7 000 actuellement, amenons ce chiffre à 50 000 !
    De notre côté, recevons des chinois, 8000 mille étudiants en 2005, 40 000 demain ! Favorisons aussi initiative et inventivité. En France, les mécanismes de soutien à l’exportation de produits ou de savoir faire favorisent les entreprises établies, rares sont les dispositifs financiers accessibles au tout venant.
    Pourtant la France dispose d’un incroyable vivier de talents (créateurs, chercheurs, entrepreneurs, artisans, etc.) mais beaucoup, faute de moyens, ne peuvent s’aventurer en Chine. Offrons-leur cette possibilité !
    Apportons à ce grand pays notre sensibilité, nos valeurs, notre humanité !
    En retour, il nous apportera ce qu’il nous manque terriblement aujourd’hui, une énergie constructive, de l’espoir. Ensemble, tordons le coup à la fatalité de l’histoire, aux préjugés, jouons contre les peurs !

  • QUELS SONT LES RISQUES D’UN TREMBLEMENT DE TERRE EN CHINE ?

    RAPPEL
    TANGSHAN (28 juillet 1976)
    Le tremblement de terre de Tangshan, épicentre du séisme, eut lieu le 28 juillet 1976 à 3 h 52 du matin.
    Tangshan dans la province du Hebei comptait alors environ un million d'habitants. Selon les chiffres officiels, le bilan du tremblement de terre, l'un des plus meurtriers de l'histoire, fut de 242 419 morts, alors que certaines sources en totalisent trois fois plus.
    Le tremblement de terre fit également de nombreuses victimes à Tianjin (20 000), distance seulement de 150 Km de Tangshan.
    SICHUAN (12 mai 2008)
    Plus récemment, le tremblement de terre dévastateur qui a frappé le Sichuan, le 12 mai 2008, a été ressenti à Tianjin comme d'ailleurs partout à divers degrés en Chine.
    Le séisme de magnitude 7,9 aurait été provoqué par la rupture d'une barrière rocheuse séparant deux plaques tectoniques lequel a provoqué des secousses en cascades. Ces barrières limitent en principe les effets des secousses telluriques. Il faut rappeler que rien ne laissait prévoir le séisme sur la faille de Beichuan, dans la zone de Longmen même si la présence de bordures de plaques tectoniques à cet endroit est connue. L'implantation de villes sur la zone d'intersection des plaques et la présence de barrages travaillent les sols. Aussi, le phénomène naturel n'est peut-être pas la première cause des terribles destructions et pertes humaines à Yingxiu, Beichuan et Nanba.
    QUELS RISQUES POUR TIANJIN ?
    En revanche sur la zone côtière, notamment à Tianjin, la possibilité de la survenance d'un tremblement de terre existe de manière précise. En cause, la structure géologique de la Chine marquée par une forte instabilité. Associée à la plaque eurasienne, la plaque du Chang Jiang bouscule sévèrement la région de Beijing, donc Tianjin. Toutefois, le phénomène naturel pourrait avoir aussi son importance. Couplé avec une sur-exploitation de terres, le bétonnage massif (extravagant)* des deux municipalités accroît la fragilité des sols. L'hypothèse d'une cassure terrestre n'est donc pas à exclure.
    En outre, il faut rappeler que l'élévation de Tianjin se situe à seulement 4 mètres de hauteur du niveau de la mer. Si d'aventure, les eaux du Bohai étaient le théâtre d'un tremblement de terre significatif, les ondes sismiques pourraient dégager une déferlante jusqu'à Tianjin. Tianjin. Les districts maritimes de Tianjin, notamment, celui de Tanggu, ne disposent pas de protection naturelle pas davantage de digues pour contrecarrer d'éventuels effets dévastateurs. De surcroît, la présence massive d'industries chimiques particulièrement polluantes dans cette zone pourrait entrainer des conséquences en chaîne sur l'écosystème de la mer de Bohai, déjà très abimé. Un tel événement pourrait être d'ampleur plus grave que celui intervenu le 26 décembre 2004.
    MOLLE PREPARATION
    Aujourd'hui, les autorités de la Municipalité sont peu préparées à l'éventualité d'une catastrophe naturelle. Certes des comptes rendus en rapport avec l'activité sismique sont disponibles au Bureau des Mines de la ville de Tianjin et au service des archives de certains districts. L'université de Tianjin dispose également d'un Département « Géologie » lequel procède à des études épisodiques. A la lecture de deux d'entre eux, je n'ai relevé aucune inquiétude particulière. L'on s'en tient, en conclusion, dans les deux cas, à un argumentaire fort peu scientifique à savoir que la répétition de tremblement de terre de Tangshan, survenu en 1976, ne pourrait avoir lieu avant 4000 ans !
    A ma connaissance (mais je me trompe peut-être), le système d'alerte demeure vague. J'ai plusieurs fois interrogé le service des risques de Tanggu sur le sujet, aucune réponse claire ne m'a été apportée. Or, faute d'une organisation extrêmement rodée, les conséquences d'un tremblement de terre pourraient être très significatives.
    François de la Chevalerie (Junma)
    Octobre 2009

  • Gigi Leung 梁詠琪

    gigi-leung-303226l

    Quelle audace pour une totale de l’inconnue de se lancer dans l’arène violent du show biz avec un album au titre si narcissique sur Love Myself (1996) 愛自己 ?
    Elle assume élégamment cette impertinence.
    - Comment ne pourrais pas m’aimer ? N’est ce pas mie vie que je porte dans mon corps. Si je ne m’aimais pas ou en serais-je aujourd’hui, Meurtrie, dans le sang ?
    Défense imparable dont elle titre un beau sourire.
    La voilà s’exposant dans vingt films, enchainant les albums, cette grande fille s’offre tous les genres.
    Je l’arrête sur son chemin.
    - Attention, Gigi ! Tu souffres d’un asthme chronique. Je ne souhaite pas que tu sois emportée par le même sort que celui qui a arraché à la vie mon adorée Dèng Lìjūn.
    Gigi regarde alors vers le ciel.
    - Quand le moment sera venu, je me laisserai emporter, doucement, sans hâte.

  • Zhōngguó

    Zhōngguó

  • Francois de la Chevalerie, 2012

    Francois de la Chevalerie, 2012

    D’origine Belge mais de culture franco-mexicaine, mon nom chinois est JÙNMĂ (élégant cheval).
    Résidant à Tianjin et à Qingyuan (Guangdong), je suis un entrepreneur passionné par l’environnement, notamment, le recyclage des sédiments et la gestion des risques sanitaires.

  • Pages

Résultats de votre recherche

Les filles de joie chinoises à Paris. Prostitution Chinoise en France. Weixin, la voie royale (微信).

Posté par ITgium le 2 février 2014

china-trusts-prostitutes-more-than-politicians

Filles chinoises

Le récit de jùn mǎ (俊 马) et les dessins de Sà bīn (Sabino Cagigos 萨宾)

Lors de l’un de mes passages en France, dans la tiédeur d’un salon parisien, un ami me rapporte une information étonnante.

De nombreuses artères de Paris seraient arpentées par des prostituées chinoises.

Comment se peut-il que de belles perles de la moitié du ciel (bàn biān tiān 半边天) sillonnent nos rues ?

Quel vent étrange les a conduit en France ?

Pourquoi ont-elles entrepris une aussi longue route pour un destin si funeste ?

Pourquoi pavaner dans les arrières-cours alors que tant de touristes chinois s’exposent fièrement aux Champ Elysées et sur les Grands boulevards ?

Comme mon ami ne pouvait apporter des réponses à ces questions, j’ai cherché à comprendre.

Premier réflexe, une recherche linguistique.

Les filles de joie chinoises à Paris. Prostitution Chinoise en France. Weixin, la voie royale (微信). dans Chinoises Paris hhg-200x300

Sabino Cagigos painting

En chinois, le terme « prostitution » recouvre une variété large de définition, aucune ne dominant vraiment.

Avec le chinois, aucune traduction n’est aisée.

Mài yín (卖淫) s’imposerait comme la traduction officielle mais certains préfèrent souvent mài chūn (卖春).

Si l’on sépare les signes, l’un se lit : « acheter le bizarre », l’autre : « acheter le printemps ».

Cette dernière proposition a une valeur historique.

Sous la dynastie Tang (VIII. siecle), il était de tradition que les hommes mariés puissent s’offrir quelque liberté à l’annonce du printemps. D’après, les textes de l’époque, cela leur permettait de se libérer d’un surcroît d’énergie. En somme, les empereurs voulait ainsi se prémunir contre toute rébellion possible. Mieux valait le sexe que les lances ! Des jeunes femmes se prêtaient au jeu dans l’intérêt de la stabilité de la Chine millénaire. 

Une autre piste s’affirme xìng jiāo yì (性交易).

Segmenté, cela donne : « sexe, payer, facile ». D’autres privilégient piáo sù (嫖宿).

Traduction intéressante puisqu’on retrouve des mots tangibles, « putain et nuit ».

Dans ce cas, mieux vaut peut être chú jì (雏妓) ou encore biǎo zi (婊 ) lesquels mots désignent sans délicatesse et sans nuance une prostituée.

Plus raide cette proposition, mǔ quǎn (母犬).

Habilement traduit, cela donne « un animal de femme ».

Ou sommairement lancé, la gorge graveleuse, « chienne ! ».

« N’en est-on pas moins un être humain ? » interroge Anxmandae de Leira.

La prostitution est une affaire de convenance.

Elle s’impose naturellement là où existent des enjeux de pouvoir, des rapports de force.

Entre des hommes d’influence, se glissent des femmes accommodantes. Tantôt elles les consolent tantôt elles les aiguillonnent.

image-20120414-2p5byh7drpe1wgflkaf4

Sourire triste

Ainsi, serait prostituée « la seconde femme » d’un homme d’influence, Baoernai (包 二 奶 ).

Triste sort pour des courtisanes souvent de bonne composition !

Les accompagnatrices se verront plutôt affublées d’un marqueur baopo (包 婆) dont la traduction anglaise est redoutable, voilà les bien nommées : « packaged wife ».

Mieux vaut clarifier la situation selon l’essentiel, santing (三 厅) désigne ces toutes jeunes femmes qui pullulent dans les karaoké et les bars. Cependant, dans ces lieux, toutes ne sont pas des prostituées. Parfois seulement de gentilles filles, dansant et chantant au bon plaisir des clients.

Allons plus loin ! Composons avec le diable !

Les doorbell girls ou les dingdong ladies (叮 咚 小 姐)  sollicitent le chaland par téléphone, le plus souvent dans les hôtels.

Certaines pourtant s’attèlent à un massage bien pudique.

3495399234_ff9514f634_z-300x204 dans Prostituées chinoises à Paris

Talentueuses ?

Plus sûrement, les coiffeuses d’apparat, falangmei (发 廊 妹), vous entraineront vers un back room peu reluisant. Tout comme les filles de rue, jienü (街 女) ou jì nǚ (妓女).

Cependant la palme revient aux xiagongpeng, les malheureuses qui font des passes sur les chantiers.

Plus d’hésitation alors !

Le mot est crû, sans ambigüité, ce sont des « putes » lesquels se verront traitées de mǔ gǒu (母狗).

Au lieu de décortiquer un mot intraduisible, mieux vaut aller sur le terrain.

pros0402e-300x170 dans Reseaux sociaux en Chine - Weixin

Ballade encourageante

 La voie royale (kāng zhuāng dà dào 康庄大道)

En Chine, l’arme absolue pour aller à la rencontre des filles de joie se nomme Weixin (微信).

En anglais Wechat.

En d’autres mots, « micro message ».

Fort de 800 millions d’utilisateurs, le face book chinois a une longueur d’avance sur son concurrent américain.

Et en temps passé, il le domine de trois têtes.

weixin-logo

Weixin

Weixin s’apparente à révolution tranquille.

Bien que le gouvernement chinois maintienne un corset rigide de règles pour taire toute contestation, toute liberté de propos, Weixin offre d’innombrables brèches.

Parmi celles-ci, une touche accessible aux usagers, le Weixin de voisinage (fù jìn 微信 附近), c’est à dire la possibilité de partir à la rencontre des personnes se situant physiquement dans votre environnement immédiat.

Ainsi vous vous trouvez à la terrasse d’un café et vous souhaitez partir la conquête de quelques jolis minois attablés plus loin. Weixin se charge de l’opération.

Apparaitra sur votre Smartphone, la liste détaillée de personnes que vous pourrez aussitôt contacter en masse ou individuellement.

Cette application n’est pas passée inaperçu auprès des charmeuses.

Je me souviens d’un soir à Chongqing (重慶).

Alors que je m’apprêtais à dormir, soudain mon weixin s’est mis à sonner. D’innombrables appels, telle une charge militaire.

Tous provenaient de jeunes femmes dont je relevais leur apparent agréable profil.

