• Tianjin, Chine

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  • Articles récents

  • Teresa Teng Dèng Lìjūn 邓丽君

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    Le regret de ma vie est de ne pas l’avoir rassurée en 1992 devant l’église de Saint Germain des Près.
    N’avais-je pas compris que sa voix chaleureuse et douce allait porter l’âme de la Chine encore pour de longues décennies ?
    Brutalement, ce jour là, son visage se glace d’effroi.
    Elle reprend sa respiration, baisse légèrement la tête, les yeux fuyant.
    Glisse une larme sur sa joue.
    Une autre encore.
    Elle pose délicatement sa main au visage, cherche à réprimer une soudaine tristesse.
    Ma belle endormie, je l’aime toujours, sa voix, sa beauté, ce goût à la vie.

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  • Liú Yáng (刘洋)

    Liú Yáng (刘洋)

    « Une femme tel un rêve
    Un rêve perché loin dans le ciel, désormais à notre portée sous les couleurs d’une femme d’exception. »
    Tels étaient les mots du Xinyang Daily, le jour du lancement de Shenzhou 9, lancé le 16 juin 2012.
    A l'âge de 33 ans, originaire de Línzhōu (林州) dans le Henan, Liú Yáng est devenue la première spationaute chinoise (háng tiān yuán 航天员).
    « N’est ce pas la meilleure promesse d’avenir que de laisser une de nos femmes contempler depuis le ciel, l’œil plongeant, le regard avide de beauté, la Chine éternelle ? » souffle un internaute.
    Liú Yáng occupe le grade de commandant dans l'Armée populaire de libération (Zhōngguó Rénmín Jiěfàng Jūn) et membre du Parti communiste Chinois (Zhōngguó Gòngchǎndǎng).
    « Ma Terre, celle de centaines de millions de chinoises. Je porterai leur espoir, leur parole, leur rêve loin dans le ciel, toute honorée que je suis de voler dans l’escape en leur nom. »

  • Lin Huiyin

    Lin Huiyin

    Un ami m’a dit : si tu veux connaitre la force romantique d’un couple chinois, plonge toi dans la vie de Lin Huiyin et de Xu Zhimo.
    Couple illégitime, s’aimant dans l’ombre, se chahutant.
    Xu Zhimo admirait par trop celle qui deviendra la toute première architecte de chine.
    Dans sa quête d’amour, il s’abîme, l’abîme aussi.
    Le temps enfin de se dire Adieu et ils meurent tous deux comme enlacés vers le même destin.

  • Sòng Qìnglíng, Madame Sun Yat-sen 宋庆龄

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    Sòng Qìnglíng, Madame Sun Yat-sen, deuxième épouse du Père de la Chine moderne offrait une beauté sage telle que je les aime.
    A la mort de ce dernier, a-t-elle conçu une affection particulière pour Israel Epstein et Edgar Snow, deux fervents soutien de la révolution chinoise ?
    Dieu seul le sait mais si d’aventure j’avais été dans les parages, je lui aurais dit : « L'amour de la patrie est notre Loi. (Amor patriæ nostra lex).
    Mère de la Chine moderne (guomu), elle a accompagné le peuple de Chine dans ses heures sombres et de gloire.
    Deux semaines avant sa mort, elle devient la Présidente honoraire de la République populaire de Chine.

  • Yang Likun

    Yang Likun

    Danseuse et chanteuse, en son temps, on la surnommait la Judy Garland chinoise.
    Membre de l’ethnie Yi, elle est la neuvième d’une fratrie de onze enfants, ce qui lui vaut le surnom de "Xiaojiuer".
    Elle a joué dans de deux célèbres comédies musicales avant d’être totalement détruite par la révolution culturelle.
    Laminée à tel point qu’elle ne reviendra plus jamais sur scène.
    Pour ces deux raisons, je l’adore plus que tout – son talent comme son courage – et je me rends souvent sur sa tombe à Shanghai.

  • Lin Chi-ling 林志玲

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    Lorsque je l’ai rencontrée la première fois, son visage était sévère, comme intraitable.
    Jonglant avec les contrats publicitaires, Chiling Lin n’avait alors aucune inclination à offrir au tout venant un sourire fut-il pâle.
    Dans son sillage, son agent publicitaire m’avertissait.
    « Au prix coutant de plusieurs dizaines de milliers de dollars, chaque seconde valant son or, vous serez vite ruiné. »
    Longtemps après, je l’ai croisée.
    Elle venait d’être exclue d’une superproduction.
    La larme à l’œil, elle m’aperçut dans un coin d’ombre.
    Cherchant à chasser ce désordre, elle laissa filer un sourire sincère sur son visage cependant défait.
    Je lui ai alors dit :
    - Lacrimis struit insidias cum femina plorat (Lorsque la femme pleure, elle tend un piège avec ses larmes, Dionysius Cato)
    - Non ! a-t-elle répondu, je pleure avec mon cœurs, je souris avec mon cœur.

  • Yang Liping 杨丽萍

    Yang Liping

    Quelle drôle d’aventure, la vie !
    La première fois, j’allais à reculons voir sa chorégraphie "Dynamic Yunnan". Tout grognon, soupirant d’ennui.
    Divine surprise ! Rarement ai je été autant bousculé dans ma vie !
    Le rideau tombant, j’applaudissais à tout rompre l’épopée des 26 tribus du Yunnan.
    Le lendemain, reprenant mes quartiers dans la même salle de spectacle, je l’applaudissais plus encore
    Ce soir là, je me faufilais dans les coulisses.
    Je la retrouvais méditant devant un the Jasmin.
    - Puis je vous connaitre ? Demandais-je dans un sursaut.
    - Serait ce trop tôt ou trop tard ? Je n’ai plus l’âge à me faire fêter mais j’ai l’âge de comprendre.
    Je lui ai dit tout ce que je savais sur les entrailles du Yunnan, un bataillon de mots.
    - Le brouillard est parfois intense à Xishuangbanna, l’on ne voit pas l’on devine seulement.

  • Li Bingbing 李雪

    Li Bingbing (48)

    - Toute jeune, me dit-elle, je n’avais pas la moindre intention de devenir actrice. Je souhaitais alors apprendre aux jeunes enfants la lecture, le savoir.
    Cependant, en 1993, une proche lui suggére de faire un tour au très renommée Shanghai Drama Institute in 1993.
    - J’y suis allé en un coup de vent. Ce jour là, un vent trop fort peut être, j’y suis restée le temps d’une saison.
    Dès 1999, dans le film Zhang Yuan's Seventeen Years (1999), elle noue avec la célébrité. La voilà propulsée au rang des meilleures actrices lors du 12th Beijing College Film Festival.
    Viennent les propositions Hollywoodiennes : Resident Evil, Transformers.
    - Je ne me laisse pas emporter par ce furieux coup de vent, je reste moi même, heureuse dans ma tête, le regard rivé vers des enfants à qui je lis des poèmes.

  • Zhang Jingchu (張靜初)

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    Lorsque je la rencontre, je lui demande pourquoi diable avoir changé ton prénom ?
    - Jing, ceint en or, n’est ce pas le plus merveilleux des prénoms ?
    - Jingchu, c’est le mien dorénavant, ceint en or, en argent, en bronze.
    Diplômée de la fabuleuse Central Academy of Drama de Beijing, (Zhōngyāng Xìjù Xuéyuàn), Jingchu enchaine les rôles.
    Inquiète, l’âme en peine, luttant contre l’homme, belle toujours.
    Bientôt elle est portée aux nu par Time magazine, belle Asia's Heroes de notre temps.
    Je l’interroge encore :
    - Est ce de trop tout cela lorsqu’on s’ébat encore avec la jeunesse ?
    Se dresse un sourire sur son visage.
    - Je me souviens de mon premier cours de diction
    Agnosco veteris vestigia flammæ, je reconnais la trace de mes premiers feux. Virgile, l’Énéide,
    De mes feux mal éteints j'ai reconnu la trace. Racine, Andromaque.

  • Faye Wong 王菲

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    D’abord, une inquiétude.
    Elle fait la une de Time Magazine.
    Aurait-elle la grosse tête, enflée à jamais ?
    Agréable objet à l’usage des médias occidentaux à la recherche d’une icône chinoise bon teint, plutôt jolie, prêtant sa voix sensuelle à de belles chansons.
    Je la croise, l’interroge.
    Elle retient ses larmes.
    Une chanson file entre ses lèvres.
    Elle raconte la naissance de sa fille.
    - Comme le temps avance inexorablement, je ne verrai plus la lumière dans 50 ans mais ma fille sera toujours de ce monde, portant la mémoire de sa maman.
    Je la taquine alors.
    - La présence sur Terre le temps d’une vie, est-ce bien utile ? N’avons nous pas mieux à faire en restant dans l’au-delà ? Que d’infortune pour une musique connue, celle d’une mort annoncée ?
    Elle porte alors son regard sur une affiche qui domine son appartement.
    Des enfants à l’air hagard, le visage en sang, sous les décombres d’une maison.
    Le souvenir de l’effrayant tremblement de terre du Sichuan (2008).
    - J’ai chanté pour eux. Lorsque j’ai vu sur leur visage glisser un sourire, je me suis dis que mon existence avait un sens.

  • Fan Bingbing 范冰冰

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    Fraiche et généreuse, telle est Fan Bingbing alias Jin Suo, allant et venant élégamment, dans le film Taiwanais Princess Pearl (1997).
    Certains se demandaient alors comment cette toute jeune femme, âgée seulement de 17 ans, se muerait dans le monde âpre et violent du cinéma.
    L’ayant approché à cette époque, je l'interroge sur ses rêves.
    Elle en rit, se laissant aller à une réponse audacieuse.
    - Comme le temps venant mais toujours au delà de mes espérances.
    Voilà qu’elle devient dans la décennie suivante l’égérie de marques commerciales de renommée, au million de yuan la prestation.
    Elle crée en 2007 son propre studio, le Fan Bingbing Studio (范冰冰 工作室 , Pinyin : fàn bīng bīng gōngzuòshì) et multiplie les productions.
    Je la vois encore dans les films Shaolin et Buddha Mountain.
    Au delà de mes espérances, disait elle.
    Je la retrouve alors autour d’un dangereux élixir, un mélange hasardeux de vodka et de tequila.
    Alors que je souhaite la questionner sur l’air du temps comme du plaisir de vivre, elle m’interrompt.
    - Je n’ai toujours pas atteint mes espérances.
    - Fan Ye (son surnom), lui dis-je, on vous accable de nombreux talents mais celui qui l’emporte, c’est votre incroyable détermination.
    - Bravo, Madame ! conclus-je en Français.

  • Zhāng Zǐyí 章子怡

    FOREIGN PRESS AWARDS

    Malgré sa renommée sulfureuse, c’est une femme ravissante.
    Trop sur les devants de la scène, elle est honnie par une partie de la Chine.
    A son encontre mille soupçons.
    Comme elle me l’a déclaré, d’une voix bien chaloupée : “Je suis phénoménalement ambitieuse”.
    Comment pourrait on lui reprocher de vouloir porter si haut, si loin, son si beau visage ?
    A mon avis, elle sera pleinement heureuse lorsqu’elle donnera à sa vie un élan romantique.
    Un français aimable et élégant, fin connaisseur des usages et des Lettres chinoises, pourrait volontiers y répondre et répandre chez elle l’idée du bonheur.
    Avec en partage ce slogan : Omnia vincit amor
    (L'amour triomphe de tout).

  • Wei Wei 韦唯

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    Il est toujours dangereux de se frotter avec une icône nationale, une Madame aux mille chansons dont le si beau Today is Your Birthday utilisé comme thème de la fête nationale chinoise.
    Lorsque je la rencontre à Hohhot, en Mongolie intérieure, ville de sa naissance, je cherche mes mots, la voix légèrement tremblante.
    Elle me rassure par un sourire puis elle m’interroge :
    - Ai je le droit de dire la vérité ?
    J’acquiesce favorablement.
    - Je suis heureuse d’être chinoise comme je suis fière de mon pays, de mon peuple, de mes ancêtres et de tous ceux qui me succéderont sur une Terre que j’aime tant.

  • Zhang Zilin 张梓琳

    Zhang Zilin

    Certains s’amusent à taquiner ce qu’ils nomment peu élégamment Madame l’échalas.
    C’est vrai que du haut de sa grande taille (1,82m), augmentée par des escarpins à la courbe vertigineuse, Zilin domine le monde, souvent des nabots qui la mitraillent de photos.
    Miss World 1987, elle pourrait en tirer quelque arrogance.
    - Nullement, seule m’importe l’idée de bonheur ! s’exclame-t-elle avec vigueur.
    Je l’interroge alors.
    - Le bonheur étant si rare, comment s’y prendre pour le retenir à soi, le répandre ensuite ?
    Elle sourit avec un tel ravissement, une telle assurance, le regard chaleureux, que son idée du bonheur se propage naturellement dans les âmes.

  • Jane Zhang

    Jane Zhang

    Lorsque je l’ai vue chanter pour la première fois Huà Xīn (畫心; Painted Heart) musique tirée du film Painted Skin (畫皮), j’ai été saisi par le timbre de sa voix s’en allant sans hésitation vers de belles hauteurs.
    Lorsque je l’ai revue envelopper sur des notes longues la fresque musicale de Kitaro “Impressions Of The West Lake », je l’ai admirée, applaudissant à tout rompre, lançant sans compter des « Bravo ! ».
    Tout comme je me laissais alors surprendre par son regard où se mêlent tristesse et mélancolie.
    Sans doute Jane portera-t-elle longtemps sur son visage la douleur du divorce chahuté de ses parents alors qu’elle avait tout juste 13 ans.
    Peut être est-ce cette souffrance la raison d’une force inébranlable qui lui a fait gravir tous les échelons : première place dans la compétition la plus courue en Chine devant plus de 400 millions de téléspectateurs (super girl), devenant l’invitée vedette du Oprah Winfrey" talk show, côtoyant même les Pink floyd.
    Dieu sait où les vents l’emporteront !

  • Pan Hong

    Pan Hong

    Toute la force de cette femme repose sur un effroyable souvenir qui la tient jusqu’à ce jour.
    Le suicide de son père, honni, écrasé, laminé par de lamentables gardes rouge durant la révolution culturelle.
    Du coup, chez elle, l’essentiel, c’est de vivre par dessus tout, droit dans ses bottes.
    Merveilleuse actrice, je l’ai rencontrée plusieurs fois en sa qualité de vice présidente de l’association du Cinéma Chinois.
    Chaque fois, elle ouvre le bal sur ce bon mot :
    « Tant qu'il y a de vie, il y a de l'espoir (Dum vita est, spes est). »

  • NE PAS DIABOLISER LA CHINE !

    Là, gisant sous nos pieds, le venin se répand.
    Tout doucement s’insinue dans l’opinion l’idée que la Chine est un pays hostile, la charge s’invitant bientôt dans les campagnes électorales.
    Que lui reproche-t-on exactement ?
    De laminer nos industries dont certaines sont moribondes depuis longtemps ?
    De détruire l’emploi ?
    De laisser exsangue nos économies ?
    De porter atteinte à notre modèle social ?
    Par delà le factum, levons le voile sur une hypocrisie.
    D’aucuns pays ne souhaiteraient pas connaitre le développement économique de la Chine ?
    Que ces thuriféraires fassent preuve de cohérence !
    Si d’aventure ils envisagent une mondialisation à géométrie variable, qu’ils dénoncent alors toutes les déclarations onusiennes favorables au développement et ainsi de la marche inexorable du monde !
    Comment reprocher à une nation naguère famélique de s’en sortir ?
    Cette civilisation par cinq fois millénaire prend une revanche sur l’histoire.
    Elle s’y accomplit avec une volonté dont beaucoup de pays gagnerait à s’inspirer.
    Certes le pays n’a pas choisi le modèle démocratique mais quiconque le connaît mesure la détermination des pouvoirs publics à augmenter le niveau de vie de sa population. Assumant les tâches régaliennes, l’Etat donne le rythme, rectifie les débordements tout en laissant libre cours à l’initiative privé.
    Cet engagement rappelle celui de l’Etat Français au lendemain de la guerre ou au début des années 60.
    Tout doit être fait pour améliorer le menu quotidien et abolir l’apostrophe trop souvent entendue sur les bords du Chang Jiang : « qu’as-tu mangé ce matin ? »
    Francois de la Chevalerie, 2007

  • Dong Siyang

    D-Siyang

    Dong Siyang est jeune, la plus jeune du lot.
    La plus belle aussi, comme elle se réclame.
    A 21 ans, elle est déjà Présidente Directeur général d’une société de média établie à Hongkong.
    Surnommée la beauty CEO, elle se laisse tellement surprendre par une gloire acquise si tôt qu’elle écrit à 23 ans propre biographie "21-year-old woman president".
    - Je me trouvais vieille, me confie-t-elle, il fallait que je fasse le point en retraçant ma vie
    Bien qu’elle s’ajoute des titres usurpés, le livre est un best seller.
    De Shenzhen à Dalian, des jeunes femmes chinoises se l’arrachent, certaines bien plus âgées que Dong Siyang.
    Toutes rêvent de gloire et de passion.
    Ou du besoin naturel d’être aimé par un homme ou par ses pairs.

  • POLLUTION DE L’AIR EN CHINE (TIANJIN)

    A 120 Km de Beijing, Tianjin, 11 millions d'habitants, est une ville en plein développement. Autour des anciennes concessions occidentales et du fleuve Hai, les grattes ciels pullulent. Dans les faubourgs, les zones de développement industrielles s'étendent de toutes parts, depuis des ateliers de production à de prestigieuses usines comme la future ligne d'assemblage d'Airbus. Le tableau serait enthousiasmant si une contrariété de taille ne venait le tempérer, l'air de Tianjin est empoisonné ! Ne se comptent plus les polluants avérés qui interagissent en entre eux ou s'agglomèrent à d'autres paramètres (UV solaire, ozone, humidité de l'air, acides, etc.). Comme partout en Chine, les raisons de la pollution de l'air sont établies : explosion du trafic automobile, croissance de l'activité industrielle, utilisation soutenue du charbon, dégagement incontrôlé et… bienveillance des autorités. Découpé en 17 districts sur une étendue de 11 920 Km², Tianjin offre une variété inégalée de composites volatiles que tout visiteur serait bien avisé de connaître. Dans les districts portuaires et périphérique de Tanggu et Dagang, les relevés concernant le monoxyde de carbone s'accordent sur des chiffres approchant 250 mg/m3 d'air alors que la norme recommandée par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est de 20 mg/m3. La présence d'incinérateurs, de chaudières industrielles et de fours d'affinage justifie ce record. Dans ces quartiers, l'air est également balayé par des rejets de dioxyde de soufre à hauteur de 600 mg/m3 alors que le niveau de référence est de 20 mg/m3. Dans le district de Hangu, le seuil d'alerte au dioxyde d'azote (NO2) est souvent dépassé (400 µg/m3 en moyenne horaire). En centre ville, dans le quartier de Heiping district, les concentrations en fine particules sont de l'ordre de 150 /300 µg/m3 alors que les normes européennes fixent le seuil d'alerte à 20µg /m3. Aux gaz d'échappement des véhicules s'ajoute la circulation du vent. Venant du bassin du Bohai, brassant déjà toutes sortes de composites, il tourne en rond sur Tianjin, favorisant l'agrégation des particules chimiques. Vous avez alors l'impression de vous trouver au coeur d'une raffinerie. Vos mains sont noires, encombrées de manière permanente par un agglomérat de poussière visqueuse. Aux portes des universités de Tianjin et Nankai, la pollution est tellement prégnante qu'elle envahit les habitations. Pour pallier à cette situation, des surodorants destinés à masquer l'odeur sont régulièrement déversés dans les rues. Si cette pratique apporte un mieux, il n'est pas sûr que l'accouplement entre émanations chimiques et molécules de désinfection soit correctement maîtrisé sur le plan sanitaire. Résultat, à Tianjin, les pathologies liées à la pollution de l'air ne cessent de croître. Dans les hôpitaux, les patients asthmatiques se bousculent avec des augmentations annuelles de 15 %. Cependant aucun chiffre n'existe sur les décès prématurés attribuables à la pollution atmosphérique. Toutefois selon la délégation à la santé de la ville, le nombre de morts de cancer a augmenté de 18% en 2006, de 16 % en 2007. Malgré cela, les autorités sont hésitantes sur la marche à suivre. D'un côté, elles encouragent les acteurs industriels à faire des efforts, de l'autre, aucune fermeture de sites polluants n'a été envisagée dont certains se trouvent pourtant au coeur de la ville. Pas davantage de restrictions n'a été apportée à la circulation automobile. Dans tous les cas, le système surveillance de la pollution atmosphérique de Tianjin mériterait une refonte totale, notamment, avec un accès plus libre à l'information, des relevés plus réguliers et des systèmes d'alerte. François de la Chevalerie
  • François de la Chevalerie (Junma)

    Mi appellido Chino es Junma (Bonito caballo). Por lo presente, asumo el cargo de director de dos empresas : CHINA MESSENGERS, la cual se dedica al manejo de proyecto de montajes industriales en el ámbito del sector ambiental y las energías renovables y PANEUROCHINA, la cual desarrolla técnicas de valorización para los sedimentos, sanos o contaminados (barro de mar) y su explotación con el fin de fabricar materiales de construcción. Las dos compañías están ubicadas en Tianjin. . Dentro de mis actividades, ambiciono favorecer el desarrollo de nuevas tecnologías o procesos tecnológicos (estudios, validez técnica, unidad piloto, definición de las normas, etc.) en los países emergentes.
  • LES CHINOIS ET LE RACISME EN FRANCE

    Comme les autres asiatiques, les chinois répugnent à descendre dans l’arène. Discrets, profil bas, ils font rarement entendre leurs voix. De surcroît, ils protestent peu contre les discours ambiants hostiles à la Chine. Quand ils s’affirment, ils agissent doucement, à mots comptés. Ils rapportent alors leur opinion sans chercher nécessairement à réajuster celle de l’autre. Nullement n’ont-ils à souhait d’en découdre. Nullement s’emportent-ils gratuitement. Aucun mot en trop, de mot inutile.
    Depuis plusieurs années, à Paris, le chinois est la cible désignée des voleurs dont beaucoup opèrent avec une rare violence. Supposé nanti en argent liquide, il serait un morceau de choix. Le chinois, l’argent. Donc une race et son prétendu attribut.
    L’année dernière, les chinois s’étaient émus de cette situation, exigeant plus sécurité. Une année s’est écoulée sans progrès, culminant avec la mise en coma de l’un des leurs.
    Déçus par l’absence de réponse des pouvoirs publics, ils ont repris le chemin de la rue en se drapant de l’étendard français et en scandant les principes de la République. Ils s’y sont prêtés courageusement en prenant le risque de s’attirer les foudres de l’Ambassade de Chine. Fort active, celle-ci ne goute guère aux manifestations publiques de ses membres. Qu’importe ! Les chinois de Paris ont fait confiance à la liberté de s’exprimer qu’ils ont acquise en France. Sans déraper. Nullement n’ont-il placé ce rendez vous sous l’angle d’une confrontation communautaire alors que leurs agresseurs n’en font pas mystère. Nullement n’ont-ils blâmé la France.
    Pourtant, lors de ce défilé, ils étaient bien seuls. Entre eux presque uniquement. De-ci delà, des amis, quelques conjoints. Peu de solidarité comme si cette cause ne pouvait suggérer l’émotion.
    Aucune association anti raciste, aucune figure politique ne s’était jointe. Le peu d’enthousiasme à les soutenir ne suggère-t-il pas l’existence de discours ambivalents ?
    D’associations antiracistes justifiant ainsi leur existence mais indisponible dès lors que le fait rapporté pourrait gêner aux entournures une autre communauté, celle-là plus turbulente sur la place publique. Est-il possible de tolérer pour les uns ce que l’on envisage pas pour les autres ?
    De politiciens se donnant bonne conscience, tantôt se voilant la face, tantôt agissant, comme pour mieux s’exonérer de l’obligation de s’investir réellement sur le sujet, indistinctement de la race, loin des convenances.
    De politiciens encore qui sous prétexte de lutte contre la mondialisation accable la Chine de tous les maux alors que ce pays fut-il important participe comme d’autres à la relève de l’Occident : l’Inde, le Brésil, le Vietnam, les pays du golfe, l’Afrique du Sud et beaucoup d’autres. Bien plus que la moitié de l’humanité ! Quel est donc cet étrange dessein consistant à faire du chinois l’unique bouc émissaire ? Ceux là mêmes qui s’y emploient, n’ont-il pas en mémoire d’affreux souvenirs ? Ceux là mêmes ne sont-ils pas devenus les meilleurs alliés de voyous racistes qui sévissent, le plus souvent impunis ?
    D’un politicien enfin qui s’étourdissant dans des formules vante un axe black blanc beur contre les chinois.
    De ce drôle d’artifice à géométrie variable, il se pourrait bien que l’anti-racisme souffre d’un manque d’harmonie en France.
    François de la Chevalerie (Tianjin) et Jing-Chao Zhao-Emonet (Paris)
    Juillet 2011

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    ITgium

  • jùn mǎ 俊 马

    Grande muraille

    Résidant à Tianjin (天津) et à Qingyuan (清远 ), Province du Guǎngdōng (广东), je suis un entrepreneur (qǐ yè jiā 企业家) passionné par l’environnement, notamment, le recyclage des sédiments et la gestion des risques sanitaires.
    Au delà de mes activités professionnelles, je suis tombé amoureux (ài shàng 爱爱上) de la Chine dont j'aime parcourir les villes et les campagnes à la recherche du moindre secret, d’un bel éclat, m’en allant à l'aventure (mào xiǎn 冒险).
    Mon nom chinois est jùn mǎ (俊 马).
    Légère coquetterie dans le choix des mots, en Français : élégant ou gracieux cheval.