Afin de faire taire cette intrusion, j’ai mis mon smartphone en veille.

-wechat-2013-03-15

worldmap-weixin

A Paris, le phénomène se répand peu a peu.

Voilà un an, mon Weixin de voisinage était sobre.

S’y manifestaient des visages sérieux, des personnes souhaitant enseigner le mandarin, des chinois de la deuxième génération, des hommes d’affaire.

Cette année, l’atmosphère a beaucoup changé.

Pullulent les quémandeuses !

Un vrai déferlement !

L’utilisation de Weixin n’est pas seulement en cause.

Le grand débarras (zhòng dà rēng diào 重大 扔掉)

Depuis que le Président chinois, Xi Jinping (习近平) s’est installé au pouvoir (fin 2013), dans le sillage de sa politique anti corruption (fǎn fǔ ou fǎn tān 防腐) souffle un vent de moralisation dans le pays.

Au nombre des mesures décidées, la fermeture en des lieux de débauches potentiels (centre de massages, karaoké sulfureux, Spa par trop intimiste, etc.) s’impose comme la plus emblématique.

Participant des pratiques culturelles ancestrales, depuis toujours l’industrie du sexe était tolérée en Chine. Loin de tout jugement moral, les autorités s’en accommodaient. Comme aussi la population habituée à voir au coin de sa rue un centre de massage pratiquant le dà fēi jī ( ).

Nulle ligue supposée vertueuse n’a jamais manifesté sa désapprobation.

En 2013, entre 4 et 6 millions de chinoises officiaient selon des statuts divers.

Généralement très jeunes, beaucoup s’exilent de leur province d’origine pour pratiquer ce métier 1000 ou 3000 kilomètres plus loin, principalement des grands centres urbains. Pour certaines villes, ces activités constituaient l’essentiel de leur force économique ou, du moins, leur label (Tanggu, Dongguang, etc).

Elles y voient un tremplin pour acquérir quelques deniers afin d’acheter une maison dans leur ville natale et de se marier blanche comme neige.

Personne localement n’ayant connaissance de leur activité antérieure, elles se relèvent de cette période de leur vie sans encombre.

La nouvelle politique a mis dans la rue nombre de ces jeunes femmes.

Les établissements de massage fermés, beaucoup ont rejoint leur province natale, d’autres, la mort dans l’âme, des chaines industrielles avec des revenus amputés de 80 %.

Cependant la situation de l’emploi en Chine marquant des signes d’effritement, proches du désespoir, beaucoup s’exilent.

Près de deux millions de chinoises seraient prêtes à l’aventure au delà des frontières.

Plus de 200 000 auraient déjà rejoint la Malaisie, Singapour et l’Indonésie.

10 000 auraient fait souche en France.

Si la nouvelle orientation est maintenue en Chine, compte tenu d’un afflux probable, les chinoises pourraient s’accaparer 30 % du marché de la prostitution en France, voire plus.

joliechinoiselotus

Jolie chinoise

M’en allant à leur rencontre

Faute de comprendre, je me suis décidé à faire les cent pas sur les artères d’infortune des quartiers réputés chauds, hóng dēng qū (红灯区).

Première destination, avenue de Clichy.

Devant une station de bus, je remarque des formats pâlissants.

Trois dames d’âge mur plongées dans une conversation chaleureuse secouée par des éclats de rire.

Jouant de discrétion, je m’approche, l’oreille bien tendue. Avec leur accent inimitable, je reconnais la langue du Dōngběi sānshěng (东北三省), le dialecte du nord de la chine.

L’une d’elle à la voix qui porte. Elle restitue un dialogue avec un client.

- Je suis chinoise, lui ai-je dit !

Toutes trois se laissent emportées par un rire tellement communicatif que je me laisse gagner par un sourire.

rtxrz6v-300x200

Ce besoin d’être autre

Elle poursuit :

- Si tu le veux, dit l’homme, je t’emmène dans mon pays. De l’autre côté de la mer, proche d’une vielle forteresse en argile, non loin du désert.

- Je suis chinoise, lui ai-je répété.

- Une femme simplement, a-t-il répondu.

- J’en ai connu un autre, s’exclame une autre comparse, il m’a dit, chez moi, tu seras comme une reine car personne ne te ressemble sous les baobabs. La chinoise du village tel un emblème exotique.

aaatre-199x300

Mlle Wang, Reine de Paris (Sa Bin)

- C’est tout de même étonnant, reprend la première, de rencontrer des gens autrement mieux attentionnés que nos clients à Dongguang (东光县). Dans mon centre de massage, jamais je n’ai reçu pareille invitation.

Soudain, un passant s’arrête.

Il murmure à leurs oreilles. Il surprend mon regard et s’éloigne aussitôt.

Elles se tournent alors vers moi.

Au lieu de tenir ma langue, je m’excuse en chinois.

- Vous parlez chinois ?

Je m’étrangle dans mes explications. Je leur raconte que je ne parle pas le chinois tout en m’exprimant en chinois.

- Vous travaillez avec les Wēnzhōu rén ? demandent-elles de concert.

- Je passais seulement par là. J’ai surpris votre conversation. J’en suis honteux de l’embarras que je vous ai causé.

- D’où venez-vous ? interrogent-elles encore.

- De Chine !

Un éclat de rire s’élève dans le ciel.

Je les invite à prendre un thé dans une brasserie du coin.

D’une voix enfiévrée, elles me rapportent leur itinéraire.

pic2-300x194

S’ouvrir au monde

Leur histoire

Toutes trois se considèrent comme des filles normales, (pǔ tōng nǚ rén 普通 女人) appartenant à des familles de travailleurs (gōng zuò zhě 工作者).

Leur famille n’ayant pas beaucoup de moyens, elles ont pris la direction de la terre promise du Guangdong (广东), dans le sud de la Chine, pour trouver du travail avec un souhait bien louable, celui de réunir suffisamment d’argent pour acheter un appartement dans leur ville d’origine.

Après quelques années passées sur les chaines de fabrication de Foxcom (la société taïwanaise qui fabrique presque tous les Smartphones du monde), elles ont réalisé que leur salaire de 160 dollars par mois ne suffirait pas pour atteindre leur objectif.

Elles sont allés prospecter du côté de Dongguang, ville aux mille visages à la réputation sulfureuse connue pour ses bordels et ses ateliers d’assemblage.

ImageHandler.ashx

Leur visage se glace…

Soudain leur visage se voile tristesse.

De fil en aiguille, elles se laissent emporter par un mauvais courant. 

Les voilà dans les entrailles du mal dans une maison secrètement close (àn mén zi 暗门子).

Jour et nuit, elles massent les péquenauds du coin.

La tâche est rude mais elles recueillent plus que leur dime. Quelques années après, elles retournent dans leur ville d’origine, la cassette bien remplie. Leur bonheur ne dure souvent pas longtemps car la manne est suspecte.

N’auraient-elle pas fréquenté une curieuse maison (chāng mén 娼门) ?

Les regards se figent.

Elles décident de partir pour une destination lointaine, décidées de se libérer de l’opprobre.

Destination, la France.

Elles payent comptant un passeur qui leur prend presque l’intégralité de leur cagnotte.

Un jour saumâtre à en mourir, elles arrivent à Paris. Leurs économies asséchées, dépourvus de papiers en règle, elles donnent leur bras à des Wenzhou ren lesquels accaparent l’essentiel des activités chinoises dans la capitale. Peu scrupuleux, ces derniers les exploitent, les stigmatisant au quart de tour.

Le temps passant, les cernes encombrant leur visage, elles admettent la fatalité de leur existence.

Peut être ne doivent-elles leur survie qu’à leur corps ?

C’est ainsi qu’elles atterrissent avenue de Clichy, chassant les hommes de France, du Monde.

Silence maintenant. Leurs mains glissent sur leur visage.

Triste après midi à Paris, abimée sous une pluie dense, la nuit déjà.

200px-1890chinesewoman

Meili, la belle

Le lendemain, je vogue à Belleville.

Une touffe de femmes chinoises devant une porte cochère. Plus jeunes que celles de la place de Clichy. L’habillement loqueteux. Le regard triste, déconfit.

Je m’approche. Elles se forment en cercle autour de moi. L’une exécute deux signes de la main lesquels indiquent en chinois les chiffres 5 et 0. Le coût de la passe est de 50 euros.

Tout juste vingt ans au compteur, elle m’attire d’une main volontaire. Sans le vouloir, je me laisse emporter dans les tréfonds, l’âme coupable.

Nous traversons un dédale de cave pour arriver dans une pièce minuscule à la lumière tamisée.

Je l’interroge sur sa ville natale. Elle est originaire de Jilin (吉林), dans le nord de la Chine.

shanghai-woman-300x197

Regard implicite

Je lui raconte que je m’y suis rendu. Son visage s’éclaire. Elle s’amuse à l’écoute de mon récit de la visite du musée de la pluie de météorites qui regroupe les météorites tombées à Jilin en mars 1976.

Selon une chance inouïe, j’ai gardé des photos de mon passage dans cette ville sur mon Iphone. Je lui montre mes souvenirs du parc de Beishan où le soir venu, je suis allé danser. J’étais peut être trop vieux car seules les femmes d’un certain âge répondaient à mes sollicitations.  Elle rit de mes aventures. La sentant maintenait en confiance, je l’interroge.

- Tu es toute jolie, que fais tu ici ? 

schoolgirl-173x300

Nourrice, le matin

- Je suis nourrice, dit-elle.

Elle répète cela à plusieurs comme pour taire toute autre question de ma part.

Brutalement, son visage se replie, la larme à l’œil. Elle me révèle que son père est atteint du cancer de la plèvre, son logement de ses parents étant attenant à une usine chimique.

- Il n’a pas les moyens de se soigner correctement. J’adore plus que tout ma père. Je ferai tout pour la sauver.

Silence.

En Chine, les lourdes pathologies sont rarement prises en charge et le plus souvent à l’avenant. De surcroît, son père étant un petit commerçant de quartier, il n’a pas les moyens de s’offrir les soins appropriés.

- Je suis venu ici pour lui envoyer l’argent nécessaire afin qu’il puisse se rendre dans le meilleur hôpital de Pékin. Je souhaite que mon père soit fier de moi ! Lorsque je lui adresse de l’argent, je mentionne sur le pli : « Voilà l’apport d’une partie de mon travail de secrétaire dans une société internationale de grande renommée ».

Puis un silence

- C’est faux, bien sûr ! Le matin, je suis nourrice. Le soir…

Une larme glisse sur son visage.

Lugubre, cette cave, cette vie.

3530006

D

Le rêve d’une vie normale dans le sillage d’Antoine de Saint-Exupéry

Le troisième périple me conduit porte d’Italie. Un voyage presque à la dérobée car ce quartier n’est pas connu pour abriter des femmes aux mœurs libres.

Nulle ombre le long des rues.

Nulle femme guettant au pied d’une porte.

Nul regard en biais.

Premier quartier chinois de Paris, lieu d’accueil des boat people dans les années soixante dix, la communauté chinoise se montre discrète, se lâche rarement.

Ce mutisme est encore plus accusé dès lors qu’il s’agit du commerce du sexe.

Aussitôt la question abordée, les visages se ferment.

Malgré tout, me glissant d’une porte à l’autre, je fais le siège de la forteresse, décortiquant la moindre allusion, rassemblant les indices.

saintex1

Saint Exupery

De fil en aiguille, je me retrouve dans un bureau import export.

La pièce est déserte.

Au mur, le portait du nouveau président chinois.

Soudain, une femme apparait, la cinquantaine, plutôt volubile.

Immédiatement, elle forme avec sa main le chiffre cinq.

Je dodeline de la tête

Cinq filles rentrent dans la salle, la trentaine en moyenne, la beauté imparfaite.

Comme je les interpelle en chinois, elles s’amusent de mon accent nasillard de Tianjin.

Comme je m’y accomplis toujours, je les interroge sur leur lieu de naissance.

Dans la foulée, je commente la réputation de leur ville.

Je me répands contre les Shanghaiennes. Ne rêvent-elles pas inlassablement de trouver un homme fortuné plutôt que d’aimer ?

alex-cherry-princess-of-china

D

La meneuse me demande d’interrompre la taquinerie.

Dans l’urgence, je retiens une femme de petite taille, originaire de Tangshan (唐山), ville proche de Tianjin.

Comme le Tianjin hua (la langue de Tianjin) est aussi parlée à Tangshan, nous nous comprenons parfaitement, notre échange en sera plus aisé.

Les autres femmes quittent la pièce.

Je prends mes notes.

D’emblée, elle me raconte son itinéraire, très ordinaire, trop ordinaire.

Sa famille étant pauvre, à dix-huit ans tout juste, elle sillonne la Chine à la recherche d’une vie meilleure mais les hommes qu’elles rencontrent lui offrent de bien pâles raisons d’espérer.