    François de la Chevalerie

  • Sòng Měilíng 宋美齡 Madame Tchang Kaï-chek

    Soong Mayling

    Dans les années 40 et 50, le rêve de tout homme était de rencontrer de Madame Tchang Kaï-chek, femme d’une élégance sublime et au charisme époustouflant.
    Elle disposait aussi d’un charisme époustouflant bientôt remarqué par Gary Grant qui disait d’elle :”Toutes les plus belles stars d’Hollywood ne valent pas le regard de Madame”.
    Dans les 40, elle parcourt les Etats Unis, prône l’intervention américaine aux côtés du Zhōngguó Guómíndǎng. Hollywood l’admire, la célèbre comme une Reine mais Roosevelt puis Truman boude la belle Dame.
    Dotée d’une forte intelligence, Sòng Měilíng occupe inlassablement mon esprit comme le révélateur de la grandeur du peuple de Chine.

  • Catégories

  • Femmes chinoises

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  • Eileen Cheng 张爱玲

    Eileen Cheng 张爱玲

    Eileen is highly regarded as one the most famous Chinese writer, inspiring generations of readers. Her name enlightens the most inner thoughts of a woman.
    Let me start with “Love in a Fallen City” (倾城之恋) written by Eileen.
    Getting drawn into the quagmire of the Second World War, running through the streets, fleeing the bombs in Hong Kong, even worse the conservatism of a tiresome bourgeois life of Shanghai, an unlikely couple in on the way. She, a divorcee.
    Him, an outstanding womanizer.
    This story might seem pretty straightforward but what makes the difference in the total uncertainty of their situation, their future. Their emerging sharing life brings no hope, no future.
    It is only a matter of time before everything caves in. But not, despite all, love traces his way, exacerbated, unbreakable, reinforcing both.

  • Zhou Xuan 周璇

    Zhou Xuan

    Jolie Jade, son nom, offre une silhouette gracieuse, un charmant profil.
    Je l’ai revue au moins dix fois dans le film Les Anges du boulevard (馬路天使, malu tianshi) avec toujours une même question : comment le destin a-t-il donné vie à une femme aussi sublime ?
    Jamais Jolie Jade ne reçut de réponse, ses parents biologiques lui furent toujours inconnus.
    Je l’aimerais toujours, chantonnant à l’infini, Ye Shanghai.
    Morte trop jeune, s’en allant doucement vers l’autre monde.

  • Wang Danfeng

    Wang Danfeng

    Si j’étais né dans les années 20, je serais alors tombé éperdument amoureux de Wang Danfeng, célèbre actrice à la diction remarquable et au charme saisissant.
    Elle me fait souvent penser à Gene Tierney, un peu froide en apparence mais au tempérament chaleureux, ne s'en laissant pas compter.

  • Jin Xing 金星

    jinxing

    Issue de la minorité coréenne, Jing Xing cultive les particularismes les plus audacieux.
    Valeur mâle, valeur femelle, Jin Xing est passé de l’un à l’autre, d’un coupe d’aile.
    Sans trop d’éclat, devenant l’une des meilleures danseuses et chorégraphes de Chine.
    Colonel de l’armée populaire (Zhōngguó Rénmín Jiěfàngjūn), elle vit à Shanghai dont elle me dit :
    - Shanghai une ville complètement femelle. La ville des femmes alors que Pékin est la ville des hommes.
    Elle ajoute dans un murmure :
    - Ma vie est fantasque, une belle vie d’entre les vies de ce monde !

  • Sumo à Tianjin

    Tianjin

    Mon équipe de Sumo, le Tanggu Sumo Team, des combattants indomptables mais au cœur généreux, gagnant par deux fois (2010 et 2011) au tournoi des Clubs Sumo de Tianjin.

  • Tián Yuán 田原 (1985)

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    C’était un soir de décembre, la température avoisinait mois dix degrés,
    Un ami m’avait invité à la célébration de ses vingt ans de vie d’artiste.
    Dans des pièces enfumées, pétries d’odeurs d’alcool de riz, il m’a aussitôt indiqué la bonne porte.
    - Viens par là que je te présente, Tián Yuán, je ne sais comment la présenter mais ce qui est sûr, c’est qu’elle est dotée de tous les talents. Elle fut la Reine du Trihop chinois mais elle est encore actrice, scénariste.
    Visage discret aux lignes parfaites, une voix douce, Tián Yuán me raconte si bien, si honnêtement, si précisément, son roman, Zebra Woods que je la serre dans mes bras.
    Elle s’en étonne à peine, me demande si j’ai vu son premier film, Butterfly.
    Je suis honteux, très honteux, les bras pendants
    Elle s’éloigne alors.
    Le lendemain même, je visionne Butterfly pour lequel elle a reçu un prix.
    Elle n’avait alors que 19 ans.
    Une adresse exceptionnelle pour celle qui entend bientôt réaliser son premier film, cousu d’or celui là.

  • Peng Liyuan 彭丽媛

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    Depuis toujours, j’aime intensément cette merveilleuse chanson « Sur les plaines de l'espoir » où bat le cœur de la chine ancestrale, les souffrances et joies d’un grand peuple.
    Humble spectateur du gala annuel de la CCTV à l’occasion du nouvel an chinois, j’ai été transporté par une voix merveilleuse.
    Le corps tremblant, terriblement ému, je regardais cette belle femme qui avait si bien entonné l’air que j’aime tant.
    Laissant glisser un sourire sur son visage, elle remercia ensuite le public de sa voix douce.
    Et tous ceux qui comme moi, depuis Tianjin ou les provinces les plus reculées de la Chine, avaient gouté avec plaisir au spectacle.
    - Merci Madame, murmurais-je alors.
    Madame, la première de Dame de Chine.

  • Mián Mián 棉棉

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    Dure a été la lecture des Bonbons chinois où Mián Mián raconte l’univers glauque de la drogue et du besoin frénétique du sexe de la jeunesse underground de Pékin.
    Je suis parfois aveugle, loin de penser que la jeunesse chinoise puisse être à ce point sur la dérive, voguant vers la déchéance.
    La raideur des romans Mián Mián détonne dans univers littéraire chinois plutôt lisse, glissant doucement.
    D’ailleurs, la plupart sont censurés.
    Du coup, je l’ai interrogée.
    « Mes romans me permettent de survivre dans un monde de brutes, dans cette Chine dont on parle de la puissance restaurée mais qui n’est qu’un amalgame d’intérêts individuels, une machine où l’homme compte à peine.
    Alors dans ces conditions, comment survivre ?
    Se perdre dans la drogue et le sexe ?
    Ou se perdre dans l’écriture. »

  • Zhou Weihui 周衛慧

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    Comme j’avais beaucoup aimé son roman, Shanghai Baby (上海宝贝), je suis allé à sa rencontre pour la féliciter.
    Je voulais le dire a quel point j’appréciais le personnages de Coco lequel à travers son comportement et sa famille illustre parfaitement les contradictions de la chine contemporaine.
    Mélange de sexe, de drogue au risque d’un monde interlope.
    “ Vous savez, m’a t-elle dit, j’ai eu beaucoup d’ennui avec ce livre. Beaucoup d’exemplaires sont partis en fumée. Mais, comme il est toujours possible de renaitre de ses cendres, j’ai récidivé et je récidiverai toujours et inlassablement.
    Telle une pluie ne s’interrompant jamais. »
    Le soir même, j’ai poursuivis la lecture Wo de Shan (我的禅) plus doux tout de même que le précédent.

  • Shu qi 舒淇

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    Pour accéder à la notoriété, un choix douloureux s’impose à toute jeune ambitieuse, originaire de Taiwan, sans nom, sans relation.
    Quelque temps durant, il faut prêter son corps, se mettre dans l’ambiance.
    Aussitôt dans les rangs, Shu Qi fait merveille dans « Love is not a Game, But a Joke ».
    Plus tard, je la retrouve dans « Millennium Mambo » et « Three Time »s où elle excelle.
    Un dimanche matin, je la rejoins sur l’Avenue of Stars (星光大道) dans le quartier de Tsim Sha Tsui à Hong Kong.
    Sortant d’un festival de cinéma dédié aux stars hollywoodiens des années trente, avant que je ne l’interroge, elle s’exclame :
    - Made it, Ma ! Top of the world !
    Je suis laissé sans réponse, médusé.
    - James Cagney, White Heat !

  • Gong Li 巩俐

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    Sa renommée est un sacré piège car on la figure distante, accompagnée d’une ruée d’agents, de la morgue au visage, trainant autoritairement sa gracieuse silhouette dans les Palais Romains.
    Nullement, Gong Li est une femme qui adore la simplicité et l’inattendu.
    La voilà en scooter à Paris arrimée à un inconnu, un sans grade, rencontré au hasard d’une marche sur la grande muraille, cette fois pris au piège d’un délicieux rêve, l’amour.
    Quelle merveilleuse aventure que celle de rompre les amarres et de regarder sur la butte Montmartre le lever du Soleil cette fois bien et tendrement accompagné !

  • Coco Lee 李玟

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    Sa belle silhouette évoluant sur de nombreuses scènes, sa vie est une suite presque ininterrompue de disques accumulant prix et honneurs.
    La voix jonglant aussi élégamment entre le mandarin et l’anglais, cette hongkongaise de naissance ayant vécu très tôt aux Etats Unis incarne parfaitement le soft power chinois, ce moyen pour la chine d’étendre délicatement, sans coup férir son influence sur le monde.
    Cependant, au milieu de sa remarquable réussite, Coco a le cœur généreux, la larme à l’œil, laissant filer document sa voix pour soutenir les malades du SRAS ou du Sida, pansant la misère.

  • Sabino Cagigos – Sà bīn 萨宾

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    It is clear that Sabino Cagigos once called in chinese 萨宾 (Sà bīn) embodies the vitality of the today culture.
    Since long, thanks to his Catalan origin, Sabino has a fascination with labyrinths that cover his family background, his philosophical approach, mainly the troublesome western culture.
    The labyrinths represent the conflict between the artist and the world, narrated through a lifetime experience.
    After some vacillation, the route through the labyrinths is finally marked out.
    I found a symbolic similarity between them and the intelligence, the one of Sabino, the one of everyone, even the unskilled one.
    However, for the undogmatic Sabino, experiment remains open, a field of investigation always put into question.
    Nothing is set in stone.
    Everything is short-lived.
    And at the, the men dies.
    So the earth.
    So everything.
    So the Chinese women, Sabino Cagigos, their painter.

  • Zhou Xun 周迅

    zhou xun

    J’ai adoré, mille fois adoré, le film Dai Sijie 巴尔扎克与小裁缝 Balzac et la Petite Tailleuse Chinoise.
    Pourtant, je ne comprenais rien au dialecte abscons que l’on parle dans le Sichuan.
    Cependant, je m’accrochais à la parfaite diction de Zhou Xun.
    Je l’ai aussitôt aimée comme on aime le soleil, la vie.
    Tel un pèlerin, sur son chemin de grâce, je suis alors allé à sa rencontre
    Elle venait de terminer lǐ mǐ de cāi xiǎng, The Equation of Love and Death (李米的猜想).
    - Vous semblez sortir tout droit d’un rêve !
    D’une main fragile, elle a dessiné un cercle.
    Apres l’avoir traversé en son milieu, sa main s’est dirigée vers le ciel.
    Elle m’a alors dit d’une voix douce légèrement chahutée par l’émotion.
    - Vous voyez d’où je viens, vous voyez où je vais !

  • Maggie-Cheung 張曼玉

    Maggie-Cheung

    Miss Hongkong en 1983, tout le monde déjà chérissait son regard, la beauté de ses traits, cette douce légèreté.
    Voilà qu’elle accomplit son destin dans l’un des plus beaux film chinois, Huāyàng niánhuá (in the mood for love) incarnant Madame Chan, tellement esseulée qu’elle s’éprend d’un autre solitaire.
    Nait alors l’un des plus beaux couples du cinéma.
    Silence, nous devons faire silence devant tant de sincérité, de discrétion.

  • Michelle Yeoh

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    Malaisienne, Michelle Yeoh est une chinoise de l’extérieur, libre dans sa tête, dans ses opinions.
    En raison d’un accident vertébral, frustrée de ne pas pouvoir entamer une carrière de ballerine, Michèle supplante toutes ses pairs en devenant Miss Malaisie en 1983.
    Sa beauté fait mouche auprès d’un millionnaire hongkongais avec lequel elle se marie et qui la mènera au premier rang du box office chinois.
    Sportive, elle assure elle même des scènes d’acrobatie, des sauts périlleux dans l’inconnu, parfois vers l’amour.
    Elle interprète la moins connue des sœurs Soong, Ai-ling Madame Kung, plus riche que les deux autres réunis, en posant un regard circonspect sur une chine par trop troublée.
    A 50 ans elle devient la Lady, Aung San Suu Kyi.
    Corps frêle, elle bataille contre les généraux, vouant à la vie un amour par dessus tout.

  • Paris en Chine

    Paris en Chine

    Le groupe Guangsha, premier promoteur privé de Chine, construit dans la banlieue de Hangzhou la résidence de Tiandu Cheng, littéralement, « la ville du ciel », qui est une copie des principaux éléments architecturaux de Paris avec un quartier haussmannien érigé au milieu de nulle part, à l'entrée duquel s'élève une reproduction de la tour Eiffel de 108 m de haut. Guangsha prévoit d'accueillir 100 000 personnes dans ce district. La fin des travaux est prévue pour 2015.

  • NE PAS AVOIR PEUR DE LA CHINE !

    Délocalisation ; pratiques commerciales ; croissance boulimique, vol technologique, dumping, extrême capitalisme, tout y passe, l’on ne sait où donner de la tête.
    Pointés du doigt, fauteurs de troubles, la faute aux chinois ! Tout est prétexte à nourrir le slogan, déjà mondial !
    A Paris, leur frénésie de rachat de baux commerciaux suggère l’hostilité. Dans les universités américaines, l’on stigmatise des promotions comptant jusqu'à 40 % des leurs.
    Au Mexique, « los malditos chinos » sont tenus pour responsables de la fermeture des maquiladoras.
    Au Maghreb ou à Madagascar, l’écroulement de la filière textile suscite la colère.
    A Dakar, l’on s’émeut de voir l’artisanat ancestral fabriqué à Canton. Les politiques s’en mêlent.
    L’augmentation du prix des matières premières et l’invasion des produits chinois abreuvent la démagogie.
    Dans la mêlée, des universitaires japonais lâchent l’incidente : le Japon a bien fait de mater la Chine dans les années trente ! De mal en pis, la chasse est sonnée.
    En Indonésie, plus d’une fois ! Partout les raccourcis s’imposent.
    Telle usine fermée !
    Telle magasin liquidé !
    Tel emploi perdu !
    Eux, toujours eux !...
    De deux choses l’une, soit le phénomène s’emballe et alors la confrontation est à craindre ; soit l’intelligence prend le dessus.
    Comment reprocher à un pays autrefois famélique sa soif de croissance et l’enrichissement de sa population ?
    Comment contester l’affirmation de sa nouvelle puissance ? Fière de son passé, la Chine l’est de son présent, de son avenir. Mieux vaut donc composer sans complaisance mais avec détermination.
    Même si la France est une puissance moyenne, elle peut jouer un rôle ne serait-ce qu’en raison de son image favorable dans l’empire du milieu.
    L’on aime la France et l’idée que les français seraient romantiques.
    Donc amicaux.
    Et l’amitié, c’est le nerf de toute énergie en Chine.
    Du côté des autorités, l’on observe que les modèles d’administration des deux pays présentent des similitudes : l’Etat s’engage, donne le rythme tout en laissant libre cours à l’entreprenariat privé.
    Ne doit-on pas s’appuyer sur cette appréciation pour hisser la France en première ligne dans le dialogue Occident Chine en y associant pas seulement les entreprises du CAC 40 mais l’homme de la rue, chaque français ?
    Mais seule une politique volontariste peut y conduire. Partout en France, doivent surgir des têtes de pont rassemblant français et chinois.
    De même, un effort sans précédent doit être mené en faveur de l’apprentissage du mandarin.
    Dans nos écoles, il doit être enseigné à l’égal de l’allemand ou de l’espagnol. Parallèlement, le français doit être promu en Chine.
    De surcroît, il faut encourager l’installation de français en Chine. S’en compte 7 000 actuellement, amenons ce chiffre à 50 000 !
    De notre côté, recevons des chinois, 8000 mille étudiants en 2005, 40 000 demain ! Favorisons aussi initiative et inventivité. En France, les mécanismes de soutien à l’exportation de produits ou de savoir faire favorisent les entreprises établies, rares sont les dispositifs financiers accessibles au tout venant.
    Pourtant la France dispose d’un incroyable vivier de talents (créateurs, chercheurs, entrepreneurs, artisans, etc.) mais beaucoup, faute de moyens, ne peuvent s’aventurer en Chine. Offrons-leur cette possibilité !
    Apportons à ce grand pays notre sensibilité, nos valeurs, notre humanité !
    En retour, il nous apportera ce qu’il nous manque terriblement aujourd’hui, une énergie constructive, de l’espoir. Ensemble, tordons le coup à la fatalité de l’histoire, aux préjugés, jouons contre les peurs !

  • QUELS SONT LES RISQUES D’UN TREMBLEMENT DE TERRE EN CHINE ?

    RAPPEL
    TANGSHAN (28 juillet 1976)
    Le tremblement de terre de Tangshan, épicentre du séisme, eut lieu le 28 juillet 1976 à 3 h 52 du matin.
    Tangshan dans la province du Hebei comptait alors environ un million d'habitants. Selon les chiffres officiels, le bilan du tremblement de terre, l'un des plus meurtriers de l'histoire, fut de 242 419 morts, alors que certaines sources en totalisent trois fois plus.
    Le tremblement de terre fit également de nombreuses victimes à Tianjin (20 000), distance seulement de 150 Km de Tangshan.
    SICHUAN (12 mai 2008)
    Plus récemment, le tremblement de terre dévastateur qui a frappé le Sichuan, le 12 mai 2008, a été ressenti à Tianjin comme d'ailleurs partout à divers degrés en Chine.
    Le séisme de magnitude 7,9 aurait été provoqué par la rupture d'une barrière rocheuse séparant deux plaques tectoniques lequel a provoqué des secousses en cascades. Ces barrières limitent en principe les effets des secousses telluriques. Il faut rappeler que rien ne laissait prévoir le séisme sur la faille de Beichuan, dans la zone de Longmen même si la présence de bordures de plaques tectoniques à cet endroit est connue. L'implantation de villes sur la zone d'intersection des plaques et la présence de barrages travaillent les sols. Aussi, le phénomène naturel n'est peut-être pas la première cause des terribles destructions et pertes humaines à Yingxiu, Beichuan et Nanba.
    QUELS RISQUES POUR TIANJIN ?
    En revanche sur la zone côtière, notamment à Tianjin, la possibilité de la survenance d'un tremblement de terre existe de manière précise. En cause, la structure géologique de la Chine marquée par une forte instabilité. Associée à la plaque eurasienne, la plaque du Chang Jiang bouscule sévèrement la région de Beijing, donc Tianjin. Toutefois, le phénomène naturel pourrait avoir aussi son importance. Couplé avec une sur-exploitation de terres, le bétonnage massif (extravagant)* des deux municipalités accroît la fragilité des sols. L'hypothèse d'une cassure terrestre n'est donc pas à exclure.
    En outre, il faut rappeler que l'élévation de Tianjin se situe à seulement 4 mètres de hauteur du niveau de la mer. Si d'aventure, les eaux du Bohai étaient le théâtre d'un tremblement de terre significatif, les ondes sismiques pourraient dégager une déferlante jusqu'à Tianjin. Tianjin. Les districts maritimes de Tianjin, notamment, celui de Tanggu, ne disposent pas de protection naturelle pas davantage de digues pour contrecarrer d'éventuels effets dévastateurs. De surcroît, la présence massive d'industries chimiques particulièrement polluantes dans cette zone pourrait entrainer des conséquences en chaîne sur l'écosystème de la mer de Bohai, déjà très abimé. Un tel événement pourrait être d'ampleur plus grave que celui intervenu le 26 décembre 2004.
    MOLLE PREPARATION
    Aujourd'hui, les autorités de la Municipalité sont peu préparées à l'éventualité d'une catastrophe naturelle. Certes des comptes rendus en rapport avec l'activité sismique sont disponibles au Bureau des Mines de la ville de Tianjin et au service des archives de certains districts. L'université de Tianjin dispose également d'un Département « Géologie » lequel procède à des études épisodiques. A la lecture de deux d'entre eux, je n'ai relevé aucune inquiétude particulière. L'on s'en tient, en conclusion, dans les deux cas, à un argumentaire fort peu scientifique à savoir que la répétition de tremblement de terre de Tangshan, survenu en 1976, ne pourrait avoir lieu avant 4000 ans !
    A ma connaissance (mais je me trompe peut-être), le système d'alerte demeure vague. J'ai plusieurs fois interrogé le service des risques de Tanggu sur le sujet, aucune réponse claire ne m'a été apportée. Or, faute d'une organisation extrêmement rodée, les conséquences d'un tremblement de terre pourraient être très significatives.
    François de la Chevalerie (Junma)
    Octobre 2009

  • Gigi Leung 梁詠琪

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    Quelle audace pour une totale de l’inconnue de se lancer dans l’arène violent du show biz avec un album au titre si narcissique sur Love Myself (1996) 愛自己 ?
    Elle assume élégamment cette impertinence.
    - Comment ne pourrais pas m’aimer ? N’est ce pas mie vie que je porte dans mon corps. Si je ne m’aimais pas ou en serais-je aujourd’hui, Meurtrie, dans le sang ?
    Défense imparable dont elle titre un beau sourire.
    La voilà s’exposant dans vingt films, enchainant les albums, cette grande fille s’offre tous les genres.
    Je l’arrête sur son chemin.
    - Attention, Gigi ! Tu souffres d’un asthme chronique. Je ne souhaite pas que tu sois emportée par le même sort que celui qui a arraché à la vie mon adorée Dèng Lìjūn.
    Gigi regarde alors vers le ciel.
    - Quand le moment sera venu, je me laisserai emporter, doucement, sans hâte.

  • Zhōngguó

    Zhōngguó

  • Francois de la Chevalerie, 2012

    Francois de la Chevalerie, 2012

    D’origine Belge mais de culture franco-mexicaine, mon nom chinois est JÙNMĂ (élégant cheval).
    Résidant à Tianjin et à Qingyuan (Guangdong), je suis un entrepreneur passionné par l’environnement, notamment, le recyclage des sédiments et la gestion des risques sanitaires.

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Le détachement féminin de l’espionnage chinois

Posté par ITgium le 13 septembre 2017

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Le détachement féminin de l’espionnage chinois (Hong se niang zi jun 色娘子)

L’âme de Mlle Bo, agent secret, Gonganbu girl

A Jùn mǎ tale 俊 马 (François de la Chevalerie) & the Sà bīn pictures (萨宾)

Avant propos

Toutes ces années passées en Chine m’ont aidé à les reconnaître, à les comprendre, à les aimer.

Nullement n’ai je le souhait de porter le tir contre elles ni même de m’emporter contre l’existence d’un réseau d’espionnage (toutes les nations en disposent) et pas davantage d’en démêler les fils, mon désir serait plutôt de leur rendre hommage en mettant en lumière quelques agréables chausse trappes.

Innocence dans le pré

Au début, je ne me méfiais guère.

J’avais le regard complaisant pour ces belles femmes qui écument inlassablement les réceptions diplomatiques, les salons ou les inaugurations.

Je m’accommodais avec plaisir de leurs aimables attentions comme de leurs délicats atours.

Au fil de discussions, j’appréciais leur impeccable maitrise des langues étrangères.

Je me laissais surprendre par une intelligence souvent inédite.

Je m’amusais encore de leur connaissance surprenante de mon univers culturel.

Durant des années, je jouais sans défiance, évoluant dans leur sillage, répondant tête baissée à leur questions, toujours plus précises, frôlant le détail, presque une mise à nu.

Au milieu des délices, un doute

Que ces rencontres eussent lieu à Shanghai, à Beijing ou à Guangzhou, je remarquais une étrange similarité dans l’approche. A chaque fois, surgissaient les mêmes mots, de semblables refrains et, merveilleusement posé sur leur visage, un pareil sourire tout en finesse.

Commet se fait-il que des femmes distantes de plusieurs milliers kilomètres tiennent un discours presque à l’identique ?

L’âme chinoise serait-elle à ce point bâti sur un même socle que nul ne puisse s’en éloigner ?

Sont-ce là des clones ?

A chaque rencontre, je me posais des questions, celles-ci allant croissant, sans pour autant recevoir des réponses.

Finalement, je commençais à être atteint d’une douce paranoïa.

Je décortiquais méthodiquement leurs caractères, leurs carrières, cherchant à mettre en évidence des points d’ombre.

« L’ignorance est parfois une belle armure contre d’indésirables soupçons » assure Anxmandae de Leira.

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Fuir une encombrante paranoïa (偏執病) !

Rassurez-vous, les femmes que vous allez rencontrer au hasard de votre périple chinois ne sont pas toutes des agents de charme du Guójiā Ānquánbù, plus communément appelé gōng ān bù (公安部) au service de sa majesté l’empereur de Chine (Huángdì 皇帝).

La grande majorité sont sincères et douces, peut être aimantes.

Une immense majorité ne vous apportera pas de faux espoirs.

Derrière les ombres

Cependant l’exception œuvre pour le 2ème bureau.

Un jour de cette vie, des agents secrets assermentés (tè wù 特务) ou des espions (jiān xì 奸细), mieux encore des taupes au regard perçant (mì tàn 密探), courant inlassablement à la recherche d’information (s) (tàn yuan – 探员), raclant sans état d’âme les fonds de tiroirs (àn tàn 暗探), ou plus misérablement seraient-elles seulement des mouchards, des agents secrets de l’ennemi (dí tè 敌特).

Peut-être s’impatientent-elles à l’idée de connaitre un document secret (jīmìwénjiàn 机密文件) ou un secret de fabrication (zhìzuò mìfāng 制作秘方) :

Elles habillent leur requête en vantant astucieusement votre réussite (chénggōng de mìjué 成功的秘诀).

Qu’importe !

Qu’elles fussent ou non employées par une quelconque officine, je les reconnais d’abord comme des êtres humains, portant fièrement entre leurs mains la volonté du peuple  (rén xīn 人心).

Je les aime ainsi, drapées en danseuse javanaise comme Mata Hari (玛塔·哈里).

Dites moi seulement, comment ne pas aimer celle que le quotidien du Peuple (Rénmín Ribao) décrit comme l’espionne la plus belle et habile des temps modernes, Miss Anna Chapman, celle-ci oeuvrant au service du Tsar de toutes les Russies ?

Femme chinoise

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Heureux profil

Bruit de couloirs, les voilà en tailleur blanc, la silhouette fine, le sourire enjoué, flirtant avec la trentaine.

Beaucoup offrent un visage presque occidental, leurs yeux bridés s’effaçant à l’ombre.

Le soir venu, elles se meuvent en grappe lors de réceptions élégantes, couvant d’un regard malicieux des diplomates, des hommes d’affaires, des scientifiques et des créateurs.

Elles se faufilent dans les rangs, le pas volontairement hésitant, se parant d’une fausse timidité.

Tel un vent léger, une approche toute en délicatesse.

Bientôt des hommes les rejoignent.

Viennent les premiers mots, une présentation convenue.

Glisse un rire contenu sur leur visage, comme lâché pour la circonstance.

Généralement, l’expatrié poursuit la conservation, le cœur fébrile, ému d’une si belle rencontre.

- Est-ce là, à cinquante ans passés, la chance qui me sourit ? se demande t-il en se perdant dans une confondante naïveté.

- Sans hésiter, je me laissais embarquer vers un nouvel horizon ! reconnait un diplomate.

- Je retrouvais ces mêmes frissons qui me traversaient lors de mes vingt ans, admet un industriel aguerri.

Faisant rarement état de leur nom chinois, elles se présentent sous un prénom d’emprunt occidental, le plus généralement anglo-saxon issu du répertoire des croustillantes vedettes Hollywoodiennes. Elles vous confieront volontiers l’origine de leur choix. Le plus souvent, c’est leur professeur de langue qui leur en a suggéré l’idée.

Telles qu’elles se déclarent s’exposant dans leur meilleur sourire :

Sylvie ou Rosa à Shanghai ;

Jenny ou Margaret à Beijing ;

Pearl et Naomi à Tianjin.

Ce prénom est un outil parmi d’autres artifices, le tout étant savamment orchestré.

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-

Méthodes

Les voilà, en rang serré se prenant au jeu, désormais en service, dans l’arène.

L’expatrié est aux anges.

Il remercie le ciel. Il bénit sa fortune. Il vante un improbable destin !

La jeune femme pousse l’avantage. Elle flatte son orgueil. Elle le félicite pour sa maitrise de la langue chinoise qu’il manie généralement avec beaucoup de difficultés.

Peut être aura-t-il suffisamment de clairvoyance pour se rendre compte que son mandarin chantonne mal à l’oreille du quidam chinois mais rien n’est jamais sûr.

Malheureusement, pour beaucoup l’hameçon est dans la bouche.

D’un rendez vous à l’autre, Madame vous emporte loin, très loin, vers d’inaccessibles cimes fleuries.

Prenez soin de votre car cette belle âme ne vous aime tout simplement pas.

Vous n’êtes qu’une ressource, de la matière première à raccorder avec d’autres en vue de déchiffrer un document d’intérêt, une maitresse idée, une source.

Cependant l’imbécile croit toujours au père Noel.

Pourtant les indices abondent.

Incidemment, elle se dévoile : trop d’empressement, une connaissance aigu de votre langue, un anglais déclamé avec l’accent des fins fonds de l’Arkansas ou des courriers au ton académique, des formulations trop à la mode.

Elle use de tous les moyens de communications pour vous amadouer : oralement (kǒutóu 口头), par l’écrit (wénzì 文字), de manière imagée (xíngxiàng 形象), démonstrativement (shìfànxìng 示范性) et toujours activement (huódòngxìng 活动性).

Elle guette inlassablement une information (mìfāng 秘方), confidentielle (jīmì de 机密的).

Toujours âpre au combat, elle évoque directement des points précis de votre carrière enchevêtrée.

Vient la bête !

Une demande précise, par trop précise.

- Comme se fait-il que cette charmante femme en sache autant sur moi alors qu’aucunes des femmes avec lesquelles j’ai frayé au Pérou, au Sénégal ou en Italie, n’ont jamais prêté le moindre intérêt à ce brevet que j’ai déposé voici vingt ans à l’ONPI à Genève ? confie un inventeur.

- Je ne crois pas être la gloire qu’elle déclare que je suis ? s’émeut un industriel.

Tout cela est de bonne guerre, le plus souvent sans conséquence.

Rarement cherche-t-elle à piéger crûment son interlocuteur.

Rarement cherche-t-elle à l’abattre. Nullement a-t-elle l’intention d’être une source de malheur, de calamité (huò duān 祸端).

Jamais elle ne vous fera perdre la face (diū miàn zi 丢面子), elle sait trop bien, depuis toujours, qu’aucune âme ne peut supporter telle ignominie. Son immortalité tient au respect de l’autre, de sa dignité, même lorsqu’elle le plonge – malgré lui – dans un âpre combat.

Elle ne vous aime pas mais elle ne vous souhaite aucun malheur.

Mlle est une femme presque ordinaire dont le sourire reluisant ne dit rien sur les grâces de son cœur.

De surcroît, rarement cherche-t-elle des faits précis telle une boite noire. Plutôt une atmosphère, une idée du monde.

Une idée que la Chine pourra combattre ou, plus heureusement, copier, ensuite valoriser et la mettre sous ses ailes.

Vous maintenir à l’ombre

Mieux vaut se libérer l’esprit de toute charge émotionnelle.

Si d’aventure vous êtes à la recherche de doux sentiments, elles vous prendront rapidement par défaut.

Il faut donc ne rien lâcher sans pour autant leur faire comprendre que vous avez compris leur agréable manège.

Quel bonheur de jouer en averti, passant par dessus la mêlée d’un tir groupé de questions !

Votre objectif, gardez coûte que coûte votre secret (báoshǒu mìmì 保守秘密).

Ne leur confier jamais un secret (bǎ mìmì gàozhī mǒurén 把秘密告知某人).

Gardez même dans les entrelacs de votre mémoire vos pensées secrètes (mì’érbùxuān de xiángfǎ 秘而不宣的想法), votre porte secrète (yí dào ànmén  一道暗门).

Conservez loin de son regard vos affaires dans le plus grand secret (zuìwéi mìmì 最为秘密地), sous couvert du secret professionnel (zhíyè mimi 职业秘密).

Lâchez plutôt des confidences inexploitables (mimi – 秘密).

Chinese female unknown spirit

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Formation

La plupart ont été formées à l’institut des Langues Etrangères de l’Université de leur ville d’attache.

Toutes en ont reçu les meilleurs prix, première de leur promotion.

Brillantes, sérieuses et disciplinées, elles ont légitimement éveillé la curiosité du responsable local du Guójiā Ānquánbù.

- La République populaire de Chine (RPC) (Zhōnghuá Rénmín Gònghéguó) vous sera reconnaissant, leur dit-il, pour toute action qui puisse servir le progrès et le bonheur de notre honorable pays.

Comment ne pas répondre avec enthousiaste à une telle supplique ?

Lorsque l’on a vingt ans, de surcroît, si l’on vient d’une famille pauvre, l’on abdique aussitôt devant une si belle promesse !

Naguère, ces belles jeunes femmes promouvaient la pensée de Mao Zedong (xuānchuán Máo Zédōng sīxiǎng 宣传毛泽东思想) ou de l’infoguerre (Xinxi Zhanzheng) mais tout cela est oublié depuis longtemps.

Aujourd’hui, elles répandent plutôt de belles idées, celles se déclinant autour du soft power chinois, fer de lance de la Chine d’aujourd’hui dans sa conquête de puissance.

Certaines œuvrent encore pour la propagande du Comité central du Parti communiste chinois (Zhōnggòng Zhōngyāng Xuānchuán Bù 中共中央宣传部), distillent méthodiquement ses principes, ses valeurs.

D’aucunes sont de belles perles, membres émérites du service de renseignement militaire (Qingbao 情报部).

Couverture

Un bon espion dispose toujours d’une imparable couverture laquelle évolue selon le temps, les circonstances.

En raison de leur inimitable talent, beaucoup Intègrent aisément des sociétés occidentales.

Elles s’accommodent de fonctions visibles mais sans trop de responsabilité, jamais très éloignées du service des relations publiques.

Conclusion

La belle actrice anglaise, Elizabeth Hurley, apporte une jolie conclusion à mes commentaires.

- I’ve always wanted to be a spy, and frankly I’m a little surprised that British intelligence has never approached me.

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Est ce que toutes les langues se valent ?

Posté par ITgium le 4 juin 2016

de

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Le récit de jun ma

Longtemps, je le pensais.

Puis un jour, j’ai eu pour compagne une jeune femme issue de l’ethnie bouriate, originaire de Oulan Oude en Sibérie.

Chercheuse dans le domaine des matériaux, je l’ai rencontrée à l’université de Tianjin.

Bien que ses traits physiques la rapprochent des Han, son tempérament était à l’opposé de celui des chinoises. Plus directe, peu conformiste. Surtout, elle manifestait un notable mépris pour les biens matériels.

Notre relation s’étoffant, elle m’enseigna des rudiments de la langue bouriate.

C’est ainsi que je réalisais à quel point cette langue est bien plus qu’une langue mais une invitation à la cosmologie.

Ainsi, lorsque un bouriate dit le mot ciel, il rajoute l’infini. Quand il dit l’infini, il complète avec l’invraisemblable et ainsi de suite. Jamais isolés, les mots s’inscrivent dans un récit qui décrit l’histoire de l’univers depuis le début des temps.

Ils n’existent pas autrement. Jamais, du moins, dans leur petitesse quotidienne.

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Dès lors, il m’était impossible d’évoquer le temps – qu’il fût beau ou saumâtre – donc le ciel sans discourir deux heures durant sur l’univers.

Comme je me montrais mauvais élève, Madame prit le large.

Dans la tradition bouriate, toute rupture doit être sobre et brutale.

Celui qui rompt quitte les lieux du jour au lendemain en laissant seulement sur un coin de table un bout de papier.

Sur celui-ci, un seul mot suffit à décrire la raison de l’échec.

Dans mon cas, c’était entendu, je n’avais rien compris à « son ciel », le mien étant par trop prosaïque, pullulant de nuages, chahuté par d’incessantes averses.

François de la Chevalerie

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Aurélie Châtelain, morte pour la France !

Posté par ITgium le 8 octobre 2015

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Aurélie Chatelain

Victime du terrorisme, assassinée au hasard des chemins, la mémoire d’Aurélie a été célébrée à Tianjin en Chine du nord.

Son sourire rayonnant et son courage suscitent l’admiration des chinois.

Drapée dans la peau d’une héroïne tragique, Aurélie symbolise la France dans l’empire du Milieu.

Ci-après, « la minute » d’une soirée consacrée à la France et au cours de laquelle son souvenir s’est naturellement imposé.

J’en ai retranscrit le contenu.

————————

A Tianjin, à l’université de Nankai (Nánkāi Dàxué 南开大学), chaque mois se réunit le comité des Savoirs, une association dont le but est de parfaire nos connaissances sur des thèmes divers.

Sous la conduite des vieux professeurs Sun Wei et Ju Zhenping, l’on s’entretient le temps d’une soirée d’un sujet. Le mois dernier, les plaines du centre de la Chine, entre le Huáng Hé et le Chángjiāng, berceau d’une civilisation cinq fois millénaire. Parfois l’on s’évade vers des horizons lointains, la découverte du Désert du Taklamakan ou de la vallée aux neufs villages fortifiés (Jiuzhaigou). L’on commente aussi des sujets scientifiques comme cette idée que l’univers serait relié à un autre univers répondant à des lois physiques méconnus.

Dans l’assistance, à parts égales, femmes et hommes. Plutôt d’âge mûr. Dans les rangs, des étudiants et une poignée d’étrangers.

Parler de la France

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Université de Tianjin

Ce soir là, à la demande du Professeur Sun Wei, je m’étais offert à parler de la France.

J’avais préparé un exposé académique. Une cascade de tableaux ; des cartes assaillies de couleurs ; une chronologie chevauchant les siècles.

Bientôt les regards se portent sur moi. Je prends place sur l’estrade, les mains encombrées de documents. Je cherche un repère. Alors que des sourires m’encouragent à parler, une sorte de paralysie me surprend. Aucun mot ne glisse de mes lèvres.

Je reprends mon souffle, toujours rien.

Je force mon énergie, le vide.

Qu’ai-je à dire de la France ? Comment saurais-je la dépeindre ? Ai-je seulement le jugement pertinent ? Déjà je crains les poncifs, le convenu.

De guerre lasse, je pose mes mains sur le pupitre. Je glisse alors hâtivement sous le projecteur une image.

Sur un pan de mur, apparaît doucement une jeune femme. Les yeux pétillants de joie, joues et lèvres enlacés, le tout porté par un sourire radieux.

AurélieCe sourire, Aurélie Châtelain, originaire de Caudry dans le nord de la France.

Aò hēi lì (奥黑莉), ai-je aussitôt repris en chinois.

Puisse-t-elle par leur seule force de son visage évoquer la France !

Dans la salle, les regards convergent sur elle.

Beaucoup cherchent, scrutent. Certains plissent des yeux.

D’abord un silence recueilli. Bientôt des murmures.

Un jeune homme s’avance.

- J’ai vécu deux années en France, commente Li Yazhe, le jour de mon départ, je voulais garder en mémoire une image de ce pays que j’ai aimé, que j‘aime toujours. Je ne savais que choisir, entre Versailles et Fontainebleau ; Napoléon et Louis XIV ; des vignobles du bordelais à la Montagne Saint Victoire. Aucune image ne s’imposait. Le départ s’annonçant, j’ai posé ma tête dans mes mains. Je me donnais une minute, pas une de plus. Lorsque je la relevais, j’étais toujours dans le brouillard. Comme je balayais du regard la salle d’attente, mes yeux s’arrêtèrent sur un écran de télévision. Je vois alors une femme resplendissant de vie. Jeune et souriante, tel un soleil. Tel un message. « Ne l’oublie pas ce pays, mon ami ! » ai-je cru entendre.

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- Ce jour là, je me trouvais au Musée du Louvre. J’accompagnais un groupe de touristes du District de Jixiang, poursuit Jing Liu. Alors que nous nous approchions de la Joconde, un bip a retenti sur mon Smartphone. Un ami venait de m’adresser la photo d’Aurélie, l’accompagnant d’un commentaire : « Cela s’est passé en France ! »

Devant le spectacle de la Madone, un touriste m’interroge : « Les françaises font-elles autant la moue aujourd’hui ? » Je luttais contre cette supposition. Rien n’y faisait. Il se lamentait que la Joconde fusse à ce point peu avenante. C’est alors que me vint l’idée de lui opposer le visage d’Aurélie. Le groupe se rassemble autour de moi. Plus aucun des Tianjinois n’a alors cherché à surprendre le sourire introuvable de la Joconde. Ils n’en avaient que pour Aurélie. “ Ce regard est limpide et lumineux, je le comprends ! “ commente l’un d’eux.

Plus tard, déjeunant, avec ces derniers, ils me demandent de parler d’elle. Une foison de question. Ils voulaient tout savoir jusqu’à ses amours et, plus haut dans le ciel, ses rêves. Je cherchais mes mots. Fallait-il seulement dire la vérité ? Je n’ai pas voulu froisser leur bonheur. Je parlais d’une française comme je me l’imagine, comme ils se l’imaginent désormais. Dans le district de Jixiang à Tianjin, la voix de la France, c’est désormais Aurélie.

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Université de Tianjin

- Parler d’Aurélie, c’est ce que j’ai fait à l’université de Caen, le soir même du drame, prolonge Yang Ying. Du fait de mon ancienneté au Département du Génie Côtier, mon directeur de Thèse m’a demandé de parler de la France à trois étudiants qui le matin même venaient d’arriver des profondeurs de la Chine. Je les abreuvais de conseils. Ils m’écoutaient avec un infini respect, l’oreille bien tendu. Au bout d’une heure, je laissais le champ libre à leurs questions. « Il semble, dit le premier, qu’une femme se soit endormie au petit matin. Lorsque j’ai appris cette nouvelle, je me suis demandé ce que le destin pouvait lui reprocher ». « Moi aussi, reprend un autre, Je ne peux admettre que l’on en vienne à mourir à l’aube ». « Comment se peut-il qu’une femme si jeune puisse être si tôt emportée ? » conclut le dernier.

- Ce matin là, nous étions en costume, cravate bien serrée !  poursuit Wu Guo Jun, cadre austère dans une grande entreprise. Autour de notre líng dào (chef), un homme peu affable, notre délégation comptait dix membres. Notre objectif, prendre d’assaut une entreprise française, l’avaler si vous voulez. Depuis de longs mois, nous avions examiné cette proposition par le menu jusqu’à la moindre écriture. Finalement, nous avons décidé de mettre sur la table une somme bien replète. Voilà le grand jour ! Dans un immeuble Parisien, nous suivons notre chef. Son visage est tendu. Il brûle d’impatience. Le contrat est là devant nous. Les français se font attendre. Peut être s’émeuvent-ils d’un addendum de dernière minute ? Les minutes se prolongent. Dans l’attente, notre attention se porte sur un journal placé un peu plus loin. Dessus apparaît une femme souriante. Glisse un sourire sur le visage du líng dào. Nous respirons enfin. Surgit la délégation française. Par je ne sais quelle chimie une sorte de fraternité chaleureuse s’est immédiatement installée dans la salle. Le contrat est signé. Chacun se congratule. « Ah cette chère française ! Elle nous portera chance ! » s’exclame notre chef.

Aurelie Chatelain

Aurélie Chatelain

- Elle est morte à 32 ans. Lâchement assassinée ! lance brutalement Wang Peiliang, une jeune femme à la tenue stricte.

Silence glacé dans la salle. L’émotion est à son comble.

Ce que certains imaginaient être seulement un sourire est aussi une larme.

Ce que d’aucuns vivaient comme une lumière est encore un chagrin.