Elle s’enlise dans ce qu’elle nomme une « vie malheureuse », faite d’insomnie et d’une sourde peur, celle de basculer dans l’inconnu.

Un homme de mauvaise vie l’encourage jour après jour à garnir le cheptel d’un KTV (en fait, ce sont des Karaoke, lieu souvent d’accueil d’une prostitution soft).

Elle refuse d’abord mais dépourvue de moyens, faute de perspectives, elle finit par accepter.

chinese_girl10

Le rêve d’une vie meilleure

Suivent deux ans de souffrance avec des clients sans vergogne.

Glisse une larme sur son visage.

Cependant, au hasard des rencontres, un vieil homme mesure sa peine. Plutôt que de l’encombrer de son corps abimé, il lui raconte sa vie.

Voilà longtemps, il étudiait à l’école de langues étrangères de Beijing où il a appris le français. Il évoque l’âme romantique des hommes francais. Il rapporte des récits, des lectures. Il reprend presque mot pour mot le petit prince (小王子 – 小说).

La jeune femme est conquise.

Dès lors, son sort est joué, elle se rendra en France, à la recherche de la perle rare.

Aussitôt à Paris, elle fait le siège des agences matrimoniales chinoises de la capitale. Pour un montant faramineux (10 000 euros), une officine propose des rencontres.

Elle s’émerveille de cette perspective mais elle déchante très vite. Comme dans les plus lugubres KTV, les femmes sont présentées groupées à des hommes peu scrupuleux, souvent libidineux.

Voilà trois mois qu’elle remorque douloureusement sa vie.

Elle est à bout, peine à trouver ses mots.

- Heureusement, me dit-elle, j’ai toujours à l’esprit ce mot d’Antoine de Saint-Exupéry (安托万·德圣埃克絮佩里).

« On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »

Peut être que l’homme français romantique vit dans un monde qui n’existe pas, conclut-elle.

zhanghaiying1-300x200

Lexique

Lexique sommaire des prostituées chinoises de Paris

D’où viennent elles ?

La plupart de ces femmes sont originaires du Dongbei (东北三省), la région nord-est de la Chine ou la Manchourie.

Alors que la Chine connaît des taux exceptionnels de croissance, le nord de la chine a connu des vents moins favorables. Région autrefois très industrielle, organisée autour de conglomérats d’Etat, la modernisation de la chine a condamné ces entreprises. Du coup, cette région affiche les pires taux de chômage de la Chine, près de 30%, en priorité les femmes.

Quel est leur âge ?

En Chine, la prostitution est l’affaire de très jeunes femmes, généralement entre 20 et 27 ans. A 28 ans, la plupart cherchent un mari afin de ne pas passer la trentaine célibataire comme les encouragent la tradition et surtout la pression familiale.

A Paris, nombre de gourgandines sont d’un âge bien avancé. Pour beaucoup, elles n’auraient pas pu exercer ce métier en chine plus longtemps. Poursuivre cette activité à l’étranger est donc peut être leur seule solution ?

Combien sont elles sur le pavé de Paris ?

Selon les estimations des services de la préfecture de police, elles seraient plus de 500 à Paris avec une présence affirmée dans le quartier de Belleville (20ème arrondissement).

Maquereau

D’après ce qu’elles m’ont rapporté, elles n’auraient pas de protecteur, du moins, un homme dans le parage.

Quel est le coût du voyage en France ?

Les officines en tous genres offrent des services dispendieux pour des résultats incertains. Autour de 20 000 € pour les migrants de Wenzhou, entre 5 000 €~ 12 200 € pour les migrants de Dongbei

Qui prête cette somme ?

Cette somme est généralement collectée auprès des proches, des amis et des voisins avec une promesse de remboursement à échéance. Parfois l’argent est prêté par les organisations intermédiaires lesquels imposent des taux d’intérêts très élevés.

Où résident-elles ?

Le plus souvent, elles dorment dans des  « chambres » ou sont rassemblés quatre à six filles. Nullement s’agit-il d’une collocation sympathique ! Le prix mensuel d’un lit est fixé 120€.

Coût de la passe

Le frais d’une passe se situerait entre 30€ et 50€, ce à quoi s’ajoutent souvent les frais de l’hôtel.

Connaissance du français

Très approximatif mais compréhensible.

Publié dans Chinoises Paris, Prostituées chinoises à Paris, Reseaux sociaux en Chine - Weixin | Pas de Commentaires »

Amoureux à Pékin

Posté par ITgium le 28 février 2013

Les Récits de jùn mǎ 俊 马 de François de la Chevalerie, juillet 2011

Un amour à Pekin

Amoureux à Pékin dans Amoureux à Pékin peking-8-300x225

Pékin

Quand Sylvie Lin Jing rencontre l’amour !

Aux abords de l’an 2012, Sylvie Lin Jing est en perdition. Depuis des années, la vie lui offre des hommes pâles ou lâches, fuyants ou absents.

Des relations heurtées, au tournant, masochistes.

Aucun n’a jamais répondu à son attente, pourtant simple à souhait, aimer.

Seulement aimer.

Désormais, une tristesse lancinante chahute ses nuits, le crâne endolori, les larmes aux joues.

Suis je condamné au célibat éternel ? Se demande-t-elle

Elle s’y refuse, toujours prête à aimer.

Aimer mille fois mieux qu’avant.

Aimer jusqu’à l’infini.

Aimer comme il souhaite être aimé.

Aimer sa nature d’homme, cet autre.

sylvie1-300x237 dans Amoureux à Pékin

Sylvie Lin Jing

Rencontrer l’amour à Pékin

Un jour, Sylvie est de voyage à Pékin.

Une amie de longue date l’invite à prendre à un thé chez elle.

Elle s’y rend avec plaisir, heureuse d’évoquer des souvenirs, les années passées à l’université des Langues de Shanghai.

Son amie l’accueille dans un bel appartement dans le quartier de Cháoyáng Qū.

A ses côtés, un inconnu à l’allure discrète.

L’homme lui tend poliment la main.

Beauté assurée, traits réguliers, son visage surprend.

S’y mêlent élégamment l’Asie et l’Europe.

Naguère, sa mère, une Han originaire de Chángshā s’est laissée émouvoir par son père, natif de Tübingen dans le Land de Bade-Wurtemberg, teuton jusqu’à la corde.

De cette improbable union, surgit Wilhelm.

brandonlee-280x300

Wilhem

Longtemps étudiant à la Eberhard Karls Universität, fréquentée en son temps par l’astronome Kepler, Wilhelm est aujourd’hui, homme d’affaire averti.

Il fixe paisiblement Sylvie.

Silencieux, il laisse les deux femmes échanger des souvenirs.

Vague le récit de leurs années de jeunesse.

Entre deux respirations, Sylvie pose délicatement son regard sur lui.

Suit un échange silencieux augmenté sur chaque visage d’un sourire prudent comme d’une invitation.

Sylvie reprend la conversation avec son amie.

Elle raconte un séjour à Paris, des banalités.

Puis elle s’étire, ses yeux bifurquent alors sur Wilhelm.

Cette fois, le visage de ce dernier affiche un sourire conquérant.

- J’ai deux places ce soir à 20 h 30 pour la représentation de Der Fliegende Holländer (德語) de Richard Wagner au Guójiā dà jùyuàn (國家大劇院). Vous…

Sylvie Lin Jing acquiesce favorablement sans qu’il puisse achever sa phrase.

- Eh bien ! S’exclame leur amie. Compte tenu de l’heure, je pense que vous devriez vous y rendre au plus tôt !

Bientôt, Sylvie Lin Jing et Wilfried se retrouvent ensemble dans un taxi en direction de Cháng’ān jiē (长安街).

opera_de_pekin-300x189

Opera de Pekin

Paralysés par l’émotion, ils n’échangent aucun mot, seulement des regards furtifs.

Dans la tête de Sylvie Lin Jing, tourbillonne une avalanche de sentiments.

De la peur.

La peur de l’autre.

La peur d’un inconnu, comme les autres.

Jaillit heureusement un vent contraire, une sensation de légèreté, de bien être.

Bientôt apparaît sous un brouillard opaque l’Opéra, un bâtiment en forme d’ellipse, fait de titane et de verre censé évoquer le yin et le yang.

Le temps pressant, ils se précipitent à la porte d’entrée.

Comme elle a le pas lent, Wilhelm la prend par la main.

Dans les murs de l’Opéra, ils se faufilent parmi la foule, trouvent leur place.

Wilhelm lâche sa main, un abandon qu’il accompagne d’un sourire.

Elle répond, les yeux légèrement embués.

Dans la salle, la lumière décline.

Nuit éphémère.

Silence.

Un rideau devant eux.

61abddhxyhl._sl500_aa300_

Wagner

Sur un fragile filet de lumière, se profile le Chef d’orchestre.

Ils reprennent leur respiration, fixent la scène.

Tonne la voix orageuse de l’Hollandais Volant.

Suivent les vrombissements des cordes.

Les envolées sont tellement puissantes que Wilfried égare sa main vers la sienne.

Elle l’accueille généreusement, glisse la sienne dessous, dessus, hésite, s’immobilise.

Le baryton pousse sa voix, acclame le monde.

Répond Daland, le capitaine norvégien.

Tonne Senta, sa fille.

Des voix qui transpercent, balaient les certitudes.

Sylvie s’incline légèrement vers Wilhelm.

Il comprend l’assaut, accommode ses lèvres sur sa joue.

Comme le monde est étrange, murmure-t-il, j’étais un, je suis deux maintenant.

- Deux dans un… reprend-t-elle, lâchant au passage un sourire.

Le rideau se lève sous les acclamations du public.

Des hourras mérités que le couple naissant accompagne chaleureusement.

Maintenant, ils sortent du dôme avec une sorte de sévérité dans le regard.

Nulle main en partage.

Ils se tiennent à distance, comme effrayés par ce chahut.

- Vous avez apprécié ? demande Wilhelm, devant le Lac artificiel au pied de l’opéra.

- Oui mille fois mais maintenant, dit-elle d’une voix volontaire, c’est à moi de prendre l’initiative. J’ai une proposition à vous faire. Je ne sais pas ce que la vie nous réserve mais peut être devrions nous à jamais immortaliser cette journée. Pour cela, il vous suffit de me suivre.

Il hoche de la tête.

Ils marchent alors longuement de long de Cháng’ān jiē dans un silence imperturbable.

Elle conduit le bal, il la suit pieusement cherchant à comprendre.

Ils s’arrêtent devant la Porte de La Paix Céleste (Tiān’ānmén 天安门).

- Avez-vous du souffle ? demande-t-elle

Il marque son étonnement.

- Approchez vous de moi !

Il s’exécute, le visage troublé.

- Eh bien ! Il est temps que vous m’embrassiez le plus sensuellement possible et alors vous gagnerez une place au paradis. Vous y êtes ?

La lumière glisse sur ces visages s’accommodant l’un à l’autre. Bientôt file doucement la nuit sur Pékin.

 

Publié dans Amoureux à Pékin | Pas de Commentaires »

Les plus belles femmes chinoises de tous les temps

Posté par ITgium le 6 janvier 2013

Les plus belles femmes chinoises de tous les temps dans Les plus belles femmes chinoises de tous les temps art_paintings_of_sweet_girls_b823-263x300

Femme chinoise

Les Récits de jùn mǎ

de François de la Chevalerie, juillet 2011

Les plus belles femmes chinoises ou les plus célèbres, au choix

Cela m’étonne moi-même, je tombe souvent amoureux d’icônes du passé, de belles femmes qui ont marqué leur temps avec grâce, force, autorité et parfois de la poésie.

Peut être est ce lié à l’inexorable silence dans lequel elles se trouvent maintenues ou leur beauté plus jamais entachée par les assauts de l’âge.

Comme elles sont alors réellement inaccessibles, les sachant loin d’un regard concurrent, nulle tristesse dans mon cœur.

Leur mémoire appartient au tout venant comme à moi même, m’y osant.

Dans la mêlée, à ce palmarès, j’ai ajouté des plus jeunes, bien vivantes, bien en chair, qui illustrent avec élégance la modernité de la Chine d’aujourd’hui.

Voilà, ci après, quelques femmes dont je ne crains pas de dire qu’elles sont les plus belles chinoises par delà le temps, du moins, tel que je le ressens.

Catalogue imprécis et subjectif

zu-weitan-242x300 dans Les plus belles femmes chinoises de tous les temps

Zu Weitan

Wǔ Zétiān (625 – 705)

Une belle autorité sur les hommes de l’époque

Malgré les critiques des historiens confucianistes, cette concubine a porté haut vers la lumière le flambeau de sa propre dynastie Zhou, seule impératrice de toute l’histoire de Chine. 

Avec des sourcils arqués comme des antennes de papillon, elle était autoritaire, cruelle en ses heures.

Surtout une féministe avant l’heure bousculant des hordes d’homme, l’empereur Gaozong et sa troupe.