- Aux premières heures du matin, poursuit Wang Peiliang, je cours dans les parcs. Je m’étire. Je chahute mon corps. Je lui donne l’énergie dont il a besoin. Je suis heureuse. Je le serais encore plus si les femmes du monde entier partageaient un plaisir égal sans rien craindre de la vie.

De nouveau un silence.

- Lorsque je m’aventure à Pékin le long du lac Houhai, ajoute-t-elle, je pense à Aurélie. N’avait-elle pour première passion, celle de danser ? Chaque matin en son souvenir, je danse pour elle devant la maison de Sòng Qìnglíng, Mother of China, l’épouse du père fondateur de la Chine moderne, Sun Zhongshan (Sun Yat-sen). Un tour sur moi même, une valse en sa mémoire !

- Chaque soir, nous sommes trente à danser, prolonge Ye Xianbing, une retraitée de la Mairie. Devant le Musée de Tianjin, un souffle nous porte, le souvenir des êtres aimés trop tôt disparus. Leur ombre nous éclaire. Ils sont là parmi nous, mènent la cadence. Nous suivons leurs pas. Ainsi nous rendons hommage aux mille pairs de Chine comme autant à des étrangers aimés, comme à Aurélie.

- Le destin (mìng yùn 命运) ne lui a pas prêté la longévité (cháng shòu 长寿) qu’elle aurait méritée, commente le vieux professeur Ju Zhenping. La mort l’a trouvée à un âge où l’on aime infiniment la vie. Voilà l’infortune des héros, mourir avant l’âge ! Cependant, nous connaissons ce proverbe, le moment donné par le hasard vaut mieux que le moment choisi.

- Oui, nous savons qu’elle a défait le démon, l’ennemi du genre humain, poursuit Sun Wei. Ce matin là, dans la peau du diable, il sévissait. Il voulait semer la mort, tuer à bout portant, se draper de sang. En portant toute seule l’assaut, Aurélie a eu raison de sa misérable colère. En bousculant son sordide programme, elle a sauvé des vies ! Elle a donné sa vie pour les autres. Aurélie est morte pour la France !

- Peut-être avait-elle pour mission de protéger ce pays ? suggère Wang Peiliang.

- Peut-être a-t-elle toujours pour mission de le protéger des peines à venir ? reprend le professeur Ju Zhenping. Depuis la constellation du Centaure, voguant d’étoile en étoile, elle se tient aux aguets, prête à l’ouvrage. Lorsque la France s’en ira vers des lendemains funestes, elle diffusera des ondes bienveillantes, une idée du bonheur qu’elle portait inlassablement sur son visage. Une idée de la vie. Du haut du ciel, son sourire veille.

- Longtemps nous autres chinois avions pour seul héros français dài gāo lè (戴高乐), remarque le professeur Sun Wei. C’est le nom que nous donnons au Général de Gaulle. Ainsi traduit, le « très grand homme ». Lorsque la mort l’a emporté, il a pris place aux côtés des grands de Chine, Kǒng Fūzǐ (孔夫子), Lǎozǐ  (老子), l’empereur Kangxi (康熙), Sun Zhongshan (孫逸仙), Zhōu Ēnlái  (周恩来), Dèng Xiǎopíng (鄧小平), d’autres frères d’arme. Tel qu’il fut, il célébrait l’idée du devoir, le sens de la Nation. Telle qu’elle fut, Aò hēi lì racontait la France d’aujourd’hui, portant loin ses couleurs. Désormais selon nos traditions, dans chaque maison chinoise, depuis Taiyuan en passant par Xi’an et jusqu’à Chengde, ces héros français se maintiendront dans nos meubles. Comme nos ancêtres, comme Aurélie à jamais présent.

- Son visage angélique méritait d’éblouir la vie plus longtemps ! reprend Wang Peiliang.

- Nous autres Tianjinois, lui sommes infiniment reconnaissants de nous avoir fait comprendre la part d’humanité et d’universalité de la France, affirme le professeur Ju Zhenping, la voix saisie par l’émotion. Aurélie, tu seras toujours des nôtres, comme ta petite fille, comme tous les membres de ta famille.

Sur ces mots, la soirée s’est conclue.

Sous le regard bienveillant des professeurs Sun Wei et Ju Zhenping, dans la nuit noire de Tianjin, tout au souvenir d’Aurélie, chacun s’en alla avec une certaine idée de la France.

Le récit de François de la Chevalerie (jùn mǎ 俊 马 故事)

PS 

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The untold story of a chinese married woman

Posté par ITgium le 23 mai 2015

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She.

A jùn mǎ tale

俊 马 故事

In the course of the life of a married woman, Love is ever won forever.

In China much more than elsewhere, many marriages are driven and instigated by parental conformism. Among various considerations, the financial means of the future husband rank at the top mainly his ability to purchase a new home. Age plays also a significant role. The thirties years barrier acts as an alert, a major emergency.

From here, many women bury themselves into the couple to satisfy a short shortsighted strategy, the making of a comfortable life.

They are in danger of having a rude awakening.

But the picture behind is much more complex.

I would like to take the time to share my own personal testimony by investigating the full spectrum of a married woman worries and sometimes troublesome situation.

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This is story of Nancy Yeung

Nancy is not born with a golden key around their neck. She came from the average Beijing middle class family rooted in the Xicheng District (西城区). No Brother. No sister. Unfortunately, fate knocked early at her door. At age 3, her father died of an unknown reason or, at least, by herself. However, according to family sources, two years before the Nancy birth, her dad knew that his life would soon be over. That is when he made up his mind to bring to life a child that will carry his blood after his death. As one of his friends remembers: “For him, it was as a duty nobly discharged. Because he has completed its mission on Earth, he could now die. Perhaps, he had seen salvation in Nancy eyes.” Thanks to the shining presence of the amazing little girl, his last few weeks were characterized by a sense of joy and inner illumination. The last time he saw her, the very cute Nancy was bubbling in her bath, with a crown on her head. Then, she whispered into his ear, her voice full of emotion: “I love you, Dad”. In turn, he approached her, muttering: “The only advice I can give to you. Never fear! Try not to be superficial in all your relations, your life commitments!” She remained silent as if she had understood, only three years old.

Despite this painful episode, her mother made sure that Nancy life would be full of happiness, promoting in a daily basis the best mental health and wellbeing. From her, Nancy inherited a charming and captivating smile. That is why she has the extreme ability to smile through the storm, under any circumstances.

Thanks to the enlightening love of her mom, she holds three sizeable natural resources: Self-affirmation, self-confidence and self-esteem.

However, this smile covers up the crushing sadness of her father absence that is very hard to live with. Crippled by this obsession, having reached adulthood, in her spare times, Nancy is willing to help people from orphanages and schools in deprived areas.

- Let me quote the greatest Mahatma Gandhi (粵語) she told them, “Where there is love there is life”.

She presumed that a loving heart is the beginning of all things, all knowledge, the way forward.

Obviously, the children need this encouragement. Because Nancy gives love to them, she is on every lip of the abandoned children.

This is Nancy, a heart of gold, a generous soul, “Mother Nancy”.

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She received a good education by attending the university of Beijing. She received a Master’s degree in international business. She learned English, praising the genius of some American writers as well as outstanding moviemaker, the best of them, Charlie Chaplin. She read more than once “The Good Earth”, written with genius by Pearl Buck also known by her Chinese name Sai Zhenzhu (賽珍珠).

It is at this time that she aspired to a diplomatic career. This revelation came to her by viewing photos of the stunning Zhōu Ēnlái at the Geneva Conference in 1954. Each night, before bed, she looked at the map of the world. Then, she moved her finger over. She fixed her gaze upon a country. Mozambique, Africa. Salvador, South America. Estonia, Europe. New Zealand, Oceania. She felt that she could bring peace, security and stability to the world. She thought that she could alleviate the misery, hunger and devastation caused by years of violent conflict in so many the countries. “My duty, my dream! Give happiness to the voiceless, to the poorest, to the most vulnerable!”

In the twists that life can sometimes take, she ended as a talented businesswoman. Nevertheless, she never forgot her personal oath. In Mozambique, where she carries on its business, she enjoys sharing her time with Makonde and Tonga, women or children. « I am happy that I am part of their family”, she said with deep sincerity. Mia Couto, a Mozambican writer, author of the amazing novel Every man is a race” once wrote: “Nancy incarnates the beauty, sensuality and fantasy of the Chinese woman, the very essence of untouched beauty as nature intended”.

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Unlike the average businessman, likely possessed by his Dad advice, Nancy sought to understand the meaning of its action. She realized that she was engaged in the spreading of the Chinese soft power as the President Xi Jinping has encouraged through his call to the Chinese dream (zhōngguó mèng 中国梦). Before each stay in far distant land, she liked to close herself in a library. Therefore, she learned a lot about the African continent, its history, its culture, its habits and, mostly, its inhabitants dream. At each meeting she had with her Mozambicans counterparts, she begun with this surprisingly introduction: Mozambique is derived from Musa Al Big or Mossa Al Bique or Mussa Ben Mbiki, an Arab trader. She pursued remembering the President Samora Machel, the father of the nation.

For many Chinese companies involved in this country, she acts as a « mediator » which task is to prevent any uncomfortable situation with the local people. “She is candid and open, very straight from the heart. We respect her and trust her tremendously”, said one of its partners.

On the edge of a celestial business tour in Africa, she discovered the beauty of humanity, which she shared with the inhabitants of Earth.

A Shadow on the Writing Board

Each history has its secrecies, its mysteries and its questions that one will perhaps never solve. Incidentally, something strange in her life, some confusion resonates on her name. In this tale, I gave her the patronymic of Nancy Yeung but that’s untrue. It would thus appear that her registered one is Jing Yang. However, she later changed it to Zi Yang, arguing that she did so due to her mom’s requirement. What were the reasons behind the scenes? One may speculate the shadow of her Dad unsettling death here reemerges. Three names is a very heavy weight to be carried by for just one person. The shrouds of secrecy serve to perpetuate Nancy life mystery.

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Wedding time

At 28, a friend alerted her about her age.

- This is an insurmountable barrier. Do you realize that? She asked. Marriage is a central milestone in the lives of most people. Don’t wait!

At that time alone, Nancy sniffed instantly a life of failure in the middle of nowhere.

She feared the eye catcher, some putting them down about her celibacy.

Already, she suffocated, trembling, difficulty in breathing.

Once, her mom taught her that a solution for every problem is found in nature. As Nancy mind is perfectly clear and decisiveness, she enrolled immediately in the search of a husband.

- I like to feel the sensation of conquering the sky, although, in the final analysis, it always wins the victory over us.

Nothing very spontaneous.

In her path, she met a lonesome man, ten years older. Knocked down by a broken marriage, suffering from the gout, the main illness of the Kings of France, he wasn’t in good spirits. Aged thirty-eight, his life was plagued by ill health and a previous unhappy romance. Here comes the holy Nancy. Because she has a generous heart, she felt able to save him from a gloomy life, a moody horizon. In fact, this guy exemplified her wish to help someone.

- It is natural to feel depressed at times, she said. Nothing is preordained! With me your morale will run high.

She asked him to marry her the same day.

As fleeing from a rain of bullets, in an outburst, she said abruptly: “We will do it perfectly!”

While he was somewhat reluctant to support this project wondering whether it was appropriate to do it so quickly, Nancy exclaimed, the face radiant with joy: « This is what I want, this is what I seek, this is what I desire with all my heart!

Slip a smile on her face. Mouth half open, she continued her heavily offensive. She raced towards him, kissing his neck, his cheeks and forehead. At the very end, she whispered a carnal and definite, I love you.

She believed that marriage is an exclusive, permanent union between a man and a woman, a loving partnership open to the possibility of an everlasting happiness. 

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Dealing with despair

The path between heaven and hell is a narrow one. A family is a risky venture, because the greater the love, the greater the loss. That’s the trade-off. In a short time, her marriage turned into its own hell when her husband started to lock himself into a deafening silence, his chosen dark and lonely prison. For obscure reasons, he didn’t want to see anybody. For unknown reasons, he was unable to speak anymore. Removing himself from the world, his life was malignly regulated down to prosaic habits: eat, work and sleep.His heart is hardened like the soil of the roadside and he cannot accept happiness.

However, his only one enjoyment was the reading of his bedside book, “One Man’s Bible” (gè rén de Shèngjīng 一个人的圣经, Yī) from Gāo Xíngjiàn. He mostly spends his nights flipping through the pages. On its part, Nancy bedside book is LIFE.

In the course of time, an iron Curtain has fallen into her couple.

What are those demonic and uncontrollable forces that plunged her life into ruin? She hasn’t the answer.

She prayed ten thousands times in so many churches, so diverse temples to rehabilitate and to reshape her couple, everywhere, anytime, whenever, the weather cloudy, rainy or sunny.

More than that, she attended psychology teachings at the university to learn how to recover her faith in love. But, her husband refused to come there, as it was encouraging to do so. He pointed out that he has nothing to do with that. He said that he doesn’t need any support. He was adamant and affirmative that he would follow his own way.

The time went on.

She was still sharing his life, but she was desperately lonely.

Then she recalled the word of her mother at her wedding party, quoting Socrates: “My advice to you is get married: if you find a good husband you’ll be happy; if not, you’ll become a philosopher”.

Behind the curtain, was her husband her real husband or just an actor playing an undetermined role for her undeclared dramatic life purpose?

Here relies the crucial point of Nancy life. Because of her father early death, she tried to repair this absence, taking care of abandoned child’s, marrying a lonely man, doing all her best to maintain afloat her couple. She has an earnest and genuine heart but life is a somewhat complex material.

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Fleeing the disorder

Reaching thirty years old, she intended to go away from her Beijing home in a way to escape a deep feeling of depression.

Due to her social activities, she meets a lot of men of all backgrounds and professions, natives and foreigners. Nancy has fixed guiding principles that she never distanced herself apart. She treated every man with a good sense of friendship and all at once imposing to herself a responsible behavior, always self-discipline, never cross the lines. Most of her relations have been for more than ten years.

The danger lies in the unknown.

On March 2013, Nancy met at a party in Beijing a foreigner, nothing exceptional.

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A few days after, he invited her to a dinner that took place nearby the Drum Tower (Gǔlóu 鼓楼).

During the meal, they had a long conversation in a warm atmosphere, in good faith. They focused their attention on various topics, laughed often. However, they did not address their personal life. At that time, the man didn’t have any precise information about Nancy universe, as for instance, the fact that she was married. After dinner, at midnight, they walked a while nearby the Gōng Wáng Fǔ in Houhai. Suddenly, as a strange and mysterious force encouraged them, they began running. Was it a sign of fate?

The day after, the man flew back to Germany where he was currently working.

During four months, they exchanged letters, discussing a wide range of topics, mainly literature, philosophy and movies. Through portraits of historical figures, they started being very friendly.

By the end of July, she told him that she was planning a tour trip to Europe.

“Why we don’t spend sometimes together?” he asked.

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She responded favorably.

As a consequence, he invited her to join him in France where he was settled at that time.

When he came at her hotel where she was waiting for him, he felt a little disoriented to learn that her name wasn’t the same that the one she introduced herself at the first time.

This same evening, the conversation went on her private life. She acknowledged without difficulty that she was married.

This consideration hasn’t change the nice welcoming she received.

In Paris, they spent together a fabulous week long, walking trough the streets, visiting museum, and each night, dancing until dawn nearby the Seine River.

All was going on very well until an incident occurred at the Versailles castle garden. Suddenly, between colorful trees, she described her husband as a simple man with who she has no more dialogue.

Then a glacial silence. From her heart escapes a sigh when painful memories emerge from her lips.

She couldn’t breath anymore.

Her face showed how crushed and hurt she was.

Then she started crying over and over.

“I am still sharing his life, but I am desperately lonely” she admitted.

He sat down beside her and took her hand, a natural gesture, nothing premeditated.

Then, in the magical place of Versailles, under the approving and benevolent gaze of Louis XIV, a love story was born between them, sweetly.

The next morning, she flew to Lisboa.

“During your stay in Paris, wrote the man days later, just holding you in my arms offers me the comfort that creates an exceptionally meaningful connection with you.

Those days, I was so joyful with you, having fun, smiling, laughing, kidding each other, clowning around, cajoling, cavorting, teasing, arguing and even crying

I am wondering if your smile is always bright, radiant and exuberant.

I am asking myself if you heart still brings your “natural” happiness that can spread all around you and give strength to others, the unhealthy little boys and girls as for me.

I question whether your private life gives an appropriate answer to your dream, your long-time dream, the one rooted deep inside your mind.”

He never received any message from her. Not even a word. Not even a whisper.

During nearly two years, she trapped herself in a strictly wall of silence.

Sometimes, in a moment of sadness, the man expressed his complete incomprehension of such behavior.

“Do you fear that something might happen if your today life is not preserved? Is this the question? As you may know, we fear the thing we want the most. Accordingly, the fear is your substance, the worst part of you. Hidden behind your charming smile, your negligent behavior is disputable as well as your dishonest attitude with your husband. Nothing worthwhile in this relation. A poor sense of friendship, senseless in all ways…”

In another message, he sought to understand her.

“Since so many months I am sad to observe that you didn’t reply to my messages. If the reason is to preserve your marriage, according to this assessment, I deeply support you. I think that you are doing well in breaking any ties with me. I interpret your silence as an extreme effort to give all your Love to your husband. It is an honorable posture”.

No response.

She remained intentionally enclosed in total isolation.

Then the time elapsed.

Little by little, Nancy became a bad dream in the man’s mind as a story that had never existed, as she had never crossed his life.

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Nancy Yeung

Nancy return

Two years later, as part of a grouped consignment to all his business contacts in China, the man sent to her his Wechat code.

“How are you, Junma?” she asked.

As he did for all his partners, he welcomed warmly her message by adding the following remark: “What a strange kind of woman!”

She agreed to meet him.

Being in Beijing on May, they spent a day together in the hútong (胡同), strolling from Gulou to the Lama Temple.

It was a sunny day. The joy of being together could be seen on their happy mood. The best part was the look of pride on the man’s face when he saw thoroughly Nancy, again and again.

However, this positive picture is marred by a sad moment. By the evening, she expressed her unhappiness, telling that even if she were still married, she would never have a baby with her husband.

This comment brought tears to her eyes.

The day after, the man sent to her a message mentioning that his feelings were reemerging as they were two years ago, the same symptoms of love. Instead of welcoming warmly this revelation, she pointed out that he was “too emotional, too sensitive”.

Completely indifferent to this warning, he declared his love to her.

“I’m sorry, she exclaimed, I know I’m sounding rude by cutting you off, but I would like to say that you are an idiot (shén jīng bìng 神经病)”.

He replied.

“I have reviewed in detail the translation of this word. This one caught my attention: “disease or dysfunction of one or more peripheral nerves, typically causing numbness or weakness”.

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-

I am disoriented to realize that this is your appreciation of me. Why do I deserve such critic? Please tell me? If there are any, my only fault was to express my sincere Love as it stands, truthfully, genuine, thoughtful and caring.”

The she said with a walling voice : « But you, a foreigner without any special emotion to this country in order to a special aim with money. »

With this sentence, I mean, she is all over the map !

The chapter is closed.

As she did during two years, Nancy disappeared once again completely speechless. She vanished into thin air.

Since then not even a sign, just the sound of the birds in the trees.

“I think that I am just a rubbish box to pour when she didn’t feel well, nothing more” the man concluded, the soul melancholic and painful.

Her answer, her motto : Proud, Indifferent. Be frustrated, Calm (Déyì dànrán shīyì tǎnrán 得意淡然~失意坦然).

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Sony Chan, la chinoise la plus populaire de France ?

Posté par ITgium le 20 mars 2015

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Sony Chan

A jùn mǎ tale 俊 马 故事 (François de la Chevalerie)

 

De passage à Paris, j’ai été convié à un repas. Le sujet du jour : la Chine.

Sollicité pour prendre la parole, je rapporte méthodiquement les nouvelles du front : une économie en voie d’essoufflement, une pollution toujours autant prégnante et un Président autoritaire qui, faute de visibilité, encourage la jeunesse à jouer au football. Je poursuis sur les femmes, un sujet sans fin et à l’impossible conclusion. Je me lamente du viscéral ennui qui entame la vie des couples chinois. A partir du moment où l’argent domine tout, le naufrage est inévitable. « Tout cela n’est guère réjouissant » dis-je pour finir.

- Mais tu n’y es pas du tout !

Il me tend un smartphone. Sur l’écran, une jeune femme aux cheveux longs, les yeux perçants de Sòng Měilíng (宋美齡), le front dégagé de Zhou Xuan (周璇), les joues de Dèng Lìjūn (邓丽君), un zeste d’Audrey Hepburn.

- Sony Chan, tu connais ?

En matière des vedettes de commande, de postiches fabriqués par la CCTV, ma candeur n’a pas de seuil.

- Nullement de ce genre, tranche un ami, Sony Chan, c’est ce que la Chine produit de mieux.

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Sony Chan

- Qui aurait pu imaginer que le chinois le plus populaire de France fut une femme ? poursuit un autre. Plus jamais engoncé dans un traditionalisme éculé, voilà que l’empire du milieu s’offre un visage inattendu : un homme drapé dans la peau d’une femme ; Une femme aux origines masculines ; un homme comme une femme. Quel vent de jouvence !

Sourires approbateurs dans l’assemblée. Tous se réjouissent d’une telle percée. 

Cependant, certains moquent ma crasse ignorance, celle courante des expatriés embastillés dans leur tour d’ivoire, sourds aux clameurs de la rue.

Une comédienne glamour et de bonne humeur

Du coup, la nuit venue, je suis parti à la recherche de Sony Chan dans les entrelacs des réseaux sociaux.

Je le vois.

Je la vois toutes les coutures.

Je m’amuse de ses chroniques à la télévision, à la radio. Sous l’ombre de la tour Eiffel, la comédienne lâche des jugements pertinents. Sans jamais se départir d’une bonne humeur, elle allume gentiment la France. Elle pointe de pâles réalités, traque les maux. Elle s’y prête en mettant en avant une personnalité chaleureuse et avenante.

Elle joue de ses rires, d’une gestuelle hardie.

Sony Chan est une personne aimable et bien disposée (hǎo shēng hǎo qì 好声好气).

Autant qu’elle s’en réclame, elle réinvente le glamour. Un genre qui paraît désuet mais qui sous sa grâce retrouve, entre fraicheur et générosité, une nouvelle vigueur.

Un ton qui tranche avec une scène de comiques aux saynètes plutôt grasses, souvent empâtées de réalisme social.

Paradoxalement, Sony Chan est beaucoup plus engagée que ses pairs.

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Liberté

Ce goût à la liberté

Alors qu’elle pourrait se fondre dans son nouveau pays, la France où elle est installée depuis 1997, elle tire de ses origines chinoises une exigence, ne jamais faiblir devant l’arbitraire, porter la voix autant que nécessaire.

Le mot est lancé.

« Je suis triste de voir la dégradation de ma ville natale, au niveau politique et social » se lamente-t-elle.

Originaire de Hong Kong, Sony s’inquiète des entorses croissantes à la démocratie sous la pression de Pékin, des tracasseries qui jour après jour détruisent les libertés.

Cette même liberté (zì yóu 自由) qu’elle s’est donnée pour sa sexualité, elle entend la faire prospérer à Hong Kong à la barbe des censeurs.