 

 

zhou-xuan-21-194x300

Zhou Xuan

Zhou Xuan (1918 – 1957)

Jolie Jade, son nom, offre une silhouette gracieuse, un charmant profil.

Je l’ai revue au moins dix fois dans le film Les Anges du boulevard (馬路天使, malu tianshi) avec toujours une même question : comment le destin a-t-il donné vie à une femme aussi sublime ?

Jamais Jolie Jade ne reçut de réponse, ses parents biologiques lui furent toujours inconnus.

Je l’aimerais toujours, chantonnant à l’infini, Ye Shanghai.

Morte trop jeune, s’en allant doucement vers l’autre monde.

 

lin-huiyin1-203x300

Lin Huiyin

Lin Huiyin (1904–1955)

Un ami m’a dit : si tu veux connaitre la force romantique d’un couple chinois, plonge toi dans la vie de Lin Huiyin et de Xu Zhimo.

Couple illégitime, s’aimant dans l’ombre, se chahutant. Xu Zhimo admirait par trop celle qui deviendra la toute première architecte de chine.

Dans sa quête d’amour, il s’abîme, l’abîme aussi.

Le temps enfin de se dire Adieu et ils meurent tous deux comme enlacés vers le même destin.

 

 

 

soong-mayling

Soong Mayling

Sòng Měilíng, Madame Tchang Kaï-chek (1898-2003)

Politique

Dans les années 40 et 50, le rêve de tout homme était de rencontrer de Madame Tchang Kaï-chek, femme d’une élégance sublime et au charisme époustouflant.

Dans les Vacances Romaines, Gregory Peck chahute aimablement Audrey Hepburn, dans le rôle d’une jeune princesse, en lui disant que son heureuse silhouette ne saurait surpasser l’allure de la Reine des Reines, Madame Tchang Kaï-chek.

Ce mot encore prêté à Cary Grant :”Toutes les plus belles stars d’Hollywood ne valent pas le regard de Madame”.

Dans les 40, elle parcourt les Etats Unis, prône l’intervention américaine aux côtés du Zhōngguó Guómíndǎng.

Hollywood l’admire, la célèbre comme une Reine mais Roosevelt puis Truman n’apporte pas leur soutien à cette cause.

Dotée d’une forte intelligence, Sòng Měilíng occupe inlassablement mon esprit comme le révélateur de la grandeur du peuple de Chine.

 

wang-danfeng-21-208x300

Wang Danfeng

Wang Danfeng (1924)

Si j’étais né dans les années 20, je serais alors tombé éperdument amoureux de Wang Danfeng, célèbre actrice à la diction remarquable et au charme saisissant.

Elle me fait souvent penser à Gene Tierney, un peu froide en apparence mais au tempérament chaleureux, ne s’en laissant pas compter.

 

 

 

 

 

 

soong-ching-ling

Soong Ching Ling

Sòng Qìnglíng, Madame Sun Yat-sen (1893-1981)

Sòng Qìnglíng, Madame Sun Yat-sen, deuxième épouse du Père de la Chine moderne offrait une beauté sage telle que je les aime.

A la mort de ce dernier, a-t-elle conçu une affection particulière pour Israel Epstein et Edgar Snow, deux fervents soutien de la révolution chinoise ?

Dieu seul le sait mais si d’aventure j’avais été dans les parages, je lui aurais dit : « L’amour de la patrie est notre Loi. (Amor patriæ nostra lex).

Mère de la Chine moderne (guomu), elle a accompagné le peuple de Chine dans ses heures sombres et de gloire.

Deux semaines avant sa mort, elle devient la Présidente honoraire de la République populaire de Chine.

 

teresa-219x300

Deng Lijun

Dèng Lìjūn (1953-1995)

Une belle voix à jamais endormie

Le regret de ma vie est de ne pas l’avoir rassurée en 1992 devant l’église de Saint Germain des Près.

N’avais-je pas compris que sa voix chaleureuse et douce allait porter l’âme de la Chine encore pour de longues décennies ?

Brutalement, ce jour là, son visage se glace d’effroi.

Elle reprend sa respiration, baisse légèrement la tête, les yeux fuyant. Glisse une larme sur sa joue. Une autre encore.

Elle pose délicatement sa main au visage, cherche à réprimer une soudaine tristesse.

Ma belle endormie, je l’aime toujours, sa voix, sa beauté, ce goût à la vie.

cixi-206x300

Cixi

Cíxǐ (1835–1908)

Vilaine est cette opinion que l’impératrice douairière Cíxǐ était une femme irascible, rusant et calculant, responsable du déclin de la Chine et de sa soumission au diktat des puissances étrangères.

Comble du toupet, petite concubine, elle s’impose dans les rangs et donne encore un peu de souffle à la dynastie Qing, décadente et endormie.

Dans sa jeunesse, Cíxǐ était une très belle femme que tout homme de bon aloi aurait aimé prendre pour compagne.

 

 

 

yang-fengyin-233x300

Yang Fengyin

Yan Fengying (1930-1968)

Elle est remarquable dans l’opéra de Huangmei, d’une beauté captivante.

Je l’ai adorée dans le chef d’œuvre « The Cowherd and The Girl Weaver » où elle suspend sa voix presque vers l’infini.

Elle est morte lorsque la vie tout juste s’emballe, à 38 ans, le plus bel âge pour une femme.

 

 

 

 

yang-likun1-236x300

Yang Likun

 

Yang Likun (1941-2000)

Danseuse et chanteuse, en son temps, on la surnommait la Judy Garland chinoise.

Membre de l’ethnie Yi, elle est la neuvième d’une fratrie de onze enfants, ce qui lui vaut le surnom de « Xiaojiuer ».

Elle a joué dans de deux célèbres comédies musicales avant d’être totalement détruite par la révolution culturelle.

Laminée à tel point qu’elle ne reviendra plus jamais sur scène.

Pour ces deux raisons, je l’adore plus que tout – son talent comme son courage – et je me rends souvent sur sa tombe à Shanghai.

 

zhangzhixin-300x179

Zhang Zhixin

Zhang Zhixin (1930-1975)

Mère courage

Si elle avait été Française, elle aurait été Jeanne d’Arc.

Vraie marxiste mais dissidente dans les années sombres de la révolution culturelle, elle a condamné sans relâche l’idolâtrie maoïste, la dérive d’un potentat.

Pour avoir exprimé librement son opinion, elle a été emprisonnée pendant 6 ans (1969 à 1975), torturée, puis exécutée par décapitation.

Comment la Chine pourra-t-elle se remettre d’une telle honte ?

Comme ma tante Edith de la Chevalerie, c’est une femme exemplaire digne de toutes les louanges, un exemple.

pan-hong1-237x300

Pan Hong

Pan Hong (1954)

Toute la force de cette femme repose sur un effroyable souvenir qui la tient jusqu’à ce jour.

Le suicide de son père, honni, écrasé, laminé par de lamentables gardes rouge durant la révolution culturelle.

Du coup, chez elle, l’essentiel, c’est de vivre par dessus tout, droit dans ses bottes.

Merveilleuse actrice, je l’ai rencontrée plusieurs fois en sa qualité de vice présidente de l’association du Cinéma Chinois.

Chaque fois, elle ouvre le bal sur ce bon mot, « Tant qu’il y a de vie, il y a de l’espoir (Dum vita est, spes est). »

 

gong_li_004-200x300

Gong Li

Gong Li (1965)

Sa renommée est un sacré piège car on la figure distante, accompagnée d’une ruée d’agents, de la morgue au visage, trainant autoritairement sa gracieuse silhouette dans les Palais Romains.

Nullement, Gong Li est une femme qui adore la simplicité et l’inattendu.

La voilà en scooter à Paris arrimée à un inconnu, un sans grade, cette fois pris au piège d’un délicieux rêve, l’amour.

Quelle merveilleuse aventure que celle de rompre les amarres et de regarder sur la butte Montmartre le lever du Soleil cette fois bien et tendrement accompagné !

 

 

zhang-ziyi-41-300x225

Zhang Ziyi

Zhāng Zǐ(1979)

Malgré sa renommée sulfureuse, c’est une femme ravissante.

Trop sur les devants de la scène, elle est honnie par une partie de la Chine.

A son encontre mille soupçons.

A mon avis, elle sera pleinement heureuse lorsqu’elle donnera à sa vie un élan romantique.

Un français aimable et élégant, fin connaisseur des usages et des Lettres chinoises, pourrait volontiers y répondre et répandre chez elle l’idée du bonheur.

Avec en partage ce slogan : Omnia vincit amor (L’amour triomphe de tout).

 

faye3

Wanf Fei

Wáng Fēi (1969)

Chanteuse

D’abord, une inquiétude.

Elle fait la une de Time Magazine.

Aurait-elle la grosse tête, enflée à jamais ?

Agréable objet à l’usage des médias occidentaux à la recherche d’une icône chinoise bon teint, plutôt jolie, prêtant sa voix sensuelle à de belles chansons.

Je la croise, l’interroge.

Elle retient ses larmes.

Une chanson file entre ses lèvres.

Elle raconte la naissance de sa fille.

- Comme le temps avance inexorablement, je ne verrai plus la lumière dans 50 ans mais ma fille sera toujours de ce monde, portant la mémoire de sa maman.

Je la taquine alors.

- La présence sur Terre le temps d’une vie, est-ce bien utile ? N’avons nous pas mieux à faire en restant dans l’au-delà ? Que d’infortune pour une musique connue, celle d’une mort annoncée ?

Elle porte alors son regard sur une affiche qui domine son appartement.

Des enfants à l’air hagard, le visage en sang, sous les décombres d’une maison.

Le souvenir de l’effrayant tremblement de terre du Sichuan (2008).

- J’ai chanté pour eux. Lorsque j’ai vu sur leur visage glisser un sourire, je me suis dis que mon existence avait un sens.

miss_world_41-199x300

Zhan Zhilin

Zhang Zilin (1984)

Mannequin

Certains s’amusent à taquiner ce qu’ils nomment peu élégamment Madame l’échalas.

C’est vrai que du haut de sa grande taille (1,82m), augmentée par des escarpins à la courbe vertigineuse, Zilin domine le monde, souvent des nabots qui la mitraillent de photos.

Miss World 1987, elle pourrait en tirer quelque arrogance.

- Nullement, seule m’importe l’idée de bonheur ! s’exclame-t-elle avec vigueur.

Je l’interroge alors.

- Le bonheur étant si rare, comment s’y prendre pour le retenir à soi, le répandre ensuite ?

Elle sourit avec un tel ravissement, une telle assurance, le regard chaleureux, que son idée du bonheur se propage naturellement dans les âmes.

maggie-cheung-225x300

Maggie Cheung

Maggie Cheung Man-yuk (1964)

Miss Hongkong en 1983, tout le monde déjà chérissait son regard, la beauté de ses traits, cette douce légèreté.

Voilà qu’elle accomplit son destin dans l’un des plus beaux film chinois, Huāyàng niánhuá (in the mood for love) incarnant Madame Chan, tellement esseulée qu’elle s’éprend d’un autre solitaire.

Nait alors l’un des plus beaux couples du cinéma.

Silence, nous devons faire silence devant tant de sincérité, de discrétion.

 

 

 

 

14-212x300

Michelle Yeoh

Michelle Yeoh Choo-Kheng (1963)

Malaisienne, Michelle Yeoh est une chinoise de l’extérieur, libre dans sa tête, dans ses opinions.

En raison d’un accident vertébral, frustrée de ne pas pouvoir entamer une carrière de ballerine, Michèle supplante toutes ses pairs en devenant Miss Malaisie en 1983.

Sa beauté fait mouche auprès d’un millionnaire hongkongais avec lequel elle se marie et qui la mènera au premier rang du box office chinois.

Sportive, elle assure elle même des scènes d’acrobatie, des sauts périlleux dans l’inconnu, parfois vers l’amour.

Elle interprète la moins connue des sœurs Soong, Ai-ling Madame Kung, plus riche que les deux autres réunis, en posant un regard circonspect sur une chine par trop troublée.

A 50 ans elle devient la Lady, Aung San Suu Kyi.

Corps frêle, elle bataille contre les généraux, vouant à la vie un amour par dessus tout.

 

600full-jane-zhang-200x300

Jane Zhang

Jane Zhang (1984)

Lorsque je l’ai vue chanter pour la première fois Huà Xīn (畫心; Painted Heart) musique tirée du film Painted Skin (畫皮), j’ai été saisi par le timbre de sa voix s’en allant sans hésitation vers de belles hauteurs.

Lorsque je l’ai revue envelopper sur des notes longues la fresque musicale de Kitaro “Impressions Of The West Lake », je l’ai admirée, applaudissant à tout rompre, lançant sans compter des « Bravo ! ».

Tout comme je me laissais alors surprendre par son regard où se mêlent tristesse et mélancolie.

Sans doute Jane portera-t-elle longtemps sur son visage la douleur du divorce chahuté de ses parents alors qu’elle avait tout juste 13 ans.

Peut être est-ce cette souffrance la raison d’une force inébranlable qui lui a fait gravir tous les échelons : première place dans la compétition la plus courue en Chine devant plus de 400 millions de téléspectateurs (super girl), devenant l’invitée vedette du Oprah Winfrey » talk show, côtoyant même les Pink floyd.

Dieu sait où les vents l’emporteront !

22833_120816155511_3-248x300

Dong Siyang

Dong Siyang (1988)

Dong Siyang est jeune, la plus jeune du lot.

La plus belle aussi, comme elle se réclame.

A 21 ans, elle est déjà Présidente Directeur général d’une société de média établie à Hongkong.

Surnommée la beauty CEO, elle se laisse tellement surprendre par une gloire acquise si tôt qu’elle écrit à 23 ans propre biographie « 21-year-old woman president ».

- Je me trouvais vieille, me confie-t-elle, il fallait que je fasse le point en retraçant ma vie

Bien qu’elle s’ajoute des titres usurpés, le livre est un best seller.

De Shenzhen à Dalian, des jeunes femmes chinoises se l’arrachent, certaines bien plus âgées que Dong Siyang.

Toutes rêvent de gloire et de passion.

Ou du besoin naturel d’être aimé par un homme ou par ses pairs.

20071016143944f4e3c-265x300

Yang Lan

Yang Lan (1968)

Un tantinet taquine, chahutant surtout les hommes, Yang Lan se vante d’être la Oprah Winfrey chinoise.

Bill Clinton et Henry Kissinger en ont fait les frais ne sachant plus comment répondre.

Lorsque je l’ai aperçue pour la première fois bataillant l’argument, je l’ai trouvé séduisante mais aussi franchement autoritaire.

Elle s’en est expliquée en m’assurant que pour réaliser ses ambitions, il lui fallait une poigne masculine.

La voilà donc une décennie après, Présidente de la société Sun Television Cybernetworks établie à Shanghai et l’une des femmes les plus riches de Chine.

Son rêve étant accompli, je l’ai de nouveau interrogée.

- Me voilà mieux, je suis redevenue entièrement femme !

jiang_qing_1930s-248x300

Jiang Qing

Jiang Qing (1914-1991)

Je suis sans doute le seul homme sur la planète à être tombé amoureux de celle qui fut la quatrième et dernière épouse de Mao Zedong.

Femme de caractère, longtemps détestée en Chine, aujourd’hui presque totalement oubliée, je me lui laissé emporté dans mes rêves par une photo d’elle s’en allant tout juste dans sa vingtième année.

- Comment peut on aimer un monstre ? demande un ami.

- En arrêtant sine die le fil des années !

Nous voilà en 1934, cette belle fleur croisant mon chemin, je l’aurais alors conviée à une bien meilleure partition que celle qui la conduite dans l’arène détestable du pouvoir et d’un prince rouge légendaire.

yang_kaihui

Yang Kaihui

Yang Kaihui (1901-1930)

La première épouse de Mao mérite les honneurs.

Nullement parce qu’elle est entrée en l’année 1919 dans la vie du grand Timonier mais parce que ce dernier, un saint homme, n’a nullement remué ciel et terrain pour lui éviter une exécution sommaire par le Guomindang en 1930 à Changsha (Hunan)

Du coup, Yang Kaihui, femme simple et au bon cœur, mère attentive de trois enfants est durablement aimée par le peuple chinois.

Comme par moi même croyant naïvement que les belles âmes portent le meilleur témoignage de la beauté du monde.

 

 

article-0-12a68d0e000005dc-908_306x4231-217x300

Gu Kailai

Gu Kailai 谷开来 (1958)

Politique, femme d’affaires chinoise

En 2000, un ami m’appelle, la voix fiévreuse.

- je sais qu’elle est la Jackie Kennedy Chinoise !

Il s’épuise alors dans une salve d’épithètes tout à l’honneur de Gu Kailai.

Puis il me convie à Dalian.

Je suis aussitôt ébloui par une silhouette gracieuse, le tailleur moulant, un foulard de soie glissant légèrement sur la nuque.

Une gestuelle sobre, jamais de mouvements brusques, une sorte de discipline.

Une belle dame que j’aurais plutôt dénommé la future Madame Tchang Kaï-Chek.

Patatras !

Le goût du pouvoir est une chose inique.

En 2012, Gu Kailai est condamnée à mort avec une peine suspensive pour avoir fait assassiné un anglais.

Figée, sans réaction, au Tribunal, elle est alors insensible à son sort, la mort ayant peut être déjà pris pleinement possession de son âme.

Cependant, dans la déchéance, elle est toujours belle et élégante, portant dans son âme un irrésistible parfum de Madame Tchang Kaï-Chek et de Jackie Kennedy.

118986_248332-213x300

Lin Chiling

Lin Chi-ling 林志玲

Mannequin

Lorsque je l’ai rencontrée la première fois, son visage était sévère, comme intraitable.

Jonglant avec les contrats publicitaires, Chiling Lin n’avait alors aucune inclination à offrir au tout venant un sourire fut-il pâle.

Dans son sillage, son agent publicitaire m’avertissait.

« Au prix coutant de plusieurs dizaines de milliers de dollars, chaque seconde valant son or, vous serez vite ruiné. »

Longtemps après, je l’ai croisée.

Elle venait d’être exclue d’une superproduction.

La larme à l’œil, elle m’aperçut dans un coin d’ombre.

Cherchant à chasser ce désordre, elle laissa filer un sourire sincère sur son visage cependant défait.

Je lui ai alors dit :

- Lacrimis struit insidias cum femina plorat (Lorsque la femme pleure, elle tend un piège avec ses larmes, Dionysius Cato)

- Non ! a-t-elle répondu, je pleure avec mon cœurs, je souris avec mon cœur.

Yuan Quan (1977)

Actrice

Comme j’ai beaucoup aimée dans le film The Last Tycoon (2012 film) de Wong Jing où elle s’imposait, toute flamme tout feu, dans le rôle de la redoutable patronne de la triade de Shanghai dans les années 30, je lui ai écrit pour la féliciter.

Elle m’a répondu, le ton de la voix inquiet.

- Penses tu que je puisse en retirer une bonne réputation ?

loujing047-152x300

Lou Jing

Lóu Jìng 娄婧

Chanteuse

« Je suis chinoise », s’exclame Lóu Jìng.

« De toute mon âme », ajoute-t-elle, la voix légèrement chahutée par l’émotion.

Shanghaienne, Lóu Jìng fait souche sur Terre voici une vingtaine d’année, le visage empreint des belles couleurs de son père, homme noir d’Amérique et de sa mère, chinoise.

En 2009, participant à une émission de variété, Lóu Jìng devient brutalement célèbre.

De nombreuses voix s’étonnent alors que ce beau visage puisse être chinois, arrimé à une civilisation cinq fois millénaires.

Vaguent des mots peu élégants.

Du bruit venant souvent des mâles, la tête envahi par leurs démons.

Au lieu de batailler contre l’absurde, Lóu Jìng rétorque simplement :

« J’ai été élevée en Chine ».

Originaires du Henan ou de l’Anhui, ses amis s’appellent Li, Liu, Wang, Yang et Zhang, Lin.

« Je remercie mes parents de m’avoir donné la vie. » ajoute-t-elle, son visage composant avec un beau sourire.

L’on songe en silence a l’avenir.

Dans quarante ou cinquante ans, son fils ou sa fille deviendra peut être le porte drapeau, la figure de la Chine d’alors

Homme ou femme de ce monde.

537aa0c0jw1drkkavrqmdj-225x300

Hou Yu

Hou Yu

Chanteuse

La voix s’élève vers de belles hauteurs, s’élance plus encore vers un horizon lointain.

Loin dans le ciel, survolant son ombre.

Soudain, Hou Yu suspend son envol.

La voix se rétablit vers des notes légères,

Bientôt un calme, comme une attente.

Sera-t-elle l’épouse de l’empereur ?

La concubine au cœur chaud, l’aimant jusqu’à l’infini.

Embastillée dans des étoffes, le visage de Hou Yu est blême.

Glisse une larme sur ce visage bien fait.

Elle s’aime tour à tour dans les rôles de Dan, de Quingyi ou de Wudan.

Elle souffre aussi, la carapace l’accable, le masque l’étouffe.

Telle une concubine déchue, l’âme en peine.

Voilà le public du Guójiā dà jùyuàn (國家大劇院) l’applaudissant à tout rompre.

Hou Yu est une valeur sûre de l’opera de Pekin (Jīngjù).

Je la félicite alors, me laissant porter, l’enveloppant de mes bras.

- Je trouve le public de Tianjin plus chaleureux, se lâchant dans le bonheur, murmure-t-elle.

Je la tiens plus près de mon cœur.

- Oui, l’homme Tianjinois est le plus chaleureux du monde.

tuan-yuan-238x300

Tian Yuan

Tián Yuán 田原 (1985)

Ecrivain

C’était un soir de décembre, la température avoisinait mois dix degrés,

Un ami m’avait invité à la célébration de ses vingt ans de vie d’artiste.

Dans des pièces enfumées, pétries d’odeurs d’alcool de riz, il m’a aussitôt indiqué la bonne porte.

- Viens par là que je te présente, Tián Yuán, je ne sais comment la présenter mais ce qui est sûr, c’est qu’elle est dotée de tous les talents. Elle fut la Reine du Trihop chinois mais elle est encore actrice, scénariste.

Visage discret aux lignes parfaites, une voix douce, Tián Yuán me raconte si bien, si honnêtement, si précisément, son roman, Zebra Woods que je la serre dans mes bras.

Elle s’en étonne à peine, me demande si j’ai vu son premier film, Butterfly.

Je suis honteux, très honteux, les bras pendants

Elle s’éloigne alors.

Le lendemain même, je visionne Butterfly pour lequel elle a reçu un prix.

Elle n’avait alors que 19 ans.

Une adresse exceptionnelle pour celle qui entend bientôt réaliser son premier film, cousu d’or celui là.

00142247507407eab11610-217x300

Wei Wei

Wei Wei 韦唯 (1963)

Chanteuse

Il est toujours dangereux de se frotter avec une icône nationale, une Madame aux mille chansons dont le si beau Today is Your Birthday utilisé comme thème de la fête nationale chinoise.

Lorsque je la rencontre à Hohhot, en Mongolie intérieure, ville de sa naissance, je cherche mes mots, la voix légèrement tremblante.

Elle me rassure par un sourire puis elle m’interroge :

- Ai je le droit de dire la vérité ?

J’acquiesce favorablement.

- Je suis heureuse d’être chinoise comme je suis fière de mon pays, de mon peuple, de mes ancêtres et de tous ceux qui me succéderont sur une Terre que j’aime tant.

16580

Mian Mian

Mián Mián 棉棉

Ecrivain

Dure a été la lecture des Bonbons chinois où Mián Mián raconte l’univers glauque de la drogue et du besoin frénétique du sexe de la jeunesse underground de Pékin.

Je suis parfois aveugle, loin de penser que la jeunesse chinoise puisse être à ce point sur la dérive, voguant vers la déchéance.

La raideur des romans Mián Mián détonne dans univers littéraire chinois plutôt lisse, glissant doucement.

D’ailleurs, la plupart sont censurés.

Du coup, je l’ai interrogée.

« Mes romans me permettent de survivre dans un monde de brutes, dans cette Chine dont on parle de la puissance restaurée mais qui n’est qu’un amalgame d’intérêts individuels, une machine où l’homme compte à peine.

Alors dans ces conditions, comment survivre ?

Se perdre dans la drogue et le sexe ?

Ou se perdre dans l’écriture. »

auth_wei_hui

Wei Hui

Zhou Weihui 周衛慧

Ecrivain

Comme j’avais beaucoup aimé son roman, Shanghai Baby (上海宝贝), je suis allé à sa rencontre pour la féliciter.

Je voulais le dire a quel point j’appréciais le personnages de Coco lequel à travers son comportement et sa famille illustre parfaitement les contradictions de la chine contemporaine.

Mélange de sexe, de drogue au risque d’un monde interlope.

“ Vous savez, m’a t-elle dit, j’ai eu beaucoup d’ennui avec ce livre. Beaucoup d’exemplaires sont partis en fumée. Mais, comme il est toujours possible de renaitre de ses cendres, j’ai récidivé et je récidiverai toujours et inlassablement.

Telle une pluie ne s’interrompant jamais. »

Le soir même, j’ai poursuivis la lecture Wo de Shan (我的禅) plus doux tout de même que le précédent.

5600133-peng-liyuan-11-297x342-263x300

Peng Linyuan

Peng Liyuan 彭丽媛

Chanteuse

Depuis toujours, j’aime intensément cette merveilleuse chanson « Sur les plaines de l’espoir » où bat le cœur de la chine ancestrale, les souffrances et joies d’un grand peuple.