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Liberté en chinois

Ce courage qu’elle a à s’afficher comme bon lui semble, elle l’affirme autant à Victoria Peak (太平山頂) ou sur le front de mer de Tsim Sha Tsui.

Nullement craint-elle encore le gōng ān bù[1] qui invite les overseas chinese (Hǎiwài Huárén 海外華人) à ne pas se répandre.

Contrairement à beaucoup de ses concitoyens, plutôt pusillanimes, qui glissent honteusement dans le fossé (liū gōuzi 溜溝子), elle plaide pour une Chine moins encombrée de totalitarisme et avec plus d’Etat de Droit.

“On doit surtout écouter son cœur, soupire-t-elle. Le regard des autres fait partie de la liberté de chacun. On a le droit de m’aimer ou pas, mais on ne peut pas m’empêcher de vivre”

« L’oiseau préfère sa liberté à une cage dorée », pourrait-elle aussi rapporter.

Belle lumière de ce temps, voguant vers son destin, nul n’empêchera Sony d’avancer à grands pas (gāo gē měng jìn 高歌猛进), à vivre selon ses valeurs en France, à Hongkong.

Tel est le sens d’une vie, ce diction chinois : plutôt mourir de façon glorieuse que de mener une vie vulgaire (nìng wéi yù suì, bù wéi wǎ quán 宁为玉碎,不为瓦全).

—————

Sony Chan – Son spectacle au théâtre Les Feux de la Rampe.

 


[1] Le Ministère de la sécurité publique de la République populaire de Chine

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La chinoise, l’africaine, la cause des femmes

Posté par ITgium le 18 octobre 2014

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Femmes chinoises

Le récit de jùn mǎ

Prenant souvent l’avion entre Paris et Beijing, le vol étant long, avant l’embarquement, j’emporte des romans achetés en solde.

Cette fois, le livre de Calixte Beyala, « l’homme qui m’offrait le ciel ». La couverture représente une femme un rien blessée, genre candide.

« Va ! » dis je, le regard soupçonneux, ne sachant à quelle farce j’allais être livré.

Je m’assoie à mon siège. A mes côtés, une chinoise.

- Je travaille aux comptes de mes sociétés, soupire-t-elle.

Je lui adresse un sourire en ouvrant le livre. Une lettre d’amour en préambule. Une situation par trop classique : mari, épouse et maîtresse.

« Maigre moisson ! » murmure-je quand soudain ma voisine intervient : 

- Que lisez vous ?

En Chine, l’usage veut qu’à toute question soit apportée une réponse concrète. Nuances, gesticulations, oubliez cela ! Je tranche :

- Le livre d’une femme !

Ah ! mâchonne mon interlocutrice en se replongeant dans son bilan.

Je reprends le fil.

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Africaines

La maîtresse se glisse dans la peau d’un homme, bientôt le dévore. Le mâle, une perle des médias s’attable, prend goût. Je fronce les sourcils.

« Qu’ai-je à faire dans un mélo racoleur au scénario entendu ? » C’est alors que ma voisine me coupe.

- Que fait cette femme ? 

- Elle s’exerce dans l’écriture

- Combien de livres a-t-elle écrit ?

- 10 ! dis-je au hasard.

- Moi, j’ai construit 10 usines !

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A

Originaire de Wenzhou, Chuanya Wang me raconte sa venue en France à 18 ans. Aussitôt dans les murs, elle tisse des vêtements dans une cave.

- Je tissais tellement que je me prenais pour une bobine de fil » remarque-t-elle.

Chef d’un atelier clandestin à vingt ans, cinq ans plus tard, elle s’en retourne dans le Zhejiang. Dans un garage, elle créé sa première usine. 

- Maintenant, ma trésorerie ! s’interrompt-elle en m’abandonnant au milieu du gué.

Benoîtement, je rejoins le couple.

L’affaire se corse, l’amant ne démérite pas, beau parleur, mais il est sur le déclin. Pourtant, la femme n’exige rien, juste l’apesanteur de deux corps livrés l’un à l’autre. Dans la bousculade, la chef d’entreprise resurgit.

- Dix ouvriers au départ, dix mille aujourd’hui ! Et elle ? 

Je lui rapporte des bribes. Beyala, ses combats. « Surtout, elle fait peur ! »

- Moi aussi je fais peur ! Les frères Tang n’ont qu’à bien se tenir sinon ils m’auront en travers de leur route !

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C

Une indisposition, la chinoise se lève.

Je reviens à mes pages.

Rien ne va plus, la maîtresse a la peau noire. L’amant s’étrangle, ce corps qu’il louangeait est devenu dangereux. Un extrême danger, pour sa carrière, son public, son honneur. La femme blessée, c’était donc cela ! Dans les filets d’une banale affaire, l’énième épisode du racisme lancinant. « Pas si bête ! » conclus-je, l’œil embrassant le ciel de la Mongolie. « L’amour entre une femme noire et un homme blanc n’a pas d’avenir »  soutenait Calixte Beyala voilà quelques années.

- L’avenir ? brusque Chuanya, cela sera possible quand les hommes auront compris qu’ils ne peuvent plus jouer. 

Cette dernière a enfin clôturé ses comptes, son BFR est reluisant. Au final, elle est dix fois plus riche qu’une flopée de diplômés d’écoles de commerce.

De son côté, l’écrivain, elle aussi venue de rien, n’en finit pas d’asticoter l’homme blanc jusqu’à le rendre inerte, déjà impuissant.

L’une chinoise, l’autre africaine, toutes deux troublantes d’autorité.

Le même âge, si différentes et proches en même temps, œuvrant à la cause des femmes.

Le mouvement et l’action, l’argent ou l’écriture, cette volonté d’exister.

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Anthologie sommaire du client chinois – Le Client Chinois aux Galeries Lafayette – Peines et Joies -

Posté par ITgium le 30 août 2014

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Suivi de quelques variations sur le mot client en chinois

Le récit de jùn mǎ ( ) [1]

Aux Galeries Lafayette (巴黎老佛爷百货公司) le client chinois est roi mais un peu plus car sa cagnotte est reluisante.

Il se murmure que la part des citoyens de l’empire du milieu représenterait 40 % du chiffre d’affaires du magasin du boulevard Haussmann.

Il se commente que ces derniers auraient régénéré l’établissement qui autrement aurait sombré dans un inexorable déclin comme Marks et Spencer, son ancien concurrent naguère établi sur le même boulevard.

Le chinois est le maître des lieux mais est-il seulement heureux à l’idée d’y laisser ses plumes ?

Quel est donc l’état d’esprit l’Homo cinese, le client chinois ordinaire, le píng cháng Zhōng guó kè hù (中国 客户 平常) ?

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Accueil

Un accueil misérable

Aux Galeries Lafayette de Paris, l’accueil est sobre, limité à l’essentiel.

Alors qu’il compte pour de l’or, le chinois n’a pas le droit aux entrées du boulevard Haussmann. Tout juste mérite-t-il les portes de service, rue de la chaussée d’Antin.

Toute la journée, un ballet ininterrompu de bus déverse par paquet compressé des groupes de 30 à 40 chinois sur un trottoir étriqué, mal agencé, tel un débarras.

Aussitôt sortis des véhicules, les chinois sont repoussés vers des portes à l’esthétisme misérable.

Une manière subliminale de leur rappeler qu’ils sont toujours ces coolies (kǔ lì 苦力) que les policiers de la concession française de Shanghai (fǎzūjiè 法租界) traitaient naguère avec le plus grand mépris.

L’entrée en matière est rude.

Sous cape, des offrent leur interprétation.

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Ambiance…

- Le client chinois est le client d’un jour. 95 % ne reviendront jamais sur les lieux. Pourquoi lui réserver meilleur accueil ?

Ce commentaire ne s’impose pas car la marque des Galeries Lafayette est présente en Chine. A par trop se répandre, une image défavorable du magasin à Paris pourrait rejaillir sur l’attractivité des activités en Chine.

- Ne l’avez vous pas remarqué ? prolonge un autre vigile. Tel l’apôtre du mauvais goût, le client chinois est fort mal habillé. Je subodore qu’on ne souhaite pas en haut lieu qu’ils fraient avec des gens à meilleure allure. D’ailleurs, on cherche à les retenir dans une seule aile du magasin afin d’éviter tout mélange. Et dire que ce sont eux qui nourrissent ma fiche de paye !

- Les chinois restent deux jours tout au plus à Paris. On leur impose le musée du Louvre mais ils s’y ennuient à en mourir. Comment voulez qu’un chinois prête attention au radeau de la Méduse dont il ignore tout de l’histoire ? En revanche, les Galeries Lafayette, c’est un moment de plaisir. Même s’il y entre par la petite porte, il a cette impression d’avoir gagner ses galons.

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Chinois à Paris

Dans les murs

Malgré le peu d’attention (et de générosité) porté à leur accueil, les chinois font preuve d’une docilité phénoménale. L’on entend guère de protestation. Presque mécaniquement en rang serré, ils s’aventurent dans le magasin, suivent leur groupe.

Bientôt, ils parcourent les étals.

Dans la tête du chinois, sonne un slogan assourdissant, le luxe (shē chǐ pǐn 奢侈品) ou (gāo dàng shāng pǐn 高档商品) !

Le luxe est l’emblème des Galeries Lafayette, nul ne peut y échapper.

Le chinois ne s’en émeut pas.

Comme sa connaissance des produits occidentaux est résiduelle, il s’oriente vers des marques connues (míng pái) lesquelles se comptent sur les doigts d’une main.

Rarement connaît-il le nom d’un produit (pǐn ming).

Devant chaque devanture, il se range dans une file, attend son heure.

Généralement, dans ces rayons, les vendeurs sont également chinois.

Chez ces derniers, des années de présence en France leur donne un air de supériorité. Mieux que quiconque, ils jugent leurs pairs.

En catimini, ils leur attribue de généreux épithètes : Cū rén (粗人), xiāng bā lǎo (乡巴佬), lǎo mào r (老帽儿).

Autrement traduit : péquenaud ou plouc. Rien d’élégant.

Pire, ils s’amusent de l’ignorance crasse de leurs compatriotes.

- Toujours les mêmes questions, les mêmes remarques. Une sorte d’abrutissement général, de néant, tout cela pour un sac à 300 euros, une paire de lunette à 200 euros.

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Achat

L’achat se vit telle une revanche

Nulle opinion sur les chinois n’est possible si l’on oublie les années de famine et de pauvreté abyssale qui sévissaient naguère en Chine.

Voilà 60 ans le grand bond avant (Dà yuè jìn 大跃进) de la production agricole, voulu par Mao, aboutissait à une terrible famine entrainant la mort de 30 millions de personnes.

Au delà de cet épisode, les campagnes chinoises ont toujours été effroyablement misérables.

Par exemple, à Guiyang (Guizhou), dans les années 30, un pantalon servait à 7 hommes.

L’achat se vit tel un moment de liberté

Généralement, le touriste chinois reste deux ou trois jours à Paris.

Alors que pour toutes les étapes de son séjour il suit tête baissée son groupe, le détour aux Galeries Lafayette s’offre comme un moment de vraie liberté.

En l’espace d’une heure, il donne libre cours à sa frénésie d’achat.

Sortant du rang, il vit alors pour lui même, pour sa famille, ses proches.

Il se figure qu’un sac acheté fort cher lui confère un supplément d’existence.

Enfin, il existe !

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Le pauvre type

La place du mari, ce pauvre homme !

En Chine, la femme fait la Loi dans les couples.

L’acte du mariage signé, elle s’approprie sine die les finances de la famille.

Elle agit avec doigté toutes les fois qu’il s’agit de l’éducation des enfants ou du maintien du logement.

En revanche, elle exige sans relâche des preuves de l’amour de son mari.

Rarement se satisfait-elle de poèmes ou d’un repas champêtre sous une lune brillante. Elle se complait plutôt dans des cadeaux somptueux, des téléphones portables dernier cri de marque étrangère.

Si, de surcroît, son mari se plait à des vagabondages, elle augmentera exponentiellement les virées dans des centres commerciaux.

A Pékin, un expert marketing confie :

- Le meilleur allié des marques, c’est le mari bourru et infidèle. Du coup, comme sa femme s’ennuie à mourir dans son foyer, elle veut sa part de rêve. Notre rôle est d’attiser ce besoin !

A Paris, la femme chinoise est encore plus Reine qu’elle ne l’est en Chine.

Dans la plupart des cas, c’est elle qui a imposé un séjour en France alors même que son mari s’en serait volontiers passé tellement ses loisirs se limitent à regarder des feuilletons aseptisés à la télévision chinoise ou à jouer au mah-jong.

Dès lors, à Paris, c’est double peine pour le mari et triple consommation pour l’épouse.

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Achat

Acheter cher pour l’aura

Au rayon lunette, les chinoises font la queue.

Beaucoup apprécient les paires de lunette de soleil.

Plus elles sont chères, plus elles se sentent en confiance. Une confiance que maintiendra à haut niveau le vendeur jusqu’à l’achat.

Il est commun de dire que le coût est un indicateur de qualité, mieux, de crédibilité.

A son retour en Chine, elle confortera l’idée que son séjour en France a été un succès en étalant ses prises sous le regard accablé de son mari.

Certaines paraderont (bǎi kuò 摆阔) de longue semaines tel le rêve d’une vie de luxe et d’oisiveté, ensablée dans les plaisirs (jiāo shē yín yì 骄奢淫逸).

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Foule

Départ tout aussi misérable

L’achat terminé, les clients chinois rejoignent la rue de la chaussée d’Antin.

Comme leur bus se fait attendre et que leur trottoir est minuscule, ils se regroupent dans un coin.

Ils se replient encore davantage lorsque des passants empruntent le trottoir.

Et c’est alors que ces pourvoyeurs en chiffre d’affaire ressemblent à des réfugiés, des va nu pieds.

L’homme orchestre du succès des Galeries Lafayette, le guide touristique (dǎo yóu 导游).

Fort du soutien actif des Agences touristiques, c’est lui qui entraine le client chinois au pied des Galeries Lafayette.

Nullement s’y emploie-t-il pour la beauté du geste.

Son seul motif, le gain.

Pour tout achat de ses clients dans le magasin, il reçoit une commission (yòng jīn), variant entre 5% et 10%. Longtemps l’URSSAF s’est ému que celle-ci ne soit pas fiscalisée.

Il semblerait que les guides touristiques s’acquittent désormais des charges en rapport avec leurs revenus.

Cependant, les commissions dues par les galeries Lafayette à l’agent touristique n’est que l’aspect visible de ses revenus, d’autres l’étant en sous main.

Les guides se voient attribuer des « commissions cachées » en fonction des services qu’ils rendent.

Le guide touristique est un peu l’homme à tout faire.

CQuelques variations sur le mot client en chinois

Généralement, le client est roi (Kèhù wéi wáng 客户为王).

Dès lors tout le monde est à ses petits soins jusqu’à ce qu’il s’acquitte de sommes rondelettes.

Assurément, le client est un hôte de marque (kè rén 客人).

En termes comptables, il sera plus surement un client (kè hù 客户) ou encore un acheteur (mǎi jiā 买家), un autre acheteur (mǎi zhǔ 买主), tous membres d’une confrérie universelle bien en vue, la clientèle (zhǔ 主顾).

Aux Galeries Lafayette, le client chinois s’en vient et s’en va, fuyant comme l’air (shòu kè hù jī 瘦客户机).

Pour l’entretenir dans ses besoins d’achat, le magasin dispose d’un logiciel de gestion de relation client fort efficace (kè hù guān xi guǎn lǐ 客户关系管理) orchestré savamment par le Service client (gù kè fú wù 顾客服务).

Plongeant dans son intimité, le profilage des clients tient lieu de Bible.

L’objectif est de connaître par les dispositions du client jusqu’aux méandres de son âme (líng hún 灵魂).

Malheureusement les clients chinois ne sont que les clients d’un jour et non pas, ce dont tout magasin rêve, un client fréquent (shú kè 熟客).

Mieux encore d’un client fidèle (huí tóu kè 回头客) portant un amour immodéré à la marque.

En haut de la pile, le roi des clients, c’est le vieux client (lǎo kè 老客), fidèle parmi les fidèles, depuis cinquante ans.

Cependant à ce bon ami, l’on préférera toujours un client très fortuné (gāo zī chǎn jìng zhí gè rén 高资产净值个人 ), cet hôte de marque (guì bīn 贵宾).

Leur pouvoir d’achat (gòu mǎi lì 购买力) étant remarquable, ce que l’on attend de lui, c’est qu’il achète à grande échelle (cǎi bàn 采办), sans compter.

Pour le remercier, il pourrait devenir l’ambassadeur pour une marque (dài yán 代言)

Chaque fois que le client consomme, il se voit affubler d’un nom différent.

Ainsi le client d’un hôtel (zhù kè 住客).

Même le client d’une maison close mérite un titre (piáo kè 嫖客).

De surcroit, avec la percée des nouvelles technologies est né le client virtuel (yóu xiāng kè hù duān 邮箱客户端) se jouant des réseaux sociaux.

A tous ces clients, on proposera un prix de groupe (tuán gòu 团购), parfois en lançant des enchères (chū jià 出价) favorisant des ruées à l’achat (qiǎng gòu 抢购) et où chacun, au besoin, pourra procéder à des achats et ventes (gòu xiāo 购销).

Pour les chanceux, ils se verront proposer un deuxième gratuit à l’achat d’un article (mǎi yī sòng yī 买一送一).

In fine, la marque gagnante rencontrera le succès (chéng jì 成绩).


[1] (François de la Chevalerie)

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Les chinois sont-ils racistes ?

Posté par ITgium le 29 juin 2014

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Le récit de jùn mǎ – Francois de la Chevalerie (俊 马) et les dessins de Sà bīn – Sabino Cagigos  (萨宾)

Jusqu’à ce jour, jamais ne m’avait traversé l’esprit d’aborder cette redoutable question laquelle ainsi posée est sulfureuse, une envolée de mauvais goût.

Cependant, lors de mes derniers passages en France, au fil de conversations impromptues courant sur divers sujets, je me suis plusieurs fois laissé surprendre par une malheureuse incidente, les chinois seraient racistes (zhǒng zú zhǔ yì zhě – 种族主义者).

Se laisseraient-ils gagner par le racisme (zhǒng zú zhǔ yì - 种族主义) ?

Diverses voix le suggèrent.

Dans la mêlée, des exemples.

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Racisme selon Sabino Cagigos

- Des hommes d’affaires Français en déplacement à Pékin s’interrogent sur l’attitude de leurs partenaires chinois à l’endroit d’un membre de leur délégation. « Nous avons relevé, précisent-ils, que les chinois s’en écartaient alors que ce dernier est une pointure en informatique. Est-ce à dire ? »

- Une Franco-Sénégalaise, dont les parents ont vécu à Pékin, porte la critique plus loin, sans ambages : « Ils sont viscéralement racistes ! »

- Un jeune homme d’origine ivoirienne qui envisage un séjour en Chine s’interroge. « J’ai hâte de me rendre dans ce grand pays mais y serais-je seulement bien accueilli ? »

- Un autre d’origine haïtienne précise : « Devrais-je faire profil bas ? »

Brûle encore le commentaire, celui-là fiévreux, d’un chômeur vivant à Aubervilliers où se trouve une importante plateforme commerciale chinoise.

- Lorsque je me suis présenté à une entreprise chinoise dans le secteur du textile, j’ai été reçu par un regard fuyant. D’un geste de la main, l’on me demandait de m’éloigner. Pas même un mot d’encouragement, de sympathie. Que suis-je à leurs yeux ? »

Piégés par le regard de l’autre, dans ce cas du chinois, ils souffrent d’un traitement défavorable.

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Racisme

Le bù gestuel, signe de l’absence de dialogue, d’un refus

Un geste de la main accompagné d’un bù (不) a signifié à ce chômeur qu’il ne pouvait prétendre à un travail dans cette entreprise chinoise.

Ce , traduit sommairement en « non », est la réponse ordinaire des chinois toutes les fois où ils veulent se débarrasser sine die d’une question soit qu’ils ne la comprennent pas soit qu’ils ne veulent rien faire.

Combien de fois n’ai-je pas été surpris dans les rues chinoises par ce bù gestuel, notamment, lorsque je demandais mon chemin !

Certes ce manque d’élégance existe dans tous les pays mais dans le cas précité, il faut rappeler qu’il est sévèrement réprimé.

Si d’aventure des employeurs chinois battant le pavé parisien refusent un emploi à homme en raison de ses origines ou de sa couleur de peau, ils s’exposent alors à de lourdes sanctions.

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Belleville

Même constant auprès des brasseries parisiennes dirigées par des Wenzhou rén (温州 人), ville au sud de Shanghai, et lesquels contrôlent l’essentiel des activités commerciales chinoises en Ile de France.

Tous ceux qui ne sont pas originaires de leur ville sont écartés même les chinois des autres provinces.

Inutile donc de chercher un emploi dans leur sillage.

Conséquence de leur entre-soi, certains sociologues expliquent les violences faites aux chinois dans le quartier de Belleville, agressions et autres méfaits, par leur communautarisme exacerbé.

En somme, la réponse du berger à la bergère.

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Chinois en Afrique

Ailleurs et en Chine

En Afrique, sauf exception, les chinois vivent en vase clos.

Pourtant les chinois n’ont pas l’arrogance de l’expatrié occidental, le plus souvent ils se contentent d’un mode de vie discret.

Cependant, les années passant, ils se tiennent toujours à l’écart de la population locale, indifférents aux cultures du pays, les ignorant.

- Combien de commerçants chinois ayant leur échoppe sur l’avenue du Général de Gaulle à Dakar ont-il lu Léopold Sédar Senghor et Cheikh Anta Diop ? se demande une jeune ethnologue.

En Chine, à Canton où la communauté africaine était effervescente voici dix ans. Désormais, les commentaires sont désabusés.

La politique très restrictive en matière de visa a fini par doucher les espoirs d’une Sino Afrique fraternelle et enjouée.

- Les chinois accordent favorablement des visas surtout pour les ressortissants des pays où leurs intérêts sont importants, voire incontournables. Notamment, là où se trouvent des matières premières. Regorgeant d’hydrocarbures, l’Angola est en pointe mais le reste ? s’interroge un Guinéen sur le départ.

A Canton, la communauté africaine ne rassemblait à son pic (2009) tout au plus 50 000 âmes, peut-être moins dans une ville de 14 millions d’habitants. Si l’on prend pour référence la mégalopole (Shenzhen, Donguan, Foshan, Canton) 50 000 pour 50 Millions d’habitants.

Faites vos comptes !

1 sur mille et c’est déjà trop !

Une goutte d’eau pourtant.

En juin 2012, toute la politique africaine de la Chine aurait pu s’effondrer.

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Manifestation à Canton

Suite au décès d’un nigérian dans les locaux d’un commissariat à Canton, indifféremment de leur nationalité, des ressortissants africains se sont rassemblés pour manifester leur mauvaise humeur.

Trop de vexations endurées ont alors favorisé cet élan comme celle bien connue, de la difficulté de trouver un taxi à Canton lorsqu’on est noir de peau.

Tombe le verdict d’un internaute chinois d’un genre entendu sous d’autres cieux.

« Il faut que les Chinois se protègent, pour leur descendance, il faut préserver la pureté des Chinois et l’excellence de notre culture. Il ne faut pas que les Noirs prennent racine en Chine ».

Si de tels événements se répétaient, le soft power chinois en sortirait rapidement défait.

Cet incident rappelle le traitement hostile qui avait été réservé à des étudiants africains à la fin des années soixante dix au motif qu’ils courtisaient des chinoises.

Là aussi, la communauté africaine s’était levée d’un seul bloc.

Le socialisme scientifique qui unissait alors certains pays d’Afrique à la Chine populaire s’en est trouvé alors durablement ébranlé.

Tombe le verdict de notre ami Guinéen.

- Face à de tels incidents, jamais l’unité Africaine ne s’est aussi bien portée. Plus de Nigérians ! Plus de Nigériens ! Plus d’Ougandais ! Cette fois, nous nous trouvions tous ensemble, unis pour défendre notre dignité.

article-brother3-1219-289x300 Ignorance dans Les chinois sont-ils racistes ?

Le frère de Barack Obama et son épouse

L’ignorance comme explication

Le demi frère de Barack Obama, Mark Ndesandjo, est un fieffé optimiste.

Résidant en Chine à Shenzhen (深圳), ce merveilleux pianiste parle impeccablement le mandarin.

Sa vie est une heureuse composition.

Juif et noir, marié avec une chinoise.

L’intelligence pétillante, il considère qu’il faut laisser le temps au temps.

« Nous sommes au temps de l’ignorance, précise-t-il. La greffe prendra comme c’est le cas dans des villes très mélangées aux Etats-Unis. Voici trente ans dans le quartier de Watts à Los Angeles, noirs et jaunes bataillaient. Maintenant, ils regardent ensemble les Angeles Lakers. »

L’ignorance (wú zhī 无知), le mot est lâché.

Peut-être ne s’agit-il que de cela, d’une totale ignorance de l’autre.

Outre les décennies d’isolement de la Chine et l’extrême capitalisme décervelé actuel, comment pourrait-il en être autrement lorsque seuls deux mots suffisent pour désigner l’homme noir.

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Marck avec ses élèves

fēi zhōu 非洲, soit dit l’Afrique.

Pour les chinois l’homme noir est nécessairement d’Afrique même si il est d’un autre continent.

De surcroît, très rares sont les chinois qui situent la diversité des cultures en Afrique, qui distinguent le Nigeria du Ghana et ainsi de suite.

hēi rén 黑色, noir.

Plombés par la bêtise, certains disent « Hei gui lai le (黑鬼来了) autrement traduit : « Attention! La bête noire arrive ! »

Au delà de ces mots, s’installe un incommensurable silence.

L’on ne veut pas en savoir davantage sauf, comme c’est le cas à Canton, si ces derniers sont de bons clients, expédiant babioles et autres effets vers l’Afrique, en achetant comptant.

L’ignorance n’est pas un mal en soi.

En Chine, s’entend ce bon mot bù biàn shū mài (不辨菽麦), ce qui signifie être incapable de distinguer les haricots du blé, en d’autres mots, être d’une ignorance crasse.

D’autres associent le mot ignorance à une énigme (mèn hú lu – 闷葫芦).

L’homme noir serait une énigme. L’on respire alors.

« Plus je vais, plus je m’aperçois que les êtres que je comprends le moins sont ceux que je connais le mieux. Mes amis sont des énigmes ” dit Cioran.

La peur de l'autre

La peur de l’autre

Le rapport à l’autre

Dans son livre, On china (2011), Henry Kissinger souligne que pour les chinois, la chine est la civilisation.

« Si vous ne comprenez pas cela, dit-il en substance, vous ne pouvez pas comprendre ce pays ». Si cette affirmation est exacte, pourquoi diable prendre soin de partager avec l’autre, de s’imbiber d’autres cultures, car toute autre culture serait par essence inférieure.

Et c’est ainsi que l’homme chinois vit en vase clos, dans sa ruche.

Même s’il ne le souhaite pas, comment peut-il se défaire d’une civilisation cinq fois millénaire ?

Peut être faudra-t-il deux générations pour desserrer l’étau et que l’homme chinois se mêle à l’autre, l’autre pouvant être aussi précieux que son pareil.

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chinoise

Doux remède, les femmes chinoises

Heureusement que les femmes brillent dans ce monde sinon il n’évoluerait pas aussi favorablement.

Pour preuve, les chinoises sont le fer de lance d’un dialogue avec l’autre qu’il soit français, américain ou africain.

De fait, 94 % des mariages interraciaux le sont entre une chinoise et un étranger.

A telle enseigne, le frère de Barack Obama dont la femme respire merveilleusement l’histoire de Chine et désormais sa grandeur, le choix de vivre, de connaître l’autre.

A Canton où se trouve une importante communauté africaine, je me souviens des propos d’amies chinoises.

- Si je rencontrais un noir, eh bien, cela ne me poserait pas de problème !

- Comme ils m’intriguent beaucoup, je m’aventurerais volontiers, précise une autre.

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A l’aéroport de Canton, un parfum de bonheur.

Une jeune femme originaire de Maoming parle en portugais à son mari, un Angolais. Une embrassade bien chaleureuse juste avant le départ.

Une Shanghaïenne s’interroge, sourire coquin aux lèvres.

- Pourquoi n’essayerai-je pas ?

Dans un autre de mes commentaires, je suggérais l’idée que la Chine gagnerait sa course au soft power en le plaçant dans le cœur de ses femmes.

Fort de sa puissance désormais retrouvée, la Chine a besoin d’une armature légère pour étendre son influence par delà ses frontières.

La chinoise est aux avant-postes.

S’en allant avec son sourire, sa grâce, souvent décomplexée, elle apporte naturellement sa contribution à la construction du soft power chinois.

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Lou Jing et sa maman

Quelle belle leçon d’humanité a donné la maman de Lóu Jìng, cette jeune chanteuse qui est apparue à la télévision chinoise en 2009 dans une émission de variété et aussitôt décriée parce que noire !

Malgré les quolibets, la maman s’en moquait. Même si le père de Lou Jing n’était qu’un amour de passade, elle s’est tenue à une seule ligne : Avec Lóu Jìng, nous avancerons ensemble vers un bel horizon.

- Je suis chinoise, s’exclame d’emblée Lóu Jìng, comme on peut l’être depuis cinq mille ans, d’un bel élan, dit-elle le regard doux, sourire généreux.

- De toute mon âme, je porte bien ce beau manteau, ajoute-t-elle la voix légèrement chahutée par l’émotion.

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Lou Jing

Shanghaienne, Lóu Jìng a fait souche sur Terre voici une vingtaine d’années, le visage empreint des belles couleurs de son père, homme noir d’Amérique et de sa mère, chinoise.

Suite à sa participation à l’émission de variété, des voix s’étonnent alors que ce beau visage puisse être chinois, arrimé à une civilisation cinq fois millénaires.

Vaguent des mots peu élégants.

Des râles venant de mâles.

La tête envahie par leurs démons.

Au lieu de batailler contre l’absurde, Lóu Jìng rétorque simplement :

- Je suis née en Chine. Comme tant d’autres, l’un des un milliard quatre cent millions d’habitants de ce pays.

Elle ajoute :

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Avenir

- La Chine est un pays fantastique. Plus les années passent, plus je ne vois qu’elle !

Originaires du Henan ou de l’Anhui, ses amis s’appellent Li, Liu, Wang, Yang et Zhang, Lin.

Ou encore Zhe, Ying, Song et Jing.

- Je les remercie de leur amitié jamais démentie comme je remercie mes parents de m’avoir donné la vie. Ils ont oeuvré pour la ronde des peuples, n’est-ce-pas ? ajoute-t-elle, le visage composant avec un beau sourire.

L’on songe en silence à l’avenir.

Le jour venu, Lóu Jìng donnera vie.

Dans quarante ou cinquante ans, son fils ou sa fille deviendra peut être le porte drapeau, la figure de la Chine d’alors.

Homme ou femme de ce monde.

L’illusion vient d’Afrique du sud nán fēi  (南非南非).

En Afrique de sud où toutes les races sont dument répertoriées, l’homme chinois est décrété comme noir sur sa carte d’indentité qu’il le veuille ou pas.

Noir sur son passeport, jaune sur son visage, il s’en accommode volontiers.

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L’enfer urbain en Chine, la tour de la classe moyenne (gāo lóu zhōng chǎn jiē jí – 高楼中产阶级)

Posté par ITgium le 19 juin 2014

Photo : Shanghai vue de nuit sur les nouvelles habitations - Chine, China

Habitations Shanghai

Le récit de jùn mǎ (俊 马) (François de la Chevalerie)

En Chine, la pollution visuelle urbaine est presque insurmontable. 

Mieux vaut être myope pour ne point trop en souffrir.

Partout se dressent des villes bétonnées lesquelles ont été méthodiquement expurgées de leurs quartiers historiques.

Inutile de voyager dans ce pays, elles se ressemblent toutes,  le même modèle presque à l’identique.

Au delà de quelque gratte-ciel à l’esthétisme original à Shanghai ou à Canton, l’enfer urbain est dominé par la tour dite des classes moyennes, un bloc de béton de 30 à 40 étages surélevé parfois par un chapeau en forme de pagode.

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Habitations à Tianjin

Les tours se regroupent en ruche d’une dizaine ou d’une vingtaine sur un terrain généralement plat à l’exception de quelques viles montagneuses comme Guiyang.

Tous les dix kilomètres, de nouvelles ruches surgissent. Presque à l’infini.

Chaque étage compte entre 6 et 20 appartements.

Dans chacun, vivent entre trois et cinq personnes.

Au final, chaque tour abrite entre 1500 et 2000 personnes, voire plus.

Leurs équipements comme les alentours sont presque toujours de même facture : même entrée, même ascenseur, pareils couloirs, semblable jardin.

Même absence d’escalier extérieur qui aurait pu être bien utiles pour les 65 personnes brûlées à vif en 2011 dans l’incendie d’un immeuble à Shanghai.

Selon les dernières estimations, 150 000 tours se compteraient en Chine.

Près de 300 millions de chinois y résideraient.

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Chine

Le verdict pourrait être impitoyable si deux éléments n’étaient pas pris en compte.

Le premier est d’ordre social, ces tours symbolisent l’heureuse ascension d’une partie de la population au rang des classes moyennes. Beaucoup vivent leur installation dans ces bâtiments avec un infini bonheur, heureuse revanche d’une vie passée dans des appartements exigus et délabrés.

D’un coût à l’achat d’une moyenne de 50 000 à 100 000 euros dans les villes secondaires, l’acquisition d’un appartement est le signe d’une vie accomplie ou en voie de l’être.

Généralement, ces appartements recouvrent une surface aux alentours des 100 m2, ce qui est convenable pour des familles le plus souvent composées de trois personnes.

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Tours

Le deuxième a trait au feng shui (风水). D’essence taoïste (dàojiào), née au commencement de la civilisation chinoise, cette pratique vise à agencer les habitations en fonction des flux visibles (les cours d’eau) et invisibles (les vents) afin d’obtenir un équilibre des forces et une circulation de l’énergie.

Comme je l’ai maintes fois observé en relevant les messages reçus sur wēixìn (微信) à l’occasion de crémaillères, beaucoup de chinois en tiennent comptent.

Nullement sont-ils perturbés de se trouver prisonniers dans des blocs de béton, entassés les uns sur les autres mais bien davantage prêtent-ils attention à se trouver au confluent de forces censées leur procurer succès et stabilité.

Condamnée à l’époque de Mao Zedong, cette pratique est redevenue populaire telle une justification d’un bien être supposé durable. 

Cependant le feng shui n’a pas de valeur scientifique.

Ses attributs ne résisteront pas longtemps à la présence d’amiante[1], de plomb dans les murs des immeubles, tout autant à la chape de pollution balayant le ciel de chine, à une mort prématurée qui pointe dangereusement à l’horizon.

Dès lors la classe moyenne chinoise s’enferme dans un rêve qui dura le temps d’une époque effervescente, un moment de l’histoire chinoise.

L’enfer urbain en Chine, la tour de la classe moyenne (gāo lóu zhōng chǎn jiē jí - 高楼中产阶级) dans Urbanisme à Shanghai superstock_1566-448104-300x199

Buildings in Hong Kong

L’enfer urbain en Chine comme une volonté de se détruire.

Partout en Chine, les villes offrent le même spectacle de progrès.

Organisées autour de centres villes ployant sous des mó tiān dà lóu (gratte-ciels), suffocant sous la pression de gigantesques centres commerciaux, les villes s’offrent comme des emballages de béton sans âme.

Chancelante et écrasées sous leur ombre, subsistent de vieilles maisons datant de l’époque des concessions ou de désormais trop rares Siheyuan (四合院), les maisons traditionnelles chinoises à cour intérieure.

Dans les entrelacs, veillent les vestiges de rares temples feuilletés d’or et gardés par des shī (lions 獅), témoins dérisoire d’une histoire millénaire

Rasé tout le reste, rayées les effluves du passé.

05b.shenzhenbuildings-300x225 dans Urbanisme en Chine

Shenzhen Buildings

Chavire le monde ancien !

Dans les faubourgs, des carrés d’immeubles d’habitation surgissent à chaque carrefour, fermant immanquablement l’horizon. Chaque fois, se comptent dix ou vingt tours de 40 étages, toujours de même facture,

Zhōng guó tài tài tǎ lóu (Madame la tour de Chine).

Chaque année, mille s’en construisent à l’identique.

Mêmes matériaux, même escalier, pareils décor et jardin, hébergeant de semblables Monsieur Li, Monsieur Wang, Monsieur Zhang, les Lao bai xing (老百姓), les cent noms de famille de la chine immémoriale ainsi que leurs femmes, s’en allant en meute dans les centres commerciaux.

Tous entassés à bon compte dans l’antre supposé du progrès où, toutes fenêtres ouvertes, se respirent des gaz délétères, des particules toxiques et mortifères.

Les villes chinoises sonnent comme l’enfer, Dìyù (地獄), littéralement « la Prison sous terre ».

Selon une légende, les âmes y seraient conduites pour se faire pardonner leurs péchés sur Terre.

Serait-ce là le projet de Yánluó wáng (阎罗王), le roi de l’Enfer de parquer le peuple de chine dans des villes déshumanisées afin qu’il expie de ses crimes sur Terre ?

Souffle heureusement un vent contraire, emportée par tous ceux, toujours plus nombreux, qui exigent un environnement plus sain, plus rassurant, moins chaotique.

Doucement, la mutation des villes chinoises s’annonce, bientôt lieu de vie plutôt que l’enfer.


[1] L’amiante chrysotile est toujours produit et largement consommé en Chine

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Les chinoises éprouvent-elles des sentiments ?

Posté par ITgium le 3 juin 2014

Les chinoises éprouvent-elles des sentiments ? dans Aimer une femme chinoise 6a00d83451b18369e200e54f4bcd308834-640wi-300x297

Femme chinoise…

Le récit de jùn mǎ (俊 马) et les dessins de Sà bīn (萨宾)

Les chinoises éprouvent-elles seulement des sentiments ?

Dans la débâcle d’une relation avec sa « chinoise » bien aimée, voilà la question insensée et abruptement posée par un ami submergé par la douleur, l’incompréhension.

Se relevant avec peine, il retrouve raison :

« L’on affecte de dire que la chinoise vit ses sentiments dans le cadre d’un monde harmonieux où se comptent outre son partenaire, ses parents, une famille envahissante, le murmure des voisins. En fin de course, je ne trouvais plus ma place. Je l’ai dit, je l’ai fait sentir, la porte s’est refermée.”

Emprisonnée dans son environnement, la femme chinoise serait-elle peu sensible à l’absolutisme d’un sentiment ?

Le sacrifierait-elle sur l’autel des traditions, des usages, de l’argent ?

La langue chinoise dément cette observation, celle-ci fourmille de mots charmants, propres à l’évasion amoureuse.

sentiment-dete_aquarelle-et-encre-de-chine-sur-papier-62x45-300x216 dans De l’amour entre un homme occidental et une femme chinoise

Sentiment d’été

Succinct condensé d’une ballade au cœur des sentiments d’une chinoise

Un sentiment, un vrai, serait celui qui tire toute sa force d’une affection particulière (gǎn qíng 感情).

Avec le qing (情), l’amour est en situation, bientôt  fébrile.

Avec le gǎn (感), l’on ressent l’émotion par les tous pores.

Pourtant, au début, Il s’agit seulement d’une intention, d’une idée (xīn yì 心意) lancée en l’air, presque incongrue, d’un emmêlement de besoins (qíng diào 情调), selon l’humeur, le goût du moment.

Plutôt une heureuse sensation (qíng sù 情愫).

Loin de toutes supputations idéologiques ou sociales, elle révèle le ressenti, la manière dont tout un chacun est réellement atteint (gǎn shòu 感受).

L’on se plait alors dans un sentiment d’accomplissement (chéng jiù gǎn 成就感), un noble sentiment (háo qíng 豪情), frisant l’intégrité morale (qíng cāo 情操).

S’en allant dans les profondeurs intimes, de vrais sentiments (zhì qíng 挚情) surgissent où se comptent entre les interstices une part de mystère (yǐn qíng 隐情).

Si d’aventure il perdure, il se meut en passion (qíng gǎn 情感), glissant avantageusement vers un sentiment d’ivresse (jiǔ yì 酒意), de toute beauté (měi gǎn 美感).

Une belle aventure en perspective qui fera deux heureux.

Ou, un seul.

Enlacé dans de sombres pensées, se lamentant, l’éploré se sent impuissant, comme gagné par un sentiment d’inutilité (wú zhù gǎn 无助感)

Dans ce cas, il devra passer à l’attaque, provoquer l’autre, ses sentiments (lìng rén 令人).

Il serait bien inspiré d’être sincère, de proclamer sans honte (bù yào liǎn 不要脸) son affection, en mettant en sourdine son orgueil, toute coquetterie superflue (fēng qíng 风情), un imbécile sentiment de satisfaction (mǎn zú gǎn满足感).

Seul compte un sentiment authentique, reluisant dans la chair (zhēn shí gǎn 真实感).

Si toutefois elle demeure indifférent, le sentiment s’étouffe en nostalgie (huái jiù 怀旧), laissant place à un sentiment de tristesse indissociable de la séparation (lí qíng bié xù 离情别绪).

Accablé par un sentiment d’infériorité (zì bēi xīn lǐ 自卑心理), le malheureux se morfond l’âme.

La raison de cet échec tiendrait-il à la prégnance d’un sentiment de convenance chez la femme chinoise ?

Comme c’est souvent le cas, beaucoup répondent seulement à l’ambition d’une famille omniprésente (yì bù róng cí 不容辞), ce qui n’est pas de bon augure.

De mal en pis, le sentiment se transforme en un slogan (qún qíng 群情).

D’aucunes le vivent comme un besoin, un sentiment de sécurité (ān quán gǎn 安全感), presque un sentiment nationaliste (mín zú zhǔ yì qíng xù 民族主義情緒), s’imprégnant au besoin d’une franche détestation des japonais (fǎn rì 反日)

Certaines, le travaillant au corps, aspirent à la popularité (mín xīn 民心).

Dépourvues de tout sentiment (wú qíng wú yì 无情无义), du sens de la justice, elles sont alors impitoyables, bientôt le sentiment maladif (bìng yān yān 病恹恹).

Ainsi congédié, notre homme, le pauvre, ne s’en sortira pas sauf !

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Chance

LEXIQUE

感情 gǎn qíng sentiment; affection

意思 yì si sens; opinion; intention; signification; souhait; sentiment

感受 gǎn shòu sentiment; ressentir; attraper (une maladie); être atteint par

情感 qíng gǎn sentiment; passion

心意 xīn yì sentiment; affection; intention; idée

思绪 sī xù fil des idées; sentiment; humeur

情调 qíng diào sentiment; ton et humeur; goût

情愫 qíng sù sentiment; sensation

情 qíng sentiment; amour; situation; état

感 gǎn sentiment; sens; sentir; éprouver; émouvoir; toucher

令人 lìng rén provoquer le sentiment ou l’action d’une personne

风情 fēng qíng distinction des manières; expression de la personnalité; sentiment amoureux; aventure amoureuse; coquetterie

美感 měi gǎn sens du beau; sens esthétique; sentiment de la beauté

同感 tóng gǎn (avoir le) même sentiment; impression similaire; sentiment commun

不要脸 bù yào liǎn sans sentiment de honte; éhonté

义不容辞 yì bù róng cí (expr. idiom.) agir par un haut sentiment du devoir; Le devoir ne permet pas de refuser; On ne pourrait se dérober à son devoir

隐情 yǐn qíng secret; mystère; sentiment secret

真实感 zhēn shí gǎn le sentiment que qch est authentique; sens de la réalité; dans la chair

群情 qún qíng sentiment public; sentiment des masses; sentiment populaire

怀旧 huái jiù nostalgie (sentiment)

统感 tǒng gǎn sentiment d’unité

挚情 zhì qíng vrais sentiments; sentiment profond

怀旧感 huái jiù gǎn sentiment de nostalgie

无助感 wú zhù gǎn se sentir impuissant; sentiment d’inutilité

满足感 mǎn zú gǎn sentiment de satisfaction

闺情 guī qíng amour féminin; passion (sentiment féminin)

情有独锺 qíng yǒu dú zhōng avoir un sentiment pour (affection, sympathie, passion, etc.)

思情 sī qíng manquer (sentiment)

不知羞耻 bù zhī xiū chǐ ne pas avoir de sentiment de honte; airain

成功感 chéng gōng gǎn sentiment d’accomplissement

民族主义情绪 mín zú zhǔ yì qíng xù sentiment nationaliste

病恹恹 bìng yān yān sentiment maladif; faible et découragé par la maladie

自卑心理 zì bēi xīn lǐ sentiment d’infériorité; complexe d’infériorité

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Les chinois achèteront-ils de la peinture française ?

Posté par ITgium le 7 mars 2014

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Ma Jing Hu

Le récit de jùn mǎ 俊 马 (François de la Chevalerie)

Voilà peu, lors de mon dernier passage à Paris, une amie m’a entrainé à une réception rue Royale dans un bâtiment haussmannien entièrement rénové.

Un fonds d’investissement chinois a récemment pris possession des murs ayant acquis par la même occasion une société renommée.

Ce jour là, de charmantes hôtesses en qipao (旗袍) accueillent avec délicatesse le tout Paris.

Aussitôt, je les entretiens dans la langue de Bái Jūyì (白居易) les interrogeant sur leur ville d’attache.

L’une est de Pékin, l’autre de Shenyang.

L’ambiance est raffinée.

Dans les rangs, robes longues et nœuds papillons. La Chine est célébrée comme il s’entend, la terre de la grande promesse.

Dans l’assistance, des peintres Français.

Les chinois achèteront-ils de la peinture française ? dans Peintres Francais en Chine 83344730_p

Qipao

Beaucoup se regardent en chiens de faïence.

Quel est donc celui qui aura les faveurs du Prince ?

Poussés par leurs agents, ils arpentent des salles assez spacieuses. Silencieux, s’interrogeant. Il guette le mécène chinois, la poule aux œufs d’or, suggère l’un d’eux.

Mais il se fait rare, presque une exception.

Toutefois, dans un recoin, un membre de l’espèce. Cravate orange, espadrilles jaunes, veste froissée, une atteinte au bon goût occidental.

- N’ayez crainte, s’exclame ce dernier l’air hilare, nos gênes se ressemblent à s’y méprendre.

Chaleureux et à l’esprit vif, il est issu d’une famille bien établie de Nanjing, la terre des mandarins (guān).

Malgré sa tenue quelque peu décalée, il s’enquiert de tout avec le souci de comprendre. Et c’est alors qu’il glisse dans mon oreille.