Humble spectateur du gala annuel de la CCTV à l’occasion du nouvel an chinois, j’ai été transporté par une voix merveilleuse.

Le corps tremblant, terriblement ému, je regardais cette belle femme qui avait si bien entonné l’air que j’aime tant.

Laissant glisser un sourire sur son visage, elle remercia ensuite le public de sa voix douce.

Et tous ceux qui comme moi, depuis Tianjin ou les provinces les plus reculées de la Chine, avaient gouté avec plaisir au spectacle.

- Merci Madame, murmurais-je alors.

Madame, la première de Dame de Chine.

img278674436-203x300

San Mao

Sanmao 三毛 (1943 – 1991)

Ecrivain

C’est sans doute l’un de mes plus grands bonheurs de lecture de la littérature chinoise contemporaine.

J’ai adoré les chroniques du Sahara (Sāhālā de gùshi) où elle raconte ses 13 années de vie dans le désert, suivant les traces du père de Foucault.

C’est un monument de poésie et de rêves, bien avant que cette terre “miraculeuse” soit envahie par des bandes barbares.

Du coup, emporté par ses rêves, j’ai lu la biographie qui lui est consacrée Sanmao de meng yu renshen (Le Rêve et l’existence de Sanmao).

Puis le rêve, un effroyable jour de l’année 1991, s’est fait triste.

San Mao a été découverte morte, suicidée et assassinée.

Je suis aller prier pour cette femme qui m’a tant donnée sur le temple taôiste du mont Heng Shan (衡山), recevant une partie de ses rêves.

20094159165283560-185x300

Fan Binbing

Fan Bingbing 范冰冰 (1981)

Actrice

Fraiche et généreuse, telle est Fan Bingbing alias Jin Suo, allant et venant élégamment, dans le film Taiwanais Princess Pearl (1997).

Certains se demandaient alors comment cette toute jeune femme, âgée seulement de 17 ans, se muerait dans le monde âpre et violent du cinéma.

L’ayant approché à cette époque, je l’interroge sur ses rêves.

Elle en rit, se laissant aller à une réponse audacieuse.

- Comme le temps venant mais toujours au delà de mes espérances.

Voilà qu’elle devient dans la décennie suivante l’égérie de marques commerciales de renommée, au million de yuan la prestation.

Elle crée en 2007 son propre studio, le Fan Bingbing Studio (范冰冰 工作室 , Pinyin : fàn bīng bīng gōngzuòshì) et multiplie les productions.

Je la vois encore dans les films Shaolin et Buddha Mountain.

Au delà de mes espérances, disait elle.

Je la retrouve alors autour d’un dangereux élixir, un mélange hasardeux de vodka et de tequila.

Alors que je souhaite la questionner sur l’air du temps comme du plaisir de vivre, elle m’interrompt.

- Je n’ai toujours pas atteint mes espérances.

- Fan Ye (son surnom), lui dis-je, on vous accable de nombreux talents mais celui qui l’emporte, c’est votre incroyable détermination.

- Bravo, Madame ! conclus-je en Français.

jinxing2-225x300

Jin Xing

Jin Xing 金星

Chroregraphe

Issue de la minorité coréenne, Jin Xing cultive les particularismes les plus audacieux.

Valeur mâle, valeur femelle, Jin Xing est passé(e) de l’un à l’autre, d’un coup d’aile.

Sans trop d’éclat, devenant l’une des meilleures danseuses et chorégraphes de Chine.

Colonel de l’armée populaire (Zhōngguó Rénmín Jiěfàngjūn), elle vit à Shanghai dont elle dit :

- Shanghai une ville complètement femelle. La ville des femmes alors que Pékin est la ville des hommes.

Elle ajoute dans un murmure :

- Ma vie est fantasque, heureuse vie d’entre les vies de ce monde !

coco-lee-5-211x300

Coco Lee

Coco Lee 李玟 1975

Chanteuse

Sa belle silhouette évoluant sur de nombreuses scènes, sa vie est une suite presque ininterrompue de disques accumulant prix et honneurs.

La voix jonglant aussi élégamment entre le mandarin et l’anglais, cette hongkongaise de naissance ayant vécu très tôt aux Etats Unis incarne parfaitement le soft power chinois, ce moyen pour la chine d’étendre délicatement, sans coup férir son influence sur le monde.

Cependant, au milieu de sa remarquable réussite, Coco a le cœur généreux, la larme à l’œil, laissant filer document sa voix pour soutenir les malades du SRAS ou du Sida, pansant la misère.

 

zhou-xun-280x300

zhou xun

Zhou Xun 周迅 1974

Actrice

J’ai adoré, mille fois adoré, le film Dai Sijie 巴尔扎克与小裁缝 Balzac et la Petite Tailleuse Chinoise.

Pourtant, je ne comprenais rien au dialecte abscons que l’on parle dans le Sichuan.

Cependant, je m’accrochais à la parfaite diction de Zhou Xun.

Je l’ai aussitôt aimée comme on aime le soleil, la vie.

Tel un pèlerin, sur son chemin de grâce, je suis alors allé à sa rencontre

Elle venait de terminer lǐ mǐ de cāi xiǎng, The Equation of Love and Death (李米的猜想).

- Vous semblez venir tout droit d’un rêve !

D’une main fragile, elle a dessiné un cercle.

Apres l’avoir traversé en son milieu, sa main s’est dirigée vers le ciel.

Elle m’a alors dit d’une voix douce légèrement chahutée par l’émotion.

- Vous voyez d’où je viens, vous voyez où je vais !

3651854_100523434714_2-200x300

Jingchu

Zhang Jingchu (張靜初) 1980

Actrice

Pourquoi diable a-t-elle changé de prénom ?

- Jing, ceint en or, n’est ce pas le plus merveilleux des prénoms ? interroge-je.

- Jingchu, c’est le mien dorénavant, ceint en or, en argent, en bronze.

Diplômée de la fabuleuse Central Academy of Drama de Beijing, (Zhōngyāng Xìjù Xuéyuàn), Jingchu enchaine les rôles.

Inquiète, l’âme en peine, luttant contre des hommes, des lâches.

Belle toujours.

Bientôt elle est portée aux nu par Time magazine, belle Asia’s Heroes de notre temps.

Je l’interroge encore :

- Est ce de trop tout cela lorsqu’on se meut encore dans la jeunesse ?

Se dresse un sourire sur son visage.

- Je me souviens de mon premier cours de diction, me dit-elle. Ces mots…

Je reconnais la trace de mes premiers feux

(Agnosco veteris vestigia flammæ, Virgile, l’Énéide)

De mes feux mal éteints j’ai reconnu la trace

(Racine, Andromaque)

yang-liping-244x300

Yang Liping

YANG Liping 杨丽萍

Quelle drôle d’aventure, la vie !

La première fois, j’allais à reculons voir sa chorégraphie « Dynamic Yunnan ». Tout grognon, soupirant d’ennui.

Divine surprise ! Rarement ai je été autant bousculé dans ma vie !

Le rideau tombant, j’applaudissais à tout rompre l’épopée des 26 tribus du Yunnan.

Le lendemain, reprenant mes quartiers dans la même salle de spectacle, je l’applaudissais plus encore

Ce soir là,  je me faufilais dans les coulisses.

Je la retrouvais méditant devant un the Jasmin.

- Puis je vous connaitre ? Demandais-je dans un sursaut.

- Serait ce trop tôt ou trop tard ? Je n’ai plus l’âge à me faire fêter mais j’ai l’âge de comprendre.

Je lui ai dit tout ce que je savais sur les entrailles du Yunnan, un bataillon de mots.

- Le brouillard est parfois intense à Xishuangbanna, l’on ne voit pas l’on devine seulement.

 

shu-qi-07-217x300

Shu Qi

Shu qi 舒淇

Actrice

Pour accéder à la notoriété, un choix douloureux s’impose à toute jeune ambitieuse, originaire de Taiwan, sans nom, sans relation.

Quelque temps durant, il faut prêter son corps, se mettre dans l’ambiance.

Aussitôt dans les rangs, Shu Qi fait merveille dans « Love is not a Game, But a Joke ».

Plus tard, je la retrouve dans « Millennium Mambo » et « Three Time »s où elle excelle.

Un dimanche matin, je la rejoins sur l’Avenue of Stars (星光大道) dans le quartier de Tsim Sha Tsui à Hong Kong.

Sortant d’un festival de cinéma dédié aux stars hollywoodiens des années trente, avant que je ne l’interroge, elle s’exclame :

- Made it, Ma ! Top of the world !

Je suis laissé sans réponse, médusé.

- James Cagney, White Heat !

 

sylvie-300x237

Sylvie Lin Jing

Sylvie Lin Jing

Ecrivain

Sylvie Lin Jing, son monde entre cinq paradoxes.

Femme lettrée, dotée d’une forte sensibilité, elle nourrit l’espoir d’une existence banale et confortable, à l’ombre d’un mari quelconque, une vie sans âme.

L’esprit romantique, souvent la larme à l’œil, elle s’abime dans de sombres colères sans issue.

Femme d’une impeccable honnêteté, se gonflant parfois de mots à l’emporte pièce, elle pousse trop loin ses choix radicaux.

Le verbe talentueux, elle refuse de s’en saisir, écrit peu ou rien, sommeillant à l’ombre des grands écrivains.

Comblé par l’anonymat, elle ne veut pas entendre parler d’elle, s’aimant peut être trop peu pour être la plus belle.

L’âge venant, tout cela confondu, disséqué, broyé et laminé, donne un merveilleux roman, « Meredith, my Uncreated 2050 Chinese girl ».

gigi-leung-11-263x300

Gigi Leung

Gigi Leung 梁詠琪

Chanteuse

Quelle audace pour une totale de l’inconnue de se lancer dans l’arène violent du show biz avec un album au titre si narcissique sur Love Myself (1996) 愛自己 ?

Elle assume élégamment cette impertinence.

- Comment ne pourrais pas m’aimer ? N’est ce pas mie vie que je porte dans mon corps. Si je ne m’aimais pas ou en serais-je aujourd’hui, Meurtrie, dans le sang ?

Défense imparable dont elle titre un beau sourire.

La voilà s’exposant dans vingt films, enchainant les albums, cette grande fille s’offre tous les genres.

Je l’arrête sur son chemin.

- Attention, Gigi ! Tu souffres d’un asthme chronique. Je ne souhaite pas que tu sois emportée par le même sort que celui qui a arraché à la vie mon adorée Dèng Lìjūn.

Gigi regarde alors vers le ciel.

- Quand le moment sera venu, je me laisserai emporter, doucement, sans hâte.

 

Publié dans Les plus belles femmes chinoises de tous les temps | Pas de Commentaires »

La toile de fond de la prestation de Dominique Strauss-Kahn en Chine, à Pékin

Posté par ITgium le 25 décembre 2011

J’ai assisté le 19 décembre à la prestation de Dominique Strauss-Khan lors de la conférence organisée par le groupe NetEase, l’un des géants de l’Internet et du jeu vidéo en ligne chinois.

Souvent vanté pour ses compétences économiques, son argumentaire était par trop prosaïque, une suite de poncifs. Un discours de facture médiocre, souvent alambiqué. Aucune vraie considération pour les intérêts de la France.

Toutefois c’est surtout la toile de fond de cette prestation qui mérite attention.

La société invitante, le groupe NetEase, est connue pour respecter à la lettre le filtrage et le contrôle des informations sur internet. Propriétaire du site 163.com, riche en millions d’adresses répertoriés, cette entreprise a souscrit au récent protocole réclamé par l’Etat Chinois concernant le renforcement du contrôle sur les messageries.

Nullement Dominique Strauss-Khan n’a t-il évoqué ce contexte pour le moins curieux. De surcroît, nullement n’a t-il chahuté la position chinoise ?

Par l’écho qu’elle pouvait leur apporter, l’invitation de D. Strauss Khan à cette conférence a partie liée au souhait des dirigeants du groupe NetEase de renforcer la valeur de capitalisation de leur société au New York Stock Exchange, celle-ci étant peu ou prou évaluée à hauteur de 6 milliards de dollars.

A toutes fins utiles, il importe de rappeler que cette entreprise comme également Youku, autre géant de l’internet, toutes deux ont connu une percée exceptionnelle en Chine pour trois raisons principales : autorisations facilitées au motif d’un contrôle de l’information, absence de concurrence (les sites sociaux occidentaux tels Youtube et Facebook, Daily Motion sont inaccessibles en Chine) et pillage en règle des droits d’auteur.

Alors que les méthodes du groupe chinois connaitraient en Europe un traitement judiciaire, ces entreprises ont reçu sans problème le quitus pour leur entrée au New York Stock Exchange grâce à l’activisme, notamment, de Banques d’affaires et ce, en contrepartie de commissions exorbitantes.