- Sommes nous à Paris ?

Je comprends la malice. Paris ne serait plus Paris seulement une ville d’autrefois s’enlisant dans la paresse, gavée à de seuls vestiges légèrement rancis.

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Hotesse

Il m’accable plus encore :

- L’autre jour, j’étais à Hongkong. La semaine dernière à Singapour.

Suit l’inévitable récit de ses achats, des millions par ici, des liasses par là.

- Dans une Chine qui en fabrique à la pelle, s’en comptent même jusque sur les rebords des fenêtres, avoue-t-il.

Il s’emmêle dans les chiffres, il en rit aux éclats.

L’assistance l’observe avec étonnement, avec gêne. Certains s’éloignent.

N’auraient-ils pas l’intuition misérable ?

Notre homme est le maitre des lieux !

Chinois dans l’habit, les manières, chinois jusqu’au fond de l’âme, sincère et débonnaire si loin des jeux de rôles qui entachent la vie des salon parisiens.

Comprendre le monde chinois

Une semaine plus tard, je le retrouve parmi d’autres chinois, une brochette d’homme d’affaires très en verve.

Au fil d’une conversation soutenue par des bouteilles de baijiu (白酒), je recueille ces propos.

Ma Jing Hu  (17)

Ma Jing Hu

La peinture française au risque du goût chinois

La peinture française est très éloignée de l’imaginaire chinois.

Rarement compose-t-elle avec une civilisation cinq fois millénaires.

Comment plaire aussi à des acheteurs dont l’immense majorité ne dispose d’aucune connaissance de la peinture occidentale.

Le profil type d’un acheteur en Chine correspond à un homme s’étant outrageusement enrichi dans les vingt dernières années.

Nullement a-t-il eu le temps de parcourir les musées.

Pas davantage a-t-il lu des livres d’art.

Tout juste connaît-il de la France dài gāo lè (戴高乐) autrement dit le Général de Gaulle.

Bougrement chinois, il est essentiellement à la recherche de ses racines bien davantage que toute autre aventure à l’autre bout de la planète.

Zhāngjiājiè (张家界) plutôt que Barbizon !

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Un tableau est un actif parmi d’autres.

Cependant, un homme riche est homme avisé.

La remarque est encore plus pertinente en Chine. Effrayé par la bulle immobilière, craignant d’être dépossédé du jour au lendemain de ses biens par le centralisme démocratique très en pointe depuis l’arrivée de Xi Jinping au pouvoir, il veille à diversifier ses actifs.

Plutôt que des prises de participation dans des start-up à la santé incertaine, l’art est un horizon possible.

Le moment venu, il habillera son entreprise avec des tableaux colorés.

Quels seront les heureux élus ?

Même les peintres français les plus reconnus trouveront difficilement preneurs en Chine, remarque un jeune chinois.

Il faudrait un singulier tour de France pour qu’un tableau français contemporain rentre par la grande porte.

- Que voulez vous dire ?

- La grande porte, celle de la rationalité. Un tableau, c’est un actif. S’écoule une année et, au bilan, la mise doit doubler.

Je lui oppose le cas de la bourse de Shanghai, véritable montagne russe.

- Sur le long terme, un ROI doit être toujours favorable.

Discours couru d’hommes d’affaires par trop sûr d’eux mêmes !

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La concurrence chinoise

Beaucoup d’artistes français sous estiment la déferlante chinoise dans le domaine de l’art moderne, raconte un autre.

Avant de se perdre dans d’inutiles illusions, beaucoup gagneraient à faire le tour de Dashanzi (大山子) à Pékin ou du Redtory (红专厂) à Canton.

Dans ces immenses usines désaffectées dédiées à l’art moderne, les galeries s’imposent comme des musées éphémères. Chaque jour, s’y déversent de nouvelles toiles qui s’évaporent la semaine suivante. Aujourd’hui des fins fonds du Henan. Demain, du Shanxi.

Mais cela n’est rien si l’on songe à Dafen (大芬).

A la sortie de Shenzhen (深圳), ce qui était seulement un village est devenu une ville exclusivement dédiée à la peinture.

En un éclair de temps, 8000 artistes s’y sont installés avec le soutien bienveillant des autorités.

- Nous avons la ville du bracelet, de la chaussure, de l’oreiller, nous aurons la ville de la peinture, s’est exclamé le Maire, le jour de l’inauguration d’un hall d’exposition.

A Dafen (大芬), les artistes sont des forçats comme ils pouvaient l’être dans les ateliers de peintre Italiens au XVIème siècle. Selon le maire, ils produiraient le 60 % de la peinture à l’huile du monde. Ce chiffre peut paraître invraisemblable mais lorsque l’on connaît le dynamisme de villes du Guangdong, cela s’entend.

Parmi les ateliers de reproduction et des chaines presque industrielles, dans les interstices, surgissent des peintres honorables.

Portons donc nos regards, le talent se découvre à l’œil nu.

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En Chine, la peinture est un instrument de paiement dans le monde des affaires.

Je l’ai appris incidemment.

La pratique est peut-être connue des spécialistes de l’art mais j’avoue mon étonnement lorsque je me suis rendu à Chongqing dans la demeure d’un général à la retraite. Dans sa maison en forme de temple, grouillaient des calligraphes, tous à l’œuvre.

Charmant et affable, le maitre des lieux m’invite à prendre un thé.

Vient la raison de ma visite, une demande d’appui  pour l’installation d’une usine à faire parvenir au Maire.

- Vous souhaitez que je parle au vice Marie ? demande-t-il.

Je dodeline de la tête.

Aussitôt une jeune femme déroule une calligraphie. Quelques coups de pinceau élégamment posés. Rien d’irrésistible ! A côté, mon associé chinois a le teint palissant. Nous passons à la caisse. Pour le prix d’une messe basse au Vice Maire, nous avons été de notre poche pour 300 000 yuans (40 000 euros).

Recueillant notre chèque, le Général s’en amuse.

- L’art n’a pas de prix ! dit-il.

Le marche de la calligraphie prospère grâce aux dessous de table.

Peut-être est ce aussi le cas pour le marché de l’art moderne ?

(c) BRIDGEMAN; Supplied by The Public Catalogue Foundation

Femme chinoise

La femme chinoise, l’ange gardien des peintres français

Dans un de mes commentaires, Le soft power chinois dans le cœur d’une chinoise[1], je conviens que la femme chinoise est aux avant-postes du changement des mentalités en Chine.

Généralement ouverte sur le monde, se mélangeant davantage que les hommes de son pays, elle apporte naturellement sa contribution à la construction du soft power chinois.

Pour se répandre par delà les monts, voire se renforcer, la culture chinoise a besoin d’apports extérieurs.

C’est donc la femme chinoise qui sera la meilleure introduction en Chine des peintres français.

Elle cherchera à les accommoder dans un monde qui s’éveille pas à pas à l’autre.

Peindre la Chine, c’est aimer la Chine

Peindre des paysages à la chinoise forcera le respect. Outre la reconnaissance d’un talent, ce geste est un signe d’amour qui ne laissera personne indifférent.

J’en veux pour preuve un chanteur Nigérian, Hao Ge, qui en reprenant le répertoire musical populaire chinois a bouleversé l’écoute des chansons chinoises.

Ensuite, les échelons gravis, le peintre français pourra revenir à ses premiers amours et, comme le disait Friedrich Wilhelm Nietzsche, « faire de l’art pour se venger de la vie ».

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Les filles de joie chinoises à Paris. Prostitution Chinoise en France. Weixin, la voie royale (微信).

Posté par ITgium le 2 février 2014

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Filles chinoises

Le récit de jùn mǎ (俊 马) et les dessins de Sà bīn (Sabino Cagigos 萨宾)

Lors de l’un de mes passages en France, dans la tiédeur d’un salon parisien, un ami me rapporte une information étonnante.

De nombreuses artères de Paris seraient arpentées par des prostituées chinoises.

Comment se peut-il que de belles perles de la moitié du ciel (bàn biān tiān 半边天) sillonnent nos rues ?

Quel vent étrange les a conduit en France ?

Pourquoi ont-elles entrepris une aussi longue route pour un destin si funeste ?

Pourquoi pavaner dans les arrières-cours alors que tant de touristes chinois s’exposent fièrement aux Champ Elysées et sur les Grands boulevards ?

Comme mon ami ne pouvait apporter des réponses à ces questions, j’ai cherché à comprendre.

Premier réflexe, une recherche linguistique.

Les filles de joie chinoises à Paris. Prostitution Chinoise en France. Weixin, la voie royale (微信). dans Chinoises Paris hhg-200x300

Sabino Cagigos painting

En chinois, le terme « prostitution » recouvre une variété large de définition, aucune ne dominant vraiment.

Avec le chinois, aucune traduction n’est aisée.

Mài yín (卖淫) s’imposerait comme la traduction officielle mais certains préfèrent souvent mài chūn (卖春).

Si l’on sépare les signes, l’un se lit : « acheter le bizarre », l’autre : « acheter le printemps ».

Cette dernière proposition a une valeur historique.

Sous la dynastie Tang (VIII. siecle), il était de tradition que les hommes mariés puissent s’offrir quelque liberté à l’annonce du printemps. D’après, les textes de l’époque, cela leur permettait de se libérer d’un surcroît d’énergie. En somme, les empereurs voulait ainsi se prémunir contre toute rébellion possible. Mieux valait le sexe que les lances ! Des jeunes femmes se prêtaient au jeu dans l’intérêt de la stabilité de la Chine millénaire. 

Une autre piste s’affirme xìng jiāo yì (性交易).

Segmenté, cela donne : « sexe, payer, facile ». D’autres privilégient piáo sù (嫖宿).

Traduction intéressante puisqu’on retrouve des mots tangibles, « putain et nuit ».

Dans ce cas, mieux vaut peut être chú jì (雏妓) ou encore biǎo zi (婊 ) lesquels mots désignent sans délicatesse et sans nuance une prostituée.

Plus raide cette proposition, mǔ quǎn (母犬).

Habilement traduit, cela donne « un animal de femme ».

Ou sommairement lancé, la gorge graveleuse, « chienne ! ».

« N’en est-on pas moins un être humain ? » interroge Anxmandae de Leira.

La prostitution est une affaire de convenance.

Elle s’impose naturellement là où existent des enjeux de pouvoir, des rapports de force.

Entre des hommes d’influence, se glissent des femmes accommodantes. Tantôt elles les consolent tantôt elles les aiguillonnent.

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Sourire triste

Ainsi, serait prostituée « la seconde femme » d’un homme d’influence, Baoernai (包 二 奶 ).

Triste sort pour des courtisanes souvent de bonne composition !

Les accompagnatrices se verront plutôt affublées d’un marqueur baopo (包 婆) dont la traduction anglaise est redoutable, voilà les bien nommées : « packaged wife ».

Mieux vaut clarifier la situation selon l’essentiel, santing (三 厅) désigne ces toutes jeunes femmes qui pullulent dans les karaoké et les bars. Cependant, dans ces lieux, toutes ne sont pas des prostituées. Parfois seulement de gentilles filles, dansant et chantant au bon plaisir des clients.

Allons plus loin ! Composons avec le diable !

Les doorbell girls ou les dingdong ladies (叮 咚 小 姐)  sollicitent le chaland par téléphone, le plus souvent dans les hôtels.

Certaines pourtant s’attèlent à un massage bien pudique.

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Talentueuses ?

Plus sûrement, les coiffeuses d’apparat, falangmei (发 廊 妹), vous entraineront vers un back room peu reluisant. Tout comme les filles de rue, jienü (街 女) ou jì nǚ (妓女).

Cependant la palme revient aux xiagongpeng, les malheureuses qui font des passes sur les chantiers.

Plus d’hésitation alors !

Le mot est crû, sans ambigüité, ce sont des « putes » lesquels se verront traitées de mǔ gǒu (母狗).

Au lieu de décortiquer un mot intraduisible, mieux vaut aller sur le terrain.

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Ballade encourageante

 La voie royale (kāng zhuāng dà dào 康庄大道)

En Chine, l’arme absolue pour aller à la rencontre des filles de joie se nomme Weixin (微信).

En anglais Wechat.

En d’autres mots, « micro message ».

Fort de 800 millions d’utilisateurs, le face book chinois a une longueur d’avance sur son concurrent américain.

Et en temps passé, il le domine de trois têtes.

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Weixin

Weixin s’apparente à révolution tranquille.

Bien que le gouvernement chinois maintienne un corset rigide de règles pour taire toute contestation, toute liberté de propos, Weixin offre d’innombrables brèches.

Parmi celles-ci, une touche accessible aux usagers, le Weixin de voisinage (fù jìn 微信 附近), c’est à dire la possibilité de partir à la rencontre des personnes se situant physiquement dans votre environnement immédiat.

Ainsi vous vous trouvez à la terrasse d’un café et vous souhaitez partir la conquête de quelques jolis minois attablés plus loin. Weixin se charge de l’opération.

Apparaitra sur votre Smartphone, la liste détaillée de personnes que vous pourrez aussitôt contacter en masse ou individuellement.

Cette application n’est pas passée inaperçu auprès des charmeuses.

Je me souviens d’un soir à Chongqing (重慶).

Alors que je m’apprêtais à dormir, soudain mon weixin s’est mis à sonner. D’innombrables appels, telle une charge militaire.

Tous provenaient de jeunes femmes dont je relevais leur apparent agréable profil.

Afin de faire taire cette intrusion, j’ai mis mon smartphone en veille.

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A Paris, le phénomène se répand peu a peu.

Voilà un an, mon Weixin de voisinage était sobre.

S’y manifestaient des visages sérieux, des personnes souhaitant enseigner le mandarin, des chinois de la deuxième génération, des hommes d’affaire.

Cette année, l’atmosphère a beaucoup changé.

Pullulent les quémandeuses !

Un vrai déferlement !

L’utilisation de Weixin n’est pas seulement en cause.

Le grand débarras (zhòng dà rēng diào 重大 扔掉)

Depuis que le Président chinois, Xi Jinping (习近平) s’est installé au pouvoir (fin 2013), dans le sillage de sa politique anti corruption (fǎn fǔ ou fǎn tān 防腐) souffle un vent de moralisation dans le pays.

Au nombre des mesures décidées, la fermeture en des lieux de débauches potentiels (centre de massages, karaoké sulfureux, Spa par trop intimiste, etc.) s’impose comme la plus emblématique.

Participant des pratiques culturelles ancestrales, depuis toujours l’industrie du sexe était tolérée en Chine. Loin de tout jugement moral, les autorités s’en accommodaient. Comme aussi la population habituée à voir au coin de sa rue un centre de massage pratiquant le dà fēi jī ( ).

Nulle ligue supposée vertueuse n’a jamais manifesté sa désapprobation.

En 2013, entre 4 et 6 millions de chinoises officiaient selon des statuts divers.

Généralement très jeunes, beaucoup s’exilent de leur province d’origine pour pratiquer ce métier 1000 ou 3000 kilomètres plus loin, principalement des grands centres urbains. Pour certaines villes, ces activités constituaient l’essentiel de leur force économique ou, du moins, leur label (Tanggu, Dongguang, etc).

Elles y voient un tremplin pour acquérir quelques deniers afin d’acheter une maison dans leur ville natale et de se marier blanche comme neige.

Personne localement n’ayant connaissance de leur activité antérieure, elles se relèvent de cette période de leur vie sans encombre.

La nouvelle politique a mis dans la rue nombre de ces jeunes femmes.

Les établissements de massage fermés, beaucoup ont rejoint leur province natale, d’autres, la mort dans l’âme, des chaines industrielles avec des revenus amputés de 80 %.

Cependant la situation de l’emploi en Chine marquant des signes d’effritement, proches du désespoir, beaucoup s’exilent.

Près de deux millions de chinoises seraient prêtes à l’aventure au delà des frontières.

Plus de 200 000 auraient déjà rejoint la Malaisie, Singapour et l’Indonésie.

10 000 auraient fait souche en France.

Si la nouvelle orientation est maintenue en Chine, compte tenu d’un afflux probable, les chinoises pourraient s’accaparer 30 % du marché de la prostitution en France, voire plus.

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Jolie chinoise

M’en allant à leur rencontre

Faute de comprendre, je me suis décidé à faire les cent pas sur les artères d’infortune des quartiers réputés chauds, hóng dēng qū (红灯区).

Première destination, avenue de Clichy.

Devant une station de bus, je remarque des formats pâlissants.

Trois dames d’âge mur plongées dans une conversation chaleureuse secouée par des éclats de rire.

Jouant de discrétion, je m’approche, l’oreille bien tendue. Avec leur accent inimitable, je reconnais la langue du Dōngběi sānshěng (东北三省), le dialecte du nord de la chine.

L’une d’elle à la voix qui porte. Elle restitue un dialogue avec un client.

- Je suis chinoise, lui ai-je dit !

Toutes trois se laissent emportées par un rire tellement communicatif que je me laisse gagner par un sourire.

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Ce besoin d’être autre

Elle poursuit :

- Si tu le veux, dit l’homme, je t’emmène dans mon pays. De l’autre côté de la mer, proche d’une vielle forteresse en argile, non loin du désert.

- Je suis chinoise, lui ai-je répété.

- Une femme simplement, a-t-il répondu.

- J’en ai connu un autre, s’exclame une autre comparse, il m’a dit, chez moi, tu seras comme une reine car personne ne te ressemble sous les baobabs. La chinoise du village tel un emblème exotique.

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Mlle Wang, Reine de Paris (Sa Bin)

- C’est tout de même étonnant, reprend la première, de rencontrer des gens autrement mieux attentionnés que nos clients à Dongguang (东光县). Dans mon centre de massage, jamais je n’ai reçu pareille invitation.

Soudain, un passant s’arrête.

Il murmure à leurs oreilles. Il surprend mon regard et s’éloigne aussitôt.

Elles se tournent alors vers moi.

Au lieu de tenir ma langue, je m’excuse en chinois.

- Vous parlez chinois ?

Je m’étrangle dans mes explications. Je leur raconte que je ne parle pas le chinois tout en m’exprimant en chinois.

- Vous travaillez avec les Wēnzhōu rén ? demandent-elles de concert.

- Je passais seulement par là. J’ai surpris votre conversation. J’en suis honteux de l’embarras que je vous ai causé.

- D’où venez-vous ? interrogent-elles encore.

- De Chine !

Un éclat de rire s’élève dans le ciel.

Je les invite à prendre un thé dans une brasserie du coin.

D’une voix enfiévrée, elles me rapportent leur itinéraire.

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S’ouvrir au monde

Leur histoire

Toutes trois se considèrent comme des filles normales, (pǔ tōng nǚ rén 普通 女人) appartenant à des familles de travailleurs (gōng zuò zhě 工作者).

Leur famille n’ayant pas beaucoup de moyens, elles ont pris la direction de la terre promise du Guangdong (广东), dans le sud de la Chine, pour trouver du travail avec un souhait bien louable, celui de réunir suffisamment d’argent pour acheter un appartement dans leur ville d’origine.

Après quelques années passées sur les chaines de fabrication de Foxcom (la société taïwanaise qui fabrique presque tous les Smartphones du monde), elles ont réalisé que leur salaire de 160 dollars par mois ne suffirait pas pour atteindre leur objectif.

Elles sont allés prospecter du côté de Dongguang, ville aux mille visages à la réputation sulfureuse connue pour ses bordels et ses ateliers d’assemblage.

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Leur visage se glace…

Soudain leur visage se voile tristesse.

De fil en aiguille, elles se laissent emporter par un mauvais courant. 

Les voilà dans les entrailles du mal dans une maison secrètement close (àn mén zi 暗门子).

Jour et nuit, elles massent les péquenauds du coin.

La tâche est rude mais elles recueillent plus que leur dime. Quelques années après, elles retournent dans leur ville d’origine, la cassette bien remplie. Leur bonheur ne dure souvent pas longtemps car la manne est suspecte.

N’auraient-elle pas fréquenté une curieuse maison (chāng mén 娼门) ?

Les regards se figent.

Elles décident de partir pour une destination lointaine, décidées de se libérer de l’opprobre.

Destination, la France.

Elles payent comptant un passeur qui leur prend presque l’intégralité de leur cagnotte.

Un jour saumâtre à en mourir, elles arrivent à Paris. Leurs économies asséchées, dépourvus de papiers en règle, elles donnent leur bras à des Wenzhou ren lesquels accaparent l’essentiel des activités chinoises dans la capitale. Peu scrupuleux, ces derniers les exploitent, les stigmatisant au quart de tour.

Le temps passant, les cernes encombrant leur visage, elles admettent la fatalité de leur existence.

Peut être ne doivent-elles leur survie qu’à leur corps ?

C’est ainsi qu’elles atterrissent avenue de Clichy, chassant les hommes de France, du Monde.

Silence maintenant. Leurs mains glissent sur leur visage.

Triste après midi à Paris, abimée sous une pluie dense, la nuit déjà.

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Meili, la belle

Le lendemain, je vogue à Belleville.

Une touffe de femmes chinoises devant une porte cochère. Plus jeunes que celles de la place de Clichy. L’habillement loqueteux. Le regard triste, déconfit.

Je m’approche. Elles se forment en cercle autour de moi. L’une exécute deux signes de la main lesquels indiquent en chinois les chiffres 5 et 0. Le coût de la passe est de 50 euros.

Tout juste vingt ans au compteur, elle m’attire d’une main volontaire. Sans le vouloir, je me laisse emporter dans les tréfonds, l’âme coupable.

Nous traversons un dédale de cave pour arriver dans une pièce minuscule à la lumière tamisée.

Je l’interroge sur sa ville natale. Elle est originaire de Jilin (吉林), dans le nord de la Chine.

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Regard implicite

Je lui raconte que je m’y suis rendu. Son visage s’éclaire. Elle s’amuse à l’écoute de mon récit de la visite du musée de la pluie de météorites qui regroupe les météorites tombées à Jilin en mars 1976.

Selon une chance inouïe, j’ai gardé des photos de mon passage dans cette ville sur mon Iphone. Je lui montre mes souvenirs du parc de Beishan où le soir venu, je suis allé danser. J’étais peut être trop vieux car seules les femmes d’un certain âge répondaient à mes sollicitations.  Elle rit de mes aventures. La sentant maintenait en confiance, je l’interroge.

- Tu es toute jolie, que fais tu ici ? 

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Nourrice, le matin

- Je suis nourrice, dit-elle.

Elle répète cela à plusieurs comme pour taire toute autre question de ma part.

Brutalement, son visage se replie, la larme à l’œil. Elle me révèle que son père est atteint du cancer de la plèvre, son logement de ses parents étant attenant à une usine chimique.

- Il n’a pas les moyens de se soigner correctement. J’adore plus que tout ma père. Je ferai tout pour la sauver.

Silence.

En Chine, les lourdes pathologies sont rarement prises en charge et le plus souvent à l’avenant. De surcroît, son père étant un petit commerçant de quartier, il n’a pas les moyens de s’offrir les soins appropriés.

- Je suis venu ici pour lui envoyer l’argent nécessaire afin qu’il puisse se rendre dans le meilleur hôpital de Pékin. Je souhaite que mon père soit fier de moi ! Lorsque je lui adresse de l’argent, je mentionne sur le pli : « Voilà l’apport d’une partie de mon travail de secrétaire dans une société internationale de grande renommée ».

Puis un silence

- C’est faux, bien sûr ! Le matin, je suis nourrice. Le soir…

Une larme glisse sur son visage.

Lugubre, cette cave, cette vie.