L’opération est rentable car, par exemple, Youku a été valorisée à hauteur de 3,3 milliards de dollars le jour même de son entrée en bourse.

Pâle instrument d’une stratégie financière bien huilée, Dominique Strauss Khan n’aurait-il pas reçu un défraiement significatif en rapport avec sa prestation ?

Une question se pose.

Sont-ce ces mêmes banques d’affaires qui lui auraient suggéré de se rendre en Chine afin de leur prêter main forte et ce, dans l’intérêt bien compris du groupe Chinois ?

In fine, NetEase est une entreprise modèle du capitalisme financier agissant par delà les règles et passant outre le respect des droits d’auteur tout en étant servile à l’endroit de son gouvernement.

Publié dans DSK à Pékin | Pas de Commentaires »

Seisme Tianjin

Posté par ITgium le 2 avril 2011

QUELS SONT LES RISQUES D’UN TREMBLEMENT DE TERRE A TIANJIN ?

Tianjin se trouve dans une plaine à l’embouchure du Hai He et à l’extrémité nord du Grand Canal de Chine, qui relie le Fleuve jaune 黃河 et le Yangtze .

A Tianjin, la possibilité de la survenance d’un tremblement de terre existe de manière précise. L’hypothèse d’une cassure terrestre n’est pas à exclure.

En cause, la structure géologique de la Chine marquée par une forte instabilité. Associée à la plaque eurasienne, la plaque du Chang Jiang (Yang-tsé-Kiang ou le fleuve bleu) est appelée a bousculer sévèrement le nord du pays, entre autres, les municipalités de Beijing et Tianjin, très densément peuplés.

Le risque pour Tianjin est donc celui d’un séisme d’origine tectonique lequel est le plus fréquent et dévastateur.

Le précédent de Tangshan

Le 28 juillet 1976 à 3 h 52 du matin, la ville de Tangshan à 120 km au nord de Tianjin a été le théâtre d’un séisme terriblement meurtrier. Situé dans la province du Hebei, Tangshan comptait alors environ un million d’habitants.

Selon les chiffres officiels, le bilan du tremblement de terre, l’un des plus meurtriers de l’histoire, fut de 242 419 morts. Cependant certaines sources en totalisent deux fois plus. 

Le tremblement de terre fit également de nombreuses victimes à Tianjin, près de 20 000 personnes. Un monument sur l’avenue Nanjing Lu (Tianjin) a été érigé en leur souvenir.

Certitude imparable

 S’il est impossible de prédire avec exactitude la date de la survenance d’un nouvel épisode sismique, il s’agit d’une certitude imparable.

Malgré cette perspective, l’invraisemblable croissance de la région légitime l’existence d’un doute sur la réelle volonté des autorités de tenir compte de cette donnée incontournable.

Car, en dépit d’un terrain fragile et marécageux, la région connaît une croissance rapide rythmée autour d’une industrialisation et d’un développement urbanistique effréné.

Un terrain plat, fragile et marécageux

La majorité de la superficie de la Municipalité de Tianjin se situe à seulement 4 mètres de hauteur du niveau de la mer.

A l’exception d’une partie vallonnée et montagneuse au nord (district de Jixian), la partie plate du territoire de Tianjin rassemble la majorité de la population, soit près de 11 millions d’habitants.

Sur la zone côtière, le district Bīnhǎi Xīn Qū offre un niveau d’élévation rarement au delà des deux mètres. L’essentiel de ce territoire est constitué d’anciens marécages lequel compte aussi avec une forte charge sédimentaire.

Une charge urbanistique insoutenable

Malgré cela, Tianjin fait l’objet d’un développement impressionnant. En 2010, le taux de croissance approchait les 15 % avec une pointe de 20 % pour le Bīnhǎi Xīn Qū.

Cette situation est liée à la décision prise par le gouvernement chinois, en 2006, de faire du Bīnhǎi Xīn Qū une zone de développement phare de la Chine après celles réalisées successivement à Pudong et à Shenzhen.

Selon cette perspective, le district qui englobe la ville de Tanggu, en bordure de mer, est appelée à abriter 2 millions de personnes dès 2020 alors qu’il compte déjà 800 000 habitants.

Dès lors le paysage urbanistique devient presque délirant avec un nombre toujours plus accru de quartier rassemblant des carrés de barres d’immeubles de trente à quarante étages. Outre la laideur des édifices, il convient de s’interroger des conséquences d’une telle densité sur un terrain par trop fragile.

La masse de béton exerce une pression sur le sol. A plusieurs endroits, de légers glissements de terrain ont été observés.

Forte densité industrielle

Depuis trois décennies, notamment, avec l’aménagement du parc industriel de TEDA, Tianjin affirme une forte vocation industrielle.

Une politique d’accueil très dynamique couplée avec la disponibilité en terrain explique le succès cette opération. De nombreuses entreprises internationales se sont installées à Tianjin.

A cela s’est ajoutée, depuis 5 ans, la relocalisation ou la migration d’industries polluantes de Pékin vers Tianjin. Certes cela renforce le potentiel industriel de la zone mais là encore, il ne tient pas compte de la fragilité des sols.

Bien que cette situation soit avérée, en toile de fond de l’absence d’une prise en compte de ce problème, le dogme de la croissance de la production à tout prix. Cette orientation ne permet une véritable réflexion sur les conséquences supposées d’un tremblement de terre de grande ampleur.

Tsunami à Tianjin

Si donc, les eaux du Bohai étaient le théâtre d’un tremblement de terre d’une certaine ampleur, les ondes sismiques pourraient dégager une déferlante jusqu’à Tianjin.

Selon les données du Bureau météorologique de Tianjin (Tianjin Meteorological Bureau), la mer de Bohai, présentant une profondeur de seulement 25 mètres en moyenne, serait peu propice à la survenance d’un tsunami.

Cette position « par trop arrêtée » est contestable dans la mesure ou l’épicentre pourrait avoir lieu directement dans la mer de Bohai.

De surcroit, le district maritime de Tianjin ne dispose pas de protection naturelle pas davantage de digues ou de barrage adaptée pour contrecarrer d’éventuels effets dévastateurs.

Des conséquences d’un tremblement de terre

Dans l’hypothèse d’un épicentre proche de la Ville de Tianjin, les conséquences seraient alors très importantes.

Outre le tremblement de terre, il faudra probablement compter avec la survenance d’un tsunami dont les effets seraient peu ou prou insurmontables.

Compte tenu de la géographie locale avec un niveau d’élévation des terres seulement de 4 mètres, la déferlante pourrait se déchainer sur une surface de 6500 km2. Outre la partie côtière, le tsunami pourrait dangereusement nourrir le fleuve Hai He lequel traverse le centre de Tianjin (Heping district).

La présence massive d’usines, notamment, chimiques et polluantes, le grand nombre de dépôts industriels entraineraient des conséquences en chaîne. En outre, le reflux de la vague vers la mer bousculerait l’écosystème de la mer de Bohai, déjà très affecté par d’innombrables rejets industriels.

Si il est difficile d’évaluer le cout d’un tel désastre, en revanche, il apparaît probable que la ville de Tianjin souffre alors d’une totale paralyse. De surcroit, la ville de Pékin serait affectée en raison de la rupture de l’acheminement des produits et équipements soit depuis le port Tianjin soit depuis les nombreux sites industriels de la ville.

Molle préparation

Aujourd’hui, les autorités de la Municipalité sont peu préparées à l’éventualité d’une catastrophe naturelle.

Certes des comptes rendus concernant l’activité sismique sont disponibles au Bureau des Mines de la ville de Tianjin et au service des archives de certains districts. De même, l’université de Tianjin dispose d’un Département « Géologie » lequel procède à des études épisodiques. Toutefois, un argumentaire fort peu scientifique accompagne souvent ces documents, à savoir que la probabilité de la répétition du tremblement de Terre de Tangshan, survenu en 1976, ne pourrait pas avoir lieu avant 4000 ans !

Mollement inquiètes par cette perspective, les autorités n’ont pas vraiment mis en place un système d’alerte en rapport. Pourtant la présence d’industries stratégiques autant que la masse de la population devraient suggérer une attention accrue.

Des lors, le système d’alerte demeure vague. Une note aux différents districts de la ville ce qu’ils devraient faire dans l’éventualité d’une telle situation. Libre à chacun d’en faire connaître les dispositions. Ces recommandations sont rarement affichées dans les bureaux des administrations. Lorsque les autorités sont interrogées sur ce sujet, elles sont embarrassées, se retranchant le plus souvent derrière les informations peu argumentées du Bureau météorologique de Tianjin (Tianjin Meteorological Bureau),

A ce jour, aucune simulation ou entrainement collectif n’a été mis en œuvre. Faute d’une organisation extrêmement rodée, les conséquences d’un tremblement de terre pourraient être donc très significatives.

François de la Chevalerie (Junma)

Mars 2011

RAPPEL HISTORIQUE

TANGSHAN (28 juillet 1976)

Le tremblement de terre de Tangshan, épicentre du séisme, eut lieu le 28 juillet 1976 à 3 h 52 du matin. 

Tangshan dans la province du Hebei comptait alors environ un million d’habitants. Selon les chiffres officiels, le bilan du tremblement de terre, l’un des plus meurtriers de l’histoire, fut de 242 419 morts, alors que certaines sources en totalisent trois fois plus. 

Le tremblement de terre fit également de nombreuses victimes à Tianjin (20 000), distance seulement de 150 Km de Tangshan.

Un monument sur l’avenue Nanjing Lu (Tianjin) a été érigé en souvenir des victimes.

SICHUAN (12 mai 2008)

Plus récemment, le tremblement de terre dévastateur qui a frappé le Sichuan, le 12 mai 2008, a été ressenti à Tianjin comme d’ailleurs partout à divers degrés en Chine.

Le séisme de magnitude 7,9 aurait été provoqué par la rupture d’une barrière rocheuse séparant deux plaques tectoniques lequel a provoqué des secousses en cascades. Ces barrières limitent en principe les effets des secousses telluriques. Il faut rappeler que rien ne laissait prévoir le séisme sur la faille de Beichuan, dans la zone de Longmen même si la présence de bordures de plaques tectoniques à cet endroit est connue. L’implantation de villes sur la zone d’intersection des plaques où s’était concentrée la pression de la croûte terrestre suggère que le phénomène naturel est la première cause des terribles destructions et pertes humaines à Yingxiu, Beichuan et Nanba, estime Zheng-Kang Shen.

 

 

 

Publié dans | Pas de Commentaires »

Traitement de l’amiante en Chine

Posté par ITgium le 12 décembre 2009

sdjkkjsdfhkjs.jpg dshsdf.jpg aaaaahhhhdf.jpg

GIE d’entreprises françaises en Chine 

Filière française de traitement de l’amiante 

Confrontée au problème de l’amiante, la France en a interdit l’utilisation en 1997. Compte tenu de l’importance du bâti affecté par la présence des fibres, à cette époque, les industriels français se sont organisés, parfois dans l’urgence. Ainsi des entreprises de désamiantage, des industriels du confinement, des laboratoires spécialisés, des experts ont contribué à la naissance d’une véritable filière française de traitement de l’amiante.

En Chine, en revanche, l’amiante chrysotile est toujours produite et utilisée (en 2009, 450 000 tonnes).

De fait, les pathologies liées à l’exposition à l’amiante progressent à un rythme alarmant. S’ajoutant aux 120 000 ouvriers travaillant dans les mines d’amiante, au 1 million de personnes employées dans la fabrication industrielle de produits contenant de la chrysolite, en outre, 80 millions de personnes sont exposées à l’inhalation quotidienne de microfibres.

Emanation du Ministère de l’Industrie, la China Non-Metalic MinErals Industry Association (CNMMIA) est en charge l’ensemble des enjeux liés à l’amiante en Chine.

Aujourd’hui, sa démarche est d’apporter des réponses, d’une part à la sécurisation des lieux de travail et, d’autre part, à des mesures de protection des 100 millions de chinois exposés quotidiennement aux fibres d’amiante soit sur leur lieu de travail soit sur leur lieu d’habitation.

(2) La VOCATION DU Groupement d’Intérêt Economique Amiante Chine (GIEAC)

Cherchant à apporter des réponses au problème chinois, le Groupement d’Intérêt Economique Amiante Chine (GIEAC) fédère, sous la l’autorité d’IR & Amiante, des PME dont la plupart n’ont – à ce jour – jamais pris le chemin de l’exportation, entre autres :

·      sociétés de désamiantage disposant des certifications 1512 et 1513

·      entreprises de traitement de déchets

·      laboratoires

·      industriels du confinement

·      sites de déchet

·      bureaux d’études

·      experts institutionnels (notamment, la CRAM)

Le GIEAC s’implique principalement dans la sécurisation de l’usage de l’amiante, toutes applications confondues, tout le long de la filière.