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Le rêve d’une vie normale dans le sillage d’Antoine de Saint-Exupéry

Le troisième périple me conduit porte d’Italie. Un voyage presque à la dérobée car ce quartier n’est pas connu pour abriter des femmes aux mœurs libres.

Nulle ombre le long des rues.

Nulle femme guettant au pied d’une porte.

Nul regard en biais.

Premier quartier chinois de Paris, lieu d’accueil des boat people dans les années soixante dix, la communauté chinoise se montre discrète, se lâche rarement.

Ce mutisme est encore plus accusé dès lors qu’il s’agit du commerce du sexe.

Aussitôt la question abordée, les visages se ferment.

Malgré tout, me glissant d’une porte à l’autre, je fais le siège de la forteresse, décortiquant la moindre allusion, rassemblant les indices.

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Saint Exupery

De fil en aiguille, je me retrouve dans un bureau import export.

La pièce est déserte.

Au mur, le portait du nouveau président chinois.

Soudain, une femme apparait, la cinquantaine, plutôt volubile.

Immédiatement, elle forme avec sa main le chiffre cinq.

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Cinq filles rentrent dans la salle, la trentaine en moyenne, la beauté imparfaite.

Comme je les interpelle en chinois, elles s’amusent de mon accent nasillard de Tianjin.

Comme je m’y accomplis toujours, je les interroge sur leur lieu de naissance.

Dans la foulée, je commente la réputation de leur ville.

Je me répands contre les Shanghaiennes. Ne rêvent-elles pas inlassablement de trouver un homme fortuné plutôt que d’aimer ?

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La meneuse me demande d’interrompre la taquinerie.

Dans l’urgence, je retiens une femme de petite taille, originaire de Tangshan (唐山), ville proche de Tianjin.

Comme le Tianjin hua (la langue de Tianjin) est aussi parlée à Tangshan, nous nous comprenons parfaitement, notre échange en sera plus aisé.

Les autres femmes quittent la pièce.

Je prends mes notes.

D’emblée, elle me raconte son itinéraire, très ordinaire, trop ordinaire.

Sa famille étant pauvre, à dix-huit ans tout juste, elle sillonne la Chine à la recherche d’une vie meilleure mais les hommes qu’elles rencontrent lui offrent de bien pâles raisons d’espérer.

Elle s’enlise dans ce qu’elle nomme une « vie malheureuse », faite d’insomnie et d’une sourde peur, celle de basculer dans l’inconnu.

Un homme de mauvaise vie l’encourage jour après jour à garnir le cheptel d’un KTV (en fait, ce sont des Karaoke, lieu souvent d’accueil d’une prostitution soft).

Elle refuse d’abord mais dépourvue de moyens, faute de perspectives, elle finit par accepter.

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Le rêve d’une vie meilleure

Suivent deux ans de souffrance avec des clients sans vergogne.

Glisse une larme sur son visage.

Cependant, au hasard des rencontres, un vieil homme mesure sa peine. Plutôt que de l’encombrer de son corps abimé, il lui raconte sa vie.

Voilà longtemps, il étudiait à l’école de langues étrangères de Beijing où il a appris le français. Il évoque l’âme romantique des hommes francais. Il rapporte des récits, des lectures. Il reprend presque mot pour mot le petit prince (小王子 – 小说).

La jeune femme est conquise.

Dès lors, son sort est joué, elle se rendra en France, à la recherche de la perle rare.

Aussitôt à Paris, elle fait le siège des agences matrimoniales chinoises de la capitale. Pour un montant faramineux (10 000 euros), une officine propose des rencontres.

Elle s’émerveille de cette perspective mais elle déchante très vite. Comme dans les plus lugubres KTV, les femmes sont présentées groupées à des hommes peu scrupuleux, souvent libidineux.

Voilà trois mois qu’elle remorque douloureusement sa vie.

Elle est à bout, peine à trouver ses mots.

- Heureusement, me dit-elle, j’ai toujours à l’esprit ce mot d’Antoine de Saint-Exupéry (安托万·德圣埃克絮佩里).

« On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »

Peut être que l’homme français romantique vit dans un monde qui n’existe pas, conclut-elle.

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Lexique

Lexique sommaire des prostituées chinoises de Paris

D’où viennent elles ?

La plupart de ces femmes sont originaires du Dongbei (东北三省), la région nord-est de la Chine ou la Manchourie.

Alors que la Chine connaît des taux exceptionnels de croissance, le nord de la chine a connu des vents moins favorables. Région autrefois très industrielle, organisée autour de conglomérats d’Etat, la modernisation de la chine a condamné ces entreprises. Du coup, cette région affiche les pires taux de chômage de la Chine, près de 30%, en priorité les femmes.

Quel est leur âge ?

En Chine, la prostitution est l’affaire de très jeunes femmes, généralement entre 20 et 27 ans. A 28 ans, la plupart cherchent un mari afin de ne pas passer la trentaine célibataire comme les encouragent la tradition et surtout la pression familiale.

A Paris, nombre de gourgandines sont d’un âge bien avancé. Pour beaucoup, elles n’auraient pas pu exercer ce métier en chine plus longtemps. Poursuivre cette activité à l’étranger est donc peut être leur seule solution ?

Combien sont elles sur le pavé de Paris ?

Selon les estimations des services de la préfecture de police, elles seraient plus de 500 à Paris avec une présence affirmée dans le quartier de Belleville (20ème arrondissement).

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D’après ce qu’elles m’ont rapporté, elles n’auraient pas de protecteur, du moins, un homme dans le parage.

Quel est le coût du voyage en France ?

Les officines en tous genres offrent des services dispendieux pour des résultats incertains. Autour de 20 000 € pour les migrants de Wenzhou, entre 5 000 €~ 12 200 € pour les migrants de Dongbei

Qui prête cette somme ?

Cette somme est généralement collectée auprès des proches, des amis et des voisins avec une promesse de remboursement à échéance. Parfois l’argent est prêté par les organisations intermédiaires lesquels imposent des taux d’intérêts très élevés.

Où résident-elles ?

Le plus souvent, elles dorment dans des  « chambres » ou sont rassemblés quatre à six filles. Nullement s’agit-il d’une collocation sympathique ! Le prix mensuel d’un lit est fixé 120€.

Coût de la passe

Le frais d’une passe se situerait entre 30€ et 50€, ce à quoi s’ajoutent souvent les frais de l’hôtel.

Connaissance du français

Très approximatif mais compréhensible.

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Agressions contre les chinois en France

Posté par ITgium le 16 juin 2013

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Les récits de jùn mǎ 俊 马

(François de la Chevalerie)

En Gironde, le 14 juin 2013, six étudiants chinois ont été agressés dans la nuit de vendredi à samedi.

Longtemps ces derniers avaient rêvé à la France.

Ils avaient hâte de s’y rendre à la rencontre de son histoire, de sa culture, de ses habitants, soucieux d’apprendre.

Avec le projet de poursuivre des études d’œnologie, ils avaient minutieusement préparé leur voyage, prenant tous les renseignements nécessaires, toutes informations utiles.

Fort du souhait de mieux comprendre ce métier, ils comptaient ensuite revenir en Chine afin de travailler dans la filière du vin en vantant les grands crus français, le goût français.

Bien avant le départ, ils s’étaient lancés à la conquête de la langue française, apprenant mot après mot, déchiffrant peu à peu des phrases.

Après avoir bataillé pour obtenir les visas nécessaires et réuni l’argent pour couvrir leur frais de scolarité, ils se rendaient enfin en France

Depuis deux mois, Ils résidaient en Gironde, prenant doucement racine dans un pays qu’ils aimaient.

Le 14 juin, ils ont été agressés au seul prétexte de leur origine chinoise.

Des individus de faible composition mentale s’en sont pris à eux avec une rare violence directement dans leur logement. La rixe a entraîné l’hospitalisation d’une jeune femme de 24 ans, sérieusement blessée au visage par le jet d’une bouteille de champagne. Selon certaines sources, il pourrait s’agir de la fille d’une personnalité politique chinoise.

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Racisme anti chinois paris

Le Ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a condamné « avec une grande sévérité cet acte xénophobe, dont les auteurs devront répondre devant la justice ».

Violence récurrente contre les chinois en France

Cette agression faite suite a des nombreuses violences à l’égard des ressortissants chinois principalement à Paris, ville à la sécurité chancelante.

Comme ils le font en Chine (où l’insécurité est rare), ils s’aventurent dans les rues de la capitale sans précaution.

Rares sont ceux qui ont pas l’œil aux aguets, la méfiance au bout du regard.

Trop heureux de se trouver en France, ils ne laissent pas envahir par le soupçon.

Du coup, ils sont nombreux à se fait dépouiller, à se faire dérober à l’arraché sacs, portables et autres effets.

Glisse alors un sentiment de tristesse dans leur âme et une question :

Quel est donc ce pays où il ne fait si bon vivre ?

Molle réaction de la Mairie de Paris

La Mairie de Paris réagit mollement à cette situation, laissant apparaître un certain embarras du fait que les responsables de nombre de ces agressions seraient des jeunes des cités, certains logés dans le parc HLM de la capitale. Cette même gêne existe chez les associations anti racistes lesquelles ne marquent aucun d’empressement à défendre les chinois.

Ces agressions se sont amplifiées avec l’arrivée de Roms en provenance de Roumanie et Bulgarie. Là encore, existe une difficulté à parler franchement de cette situation comme autant à trouver une réponse drastique.

Dommages collatéraux

Ces agressions sont dommageables pour l’essor des relations entre la France et la Chine. Déjà que le président français a joué de négligence en se rendant seulement 37 heures en chine, ne voilà-t-il pas que faute d’une réelle sécurisation de la voie publique en France, les chinois pourraient désormais éviter notre pays, marquant aussi dans la foulée une réticence a soutenir des marques françaises, des entreprises françaises.

Sur le même sujet :

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Agressions contre les chinois à Rome

Le racisme anti chinois en France (3 juillet 2011)

François de la Chevalerie et Jing-Chao Zhao-Emonet

Comme les autres asiatiques, les chinois répugnent à descendre dans l’arène. Discrets, profil bas, ils font rarement entendre leurs voix. De surcroît, ils protestent peu contre les discours ambiants hostiles à la Chine.

Quand ils s’affirment, ils agissent doucement, à mots comptés. Ils rapportent alors leur opinion sans chercher nécessairement à réajuster celle de l’autre. Nullement n’ont-ils à souhait d’en découdre. Nullement s’emportent-ils gratuitement. Aucun mot en trop, de mot inutile.

Depuis plusieurs années, à Paris, le chinois est la cible désignée des voleurs dont beaucoup opèrent avec une rare violence. Supposé nanti en argent liquide, il serait un morceau de choix. Le chinois, l’argent. Donc une race et son prétendu attribut.

L’année dernière, les chinois s’étaient émus de cette situation, exigeant plus sécurité. Une année s’est écoulée sans progrès, culminant avec la mise en coma de l’un des leurs.

Déçus par l’absence de réponse des pouvoirs publics, ils ont repris le chemin de la rue en se drapant de l’étendard français et en scandant les principes de la République. Ils s’y sont prêtés courageusement en prenant le risque de s’attirer les foudres de l’Ambassade de Chine.

Fort active, celle-ci ne goute guère aux manifestations publiques de ses membres. Qu’importe ! Les chinois de Paris ont fait confiance à la liberté de s’exprimer qu’ils ont acquise en France. Sans déraper.

Nullement n’ont-il placé ce rendez vous sous l’angle d’une confrontation communautaire alors que leurs agresseurs n’en font pas mystère. Nullement n’ont-ils blâmé la France.

Pourtant, lors de ce défilé, ils étaient bien seuls. Entre eux presque uniquement. De-ci delà, des amis, quelques conjoints. Peu de solidarité comme si cette cause ne pouvait suggérer l’émotion. 

Aucune association anti raciste, aucune figure politique ne s’était jointe. Le peu d’enthousiasme à les soutenir ne suggère-t-il pas l’existence de discours ambivalents ?

D’associations antiracistes justifiant ainsi leur existence mais indisponible dès lors que le fait rapporté pourrait gêner aux entournures une autre communauté, celle-là plus turbulente sur la place publique. Est-il possible de tolérer pour les uns ce que l’on envisage pas pour les autres ?

De politiciens se donnant bonne conscience, tantôt se voilant la face, tantôt agissant, comme pour mieux s’exonérer de l’obligation de s’investir réellement sur le sujet, indistinctement de la race, loin des convenances.

De politiciens encore qui sous prétexte de lutte contre la mondialisation accable la Chine de tous les maux alors que ce pays fut-il important participe comme d’autres à la relève de l’Occident : l’Inde, le Brésil, le Vietnam, les pays du golfe, l’Afrique du Sud et beaucoup d’autres. Bien plus que la moitié de l’humanité !

Quel est donc cet étrange dessein consistant à faire du chinois l’unique bouc émissaire ? Ceux là mêmes qui s’y emploient, n’ont-il pas en mémoire d’affreux souvenirs ? Ceux là mêmes ne sont-ils pas devenus les meilleurs alliés de voyous racistes qui sévissent, le plus souvent impunis ?

D’un politicien enfin qui s’étourdissant dans des formules vante un axe black blanc beur contre les chinois.

De ce drôle d’artifice à géométrie variable, il se pourrait bien que l’anti-racisme souffre d’un manque d’harmonie en France.

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Violence contre les chinois aux Etats Unis

Les chinois, bouc émissaires de l’humanité ?

Les récits de jùn mǎ 俊 马 (François de la Chevalerie)

Le venin se répand.

Il se nourrit d’une mondialisation échevelée comme d’une actualité confuse.

Il n’est pas à son premier coup d’essai.

Dans les années 30, le péril jaune avait le visage d’un japonais. Aujourd’hui, il serait chinois. Que ne fait donc pas ce dernier pour cristalliser les peurs ?

En France, les canons communs du racisme n’offrant guère de prise, que leur reprocher ?

Une délinquance très faible ?

Une natalité dans la moyenne ?

Aucune revendication particulière ?

A l’inverse, l’on observe une intégration économique réussie, un chômage ridiculement bas.

De surcroît, ils ne doivent rien à personne, peu aux bienfaits de la République !

Qui plus est, ils sont discrets. Rien, absolument rien ne saurait suggérer la critique.

Comment alors vilipender son prochain ?

Tout simplement en transformant ses qualités en défaut !

Leur retenue devient suspecte, leur goût forcené au travail comparé à de l’aliénation.

Leur intégration ? Mais ils ne travaillent qu’entre eux !

Leur faible natalité ?

Ils sont si nombreux !

 La croissance exceptionnelle de la Chine ? Un danger !

Donc, désormais, pointés du doigt !

A Paris, des slogans hostiles résonnent sous prétexte qu’ils rachètent à tour de bras les baux commerciaux.

Dans les universités américaines, naguère les étudiants chinois soulevaient l’admiration.

L’on fustige maintenant des promotions comptant jusqu’à 40 % des leurs.

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Chinese store

Au Mexique, dans les villes frontalières des Etats-Unis, les chinois sont affublés de l’épithète de « malditos chinos ». L’on prétend qu’il serait à l’origine de la fermeture de 40 % de l’industrie locale de la sous-traitance.

Au Maroc ou en Tunisie, la rage s’installe depuis que de nombreuses usines du textile sont à l’arrêt.

En Algérie, l’on moque ces ouvriers du bâtiment payés hébergés dans des navires de fortunes ! En Italie, les industriels de la chaussure sont à cran.

A Dakar, l’on s’émeut de voir l’artisanat ancestral fabriqué dans le Guandong.

A Yaoundé ou Harare, l’on s’étonne de les voir envahir les étals. La charge s’emballe, s’abreuve de raccourcis. Telle usine fermée, c’est leur faute ! Telle perte d’emploi, toujours eux ! Complaisants, les politiques s’en mêlent.

L’augmentation du prix des matières premières et l’invasion des produits chinois sont autant d’occasion de discours démagogiques.

Profitant du climat général, des universitaires japonais lâchent une incidente : le Japon n’a pas à faire amende honorable pour son comportement pendant la guerre ! L’injure ne suffisant plus, ces dernières années en Indonésie, la chasse aux chinois a souvent été sonnée. Tout s’embrase, tout s’emmêle, de Mexico à Rome, de Casablanca aux campus californiens en passant par Djakarta, le bouc émissaire s’appelle désormais M. Li ou M. Wang.

Comment reprocher à un pays naguère famélique de s’en sortir ? Comment critiquer la volonté des chinois  de s’épanouir aux quatre coins de la planète ?

Ce peuple à l’histoire par cinq fois millénaire prend une revanche sur l’histoire. Il s’y accomplit avec une énergie dont beaucoup de pays gagnerait à s’inspirer.

S’il faut pointer du doigt l’absence de liberté ou l’état de l’environnement en Chine rien ne permet de fustiger la l’augmentation du niveau de vie de leur population, leur dynamisme. Plutôt que de crier au loup en se gavant de slogans, cherchons à mieux les connaître. Comme s’y sont employées les années croisées France Chine, il faut créer du lien, des échanges, s’écouter, comprendre, ne pas voir peur.

 

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Se marier avec un riche chinois ?

Posté par ITgium le 5 juin 2013

Se marier avec un riche chinois ?  dans Les riches chinois ? china_polo_noveau_riche_003-300x200

Riche chinois

Le récit de jùn mǎ

Alors que les économies européennes offrent toujours des perspectives sombres, le riche chinois ne serait-il pas le dernier rempart d’une misère annoncée pour des femmes occidentales ambitionnant une vie confortable ?

Problème : l’homme chinois n’a jamais été dans leur ligne de mire.

Image dégradée

Raillé, moqué pour ses tenues loufoques, ses pantalons trop larges, son goût introuvable.

Plutôt rebutant avec sa tête d’ahurie, une élégance pas toujours affirmée, d’étranges manières, ses légendaires rots.

Valsent souvent dans la bouche des femmes des remarques indécentes telle une méconnaissance de l’autre, de l’ignorance.

Malgré l’extraordinaire développement de la Chine, rien n’a été fait pour corriger le tir, rehausser l’image de l’homme chinois.

Nullement sur la devanture des revues de mode, posant rarement dans les gazettes glamour, il est comme absent du monde.

Résultat, au Consulat de France de Shanghai, on s’amuse d’un étrange décompte.

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Aventure

Sur près de 400 mariages mixtes célébrés peu ou prou chaque année, 96 % concerne une femme chinoise et un homme français.

Dans l’autre sens, ils ne sont que 4 % à convoler, souvent des intellectuels se mariant sur le tard, l’étape ultime d’une rencontre nouée autour d’un véritable amour de la Chine, de son histoire, de sa culture, de son peuple.

Nouvel horizon

Par ces temps de crise, chaque jour davantage, l’homme chinois prend de la valeur, une cote qui progresse.

Les comptes de l’homme occidental se déglinguant à toute allure, il s’installe dans le paysage des options possibles, promettant un avenir meilleur à quelque belle perle désargentée.

Dans ce cas, mieux vaut se marier avec des têtes de liste, le gratin, du dur pour l’éternité.

L’on s’accommodera alors plus volontiers des manières inconvenantes, des postillons et autres générosités.

Comme le milliardaire chinois est de création toute récente, il est inévitablement rustre. Nouveau riche, il ne fait pas dans la finesse. Au lieu d’un doux poème pour conquérir le coeur d’une femme, il les emballe avec des parties de golf, des cadeaux sans usage, des repas à en vomir.

Rares sont ceux qui sont passés par Eton et les salons où l’on apprend les bons usages.

Comme il s’est vraiment épuisé à bâtir son empire, il n’a souvent de conversation que son métier et l’environnement qui lui est proche.

Comme beaucoup d’entre eux ont fait fortune dans l’immobilier, les discussions porteront sur ce sujet mais de grâce, ne lui imposez d’observations scélérates sur la valeur du patrimoine architectural.

Comme il a passé toute sa vie à raser méthodiquement de vieux quartiers sans l’ombre d’un état d’âme, il ne vous comprendra tout simplement pas.

Mieux vaut commenter avec lui les matchs de basket de la NBA dans des hôtels de luxe où il passe le plus clair de son temps à regarder la télévision et a pianoter sur son smartphone.

Rarement fait-il dans le mécénat ou dans les oeuvres humanitaires. Sous son houlette, point de généreuses Fondations cherchant à sortir l’Afrique de la misère.

Il faudra le prendre tel qu’il est en faisant silence sur une part de vos rêves.

Prince, pas si charmant.

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En Chine, l’étranger est souvent un analphabète (wén máng 文盲)

Posté par ITgium le 9 mai 2013

En Chine, l’étranger est souvent un analphabète (wén máng 文盲) dans De l’amour entre un homme occidental et une femme chinoise gladys-yang-and-yang-xianyi-300x205

Une écriture à deux

A jùn mǎ tale

de François de la Chevalerie

Est il possible d’envisager une relation avec une femme chinoise ou avec un homme chinois ?

Quels bonheurs en perspective ?

Quels supplices attendus ?

Portons au débat un poncif entendu : le maintien d’une relation amoureuse est toujours possible si l’aveuglement des premiers temps ne prend pas trop le pas sur un nécessaire réalisme.

Car, après l’état de grâce, telle une véritable tornade, la différence culturelle s’engouffre par toutes les interstices, balaie tout sur son passage, bientôt l’amour des premiers jours.

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Le mot de Mark Twain

Au nombre des dangers, un problème de taille, presque terrifiant, l’analphabétisme fréquent des occidentaux.

Dans les forums de discussion, rarement en est-il fait mention car c’est de loin l’aspect le plus cruel marquant souvent une relation entre une femme chinoise et un étranger.

Pour cause, il peut-être insurmontable, ingérable.

Sauf quelques rares sinophiles ou linguistes, beaucoup d’occidentaux s’aventurant en Chine se voient aussitôt accolés un encombrant épithète : analphabète (wén máng 文盲).

Vogue aussi un sobriquet peu reluisant : l’occidental ne sait ni le A ni le B (mù bù shí dīng 目不识丁).

Le site Weibo regorge d’anecdotes amusantes où pointent d’aimables piques mais aussi de la moquerie. Ce que d’aucuns déclarent légitime : « ils vivent dans notre pays et ne connaissent même pas notre écriture ! »

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Couple

Selon l’UNESCO : « une personne est analphabète si elle ne peut à la fois lire et écrire, en le comprenant, un énoncé simple et bref se rapportant à sa vie quotidienne ».

En Occident, l’analphabétisme renvoie à une population arriérée, décalée, à l’extrême marge de la société, souvent incapable de se mouvoir dans le monde.

Bien évidemment, aucun expatrié ne se reconnaitra dans cette définition accablante mais telle est la situation de nombreux d’entre eux lorsqu’ils vivent en Chine.

S’en compteront certains qui à force d’acharnement maitriseront leur millier de caractère mais beaucoup, devant l’énormité de la tâche ou prisonnier de leurs occupations professionnelles, ne s’accompliront pas.

Du coup, ils vivent inévitablement dans une situation d’effrayante dépendance.

Tels des vieillards, atteints de maladie congénitale, ils se tiennent à la remorque de leur femme chinoise.

D’abord, elle s’en inquiètera, cherchant à aider.

Le temps venant, la compassion des premiers jours dissipée, elle fera ce qu’elle veut, comme cela l’arrange, souvent sans intention de nuire mais plutôt par facilité.

Face à une telle distorsion, le sourire se glacera, chacun emportant ses rêves en silence.

Ce silence, la mort de l’amour.

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