Le GIEAC élabore un plan d’actions commun aux membres du groupement de telle manière que chacun puisse valoriser ou vendre ses produits ou services, dans le cadre de prestations de savoir faire ou de coopérations industrielles.

C’est à ce titre que le GIEAC signera un accord de coopération avec la China Non Metallic Minerals Industry.

(3) actions en Chine

Le GIEAC valorise la filière française de l’amiante en Chine dans les domaines suivants :

·      Amélioration du/des diagnostic/s

·      Sécurisation des lieux de production des produits à base d’amiante

·      Sécurisation des  technologies de pose de l’amiante

·      Apport de solutions technologiques alternatives

·      Stations de traitement industriel de l’amiante

·      Valorisation d’équipements de protection et matériels de sécurisation

·      Elaboration de procédures (enlèvement, logistique, déchets, etc.)

·      Renforcement des normes

·      Elaboration d’outils de formation du personnel,

·      Conférences en France et en Chine

·      Information & communication du public

(4) POURQUOI TIANJIN ?

TECHME – IR & Amiante a établi le siège du Groupement d’Intérêt Economique Amiante Chine (GIEAC) à Tianjin (Pop. 12 M d’habitants, à 120 Km au Sud-est de Pékin, voie d’accès maritime de la Chine du Nord).

A Tianjin, TECHME – IR & Amiante s’appuie sur des partenariats locaux :

·    Zhong Ou Lu, Cabinet d’urbanisme, District de Tanggu

·    Zones de développement économiques : Tianjin Wuqing Development Area & Tianjin Xiqing Economic Development Area

·    La Commission au Plan de la ville de Tianjin.

Prolongement du groupement, une société la Tianjin Asbestos Secure Company[1] s’installera dans la Sino-Singapore Tianjin Eco-city[2]

(5) MODALITES D’ORGANISATION

L’organisation du GIEAC est ordonnée autour du réseau que les sociétés TECHME – IR & AMIANTE (France) met à la disposition des membres du Groupement.

Le pilotage du GIEAC est assuré en France par Jacques Humbert et Daniel Joubert, en RP. Chine, par François de la Chevalerie. Le contrat constitutif du GIEAC est présenté dans un document joint, en annexe.

(6) Pour tous renseignements 

FranceJacques Humbert & Daniel Joubert

Tel. 33 (0)1 40 09 82 42 – 33 (0)6 08 95 25 40 – 33 (0) 33 682 724 383

ChineFrançois de la Chevalerie

Tel. 86 137521964249 - Tel. 86 13820644701

Mail : info@iramiante.com

 


 

 

[1] Une note est disponible sur les attendus de cette société

 

[2] Apres l’échec de la « ville verte » de Dongtan près de Shanghaï, l’Eco Cité de Tianjin est désormais la vitrine de ville chinoise, respectueuse de l’environnement, économe en ressources énergétiques, rigoureuse en gestion de fluides divers, et s’inscrivant dans une perspective de développement durable.

 

Publié dans GIE d'entreprises francaises en Chine | Commentaires fermés

Le développement de la Chine, une chance pour l’Afrique ?

Posté par ITgium le 30 avril 2009

Dans les années soixante, les relations entre l’Afrique et la Chine s’apparentaient à une course de vitesse entre Taipei et Pékin. C’était à la capitale qui décrocherait le plus d’Ambassades ! Dès la fin des années 70, Pékin devait l’emporter largement confinant Taipei à de seules relations avec l’Afrique du Sud et les pays alentours. Si le discours musclé de Pékin contre la colonisation et le régime de l’apartheid en sont les principales raisons, jouait également une certaine affinité entre les Etats africains ayant opté pour un socialisme à caractère scientifique et la chine communiste. Qui plus est, la gérontocratie pékinoise n’était pas pour déplaire aux vieux sages d’Afrique. Même si les accords de coopération engagés à l’époque étaient modestes, des étudiants africains étaient alors accueillis sur les campus universitaires chinois. 

A la fin des années 70, cette sympathie est mise en brèche par les razzias contre ces mêmes étudiants sous prétexte de leur liberté de mœurs. Depuis cette époque, les relations entre l’Afrique et la Chine sont entrées dans une espèce léthargie sur fond d’indifférence. L’affaiblissement du mouvement des non alignés, comme un nécessaire recentrage régional expliquent aussi cet éloignement. 

Désormais arrimée à une croissance exceptionnelle, la Chine d’aujourd’hui entend redevenir une puissance mondiale. A la conférence de Bandoeng, version 2005, le Président Hu Jintao a appelé de ses vœux un nouvel élan dans les échanges entre les pays africains et la Chine. Loin de supposées sympathies idéologiques, c’est désormais le pragmatisme qui domine. Pour son développement, la Chine compte avec le réservoir des matières premières africaines. En posant un pied en Afrique, la Chine entend aussi contourner les barrières douanières qui menacent la zone Europe. De surcroît, des entreprises chinoises souhaitent s’installer sur le continent. A petits pas, en exportant d’abord leur produits mais avec l’ambition d’y installer à moyen terme des unités industrielles souples et mobiles. Couplé avec l’envoi de techniciens, cette stratégie est déjà en marche. 

Quel en est l’intérêt pour l’Afrique ?  La Chine s’offre-t-elle comme un nouveau partenaire ? D’entrée de jeu, le renchérissement du prix des matières premières lié à la croissance chinoise répond à la très ancienne revendication de mettre fin à la dégradation des termes de l’échange. Certes, tous les pays africains ne sont pas logés à la même ancienne mais d’ores et déjà, l’augmentation du cours des matières premières est à l’origine d’un regain de croissance, notamment, en Afrique australe. Plus encore, grâce à la compétitivité des produits chinois, l’Afrique peut s’équiper à moindre coût sautant ainsi l’étape des infrastructures lourdes à la rentabilité hasardeuse. C’est vrai dans le domaine informatique comme également pour les produits « essentiels » (industrie pharmaceutique). Dans ce dernier cas, leur accessibilité favorise une amélioration de l’état sanitaire et par là, concourt au développement  économique. In fine, le coût opérationnel des coopérants chinois est quatre fois moins élevé que celui des occidentaux. A critères techniques égaux, mieux vaut donc les recevoir. 

Au-delà de ces éléments, il est possible d’aller beaucoup plus loin mais il faut pour cela une véritable prise de conscience en Afrique. Au lieu de privilégier l’axe européen, mieux vaut élargir le cercle, voir ailleurs. D’une certaine manière avec la Chine, l’enjeu est clair. Nul retour sur l’histoire, nul débat post-colonial. En outre, comme les Chinois ne sont pas partisans de la politique des dons, les règles sont plus simples. Avec la Chine, c’est la politique du win-win qui domine, chacun doit y trouver son compte dans l’heure. En Afrique australe, certains pays ont déjà compris la mécanique. Par exemple, des étudiants kenyans se forment désormais aux méthodes chinoises. D’autres pays devraient emboîter le pas. Le coût d’apprentissage en Chine est cinq fois moins élevé que celui dispensé dans les universités occidentales et ce, pour des résultats plus efficaces puisque l’axe pédagogique est articulé autour du concret. Dans un délai de deux ans, des techniciens kenyans seront capables d’installer de petites unités industrielles souples et à moindres frais. 

Comme le disait naguère Cheikh Anta Diop, le jour viendra où « déconnectée d’un trop étroit et laborieux partenariat avec l’Europe, l’Afrique deviendra libre ». Le rôle croissant de la Chine peut y concourir. C’est une chance à saisir, celle de « s’enrichir ensemble, loin de la pauvreté, de la fatalité » comme le rappelait récemment le Président Hu jin Tao. 

François de la Chevalerie & Mohammadou Kâ (conseiller municipal de Dakar, Sénégal) 

 

Publié dans La Chine et l'Afrique | Commentaires fermés

Chine-France, beaucoup reste à faire

Posté par ITgium le 29 avril 2009

Sauf accident de parcours, la déferlante chinoise s’annonce ingénieuse, colossale, avalant tout d’une même gorgée, matières premières et industries, demain capital et services. N’ayons crainte ! Jouons la partition gagnante ! Lors de l’Année de la Chine en France, l’empire du Milieu a surgi dans les esprits sous un florilège d’événements culturels. Pour autant, ce pays demeure énigmatique, par trop différent, engoncé dans une langue indéchiffrable ! Certains ne comprennent pas ces travailleurs acharnés incroyablement pratiques. D’autres craignent les délocalisations, s’inquiètent pour leur emploi, les acquis sociaux. De leur côté, les Chinois s’amusent de notre peuple jugé sympathique, supposé blablateur et paresseux, prétendument peu commercial. N’est-il pas temps de tordre le cou à ces préjugés, à ces peurs ? Si, aujourd’hui, en France, les institutions, les grandes entreprises et certaines PME prennent la mesure de l’enjeu, beaucoup reste à faire pour associer l’homme de la rue au défi majeur du développement accéléré de la Chine. 

Premier chantier : levons l’obstacle du fossé culturel ! Actuellement, la communauté chinoise en France est structurée autour d’associations composées presque exclusivement de Chinois. A côté de ces confréries « ethniques », il faut créer des têtes de pont rassemblant Français et Chinois. Partout sur le territoire doivent essaimer des associations valorisant le rapprochement entre les deux peuples, et ce dans tous les domaines. Pour y contribuer, un effort sans précédent doit être engagé en faveur de la connaissance de ce pays et l’apprentissage du mandarin. Actuellement, dans nos écoles, le chinois est considéré comme une langue exotique dispensée à une minorité d’élèves, la plupart originaires de Chine. Il faut désormais hisser le mandarin dans l’ordre des langues prioritaires, à l’égal de l’allemand ou de l’espagnol. De même, il importe de diffuser largement la culture chinoise sous forme d’ateliers artistiques, de lieux d’échanges. Cette démarche doit être étendue aux adultes dans le cadre des comités d’entreprise, de la formation continue, etc. Parallèlement, la langue française doit être promue avec vigueur en Chine sur la base d’un maillage complet de son territoire, notamment, par le biais des alliances françaises. Le ministère des Affaires étrangères doit s’engager fortement dans cette démarche, quitte à redéployer ses effectifs. Il faut également encourager l’installation de Français en Chine. Il s’en compte 15.000 aujourd’hui, amenons ce chiffre à 50.000 ! Apportons aussi à ce grand pays notre sensibilité, nos valeurs, notre humanité ! Il en a besoin ! 

Deuxième chantier, initiative et inventivité. En France, les mécanismes de soutien institutionnels à l’exportation de produits ou de savoir-faire favorisent les entreprises établies, rares en revanche sont les dispositifs financiers accessibles au tout-venant. Pareillement, si les banques ouvrent d’emblée leurs portes au CAC 40 et aux opérations d’envergure, elles sont réticentes à soutenir de petits projets. On ne prête qu’aux riches ? Rejetons l’affreux proverbe ! La France dispose d’un incroyable vivier de talents (créateurs, chercheurs, entrepreneurs, artisans, etc.), mais beaucoup, faute de moyens, ne peuvent s’exprimer. Pourtant certains aimeraient s’aventurer en Chine, flairer les opportunités. Offrons-leur cette possibilité ! Créons des dispositifs financiers qui puissent soutenir leur action (prêt sur l’honneur, extension des polices d’assurance Coface aux entreprises nouvellement créées, fonds d’études, crédit à long terme…). Prenons le cas, par exemple, d’un chercheur titulaire d’un brevet en quête de solution industrielle : donnons-lui la chance de valoriser son savoir-faire en Chine ! Considérons aussi les métiers artisanaux, favorisons leur implantation à Pékin, Shanghai, Canton, ailleurs ! Dans le domaine de l’environnement, aidons la Chine à devenir un pays propre et à diminuer sa dépendance énergétique ! Là encore, en France, nous disposons de véritables compétences en matière de traitement écologique, aiguillons-les vers la Chine ! Enfin, favorisons des groupements d’entreprises autour de projets collectifs de telle manière que chacun n’agisse pas dans son coin et que le risque encouru soit moindre. 

Pour atteindre cet objectif, toutes les administrations doivent se mettre en marche : Etat, régions, départements, villes mais aussi les partenaires privés : entreprises, banques, assurances, etc. Abritant une communauté de 300.000 Franco-Chinois, appelée à accueillir 1 million de touristes chinois l’an, comme elle s’y est employée en organisant le défilé du Nouvel An chinois à Paris en 2004, la Région Ile de France doit être source d’inspiration. Force de propositions, multipliant les initiatives, développant l’instruction du chinois dans ses établissements scolaires, soutenant de petits projets, créant des pôles d’entreprises, Paris gagnerait à devenir la plus chinoise des villes européennes, porte-voix de l’Europe en Chine, trait d’union entre les hommes de la rue, chinois et français 

Publié dans Les relations entre la France et la Chine | Commentaires fermés

 

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